On les repère grâce à leur couvre-chef. Dans les tribunes de Wengen, les bonnets roses agglutinés aux premiers rangs tiennent pour Tanguy Nef. Plus haut, on repère l’iconique couvre-chef vert fluo de Daniel Yule, multiplié et qui coiffe ses partisans. Sans parler des fans de Loïc Meillard, Luca Aerni ou Matthias Iten. Même Linus Strasser est soutenu par cinq bonnets blancs et deux cloches (de vache). À Adelboden particulièrement, les slalomeurs suisses ont été très suivis par leur fan’s club.
Le drapeau de Veyrier flotte
«Allez Tanguy. Allez!» Au tout premier rang, un supporter très concentré vit la course de Tanguy Nef comme si c'était la sienne. Bonnet rose sur le crâne, il n’est autre que le petit frère du skieur genevois et membre éminent de son fan’s club. «Les moments passés avec lui quand il y a des courses sont incroyables. Les gens du fan’s club vibrent, c’est incroyable ce qu’il fait en ce moment», raconte Arsène entre les deux manches.
Et son frère le leur rend bien, à coup de sourires, de gestes de la main et de révérence à la fin des manches. «C’est important pour lui qu’on soit réunis», souffle-t-il. Au total, le groupe compte 156 membres, dont une cinquantaine étaient présents à Adelboden. En plus de son bonnet, Arsène agite fièrement un drapeau vert et jaune, le drapeau de Veyrier, commune natale de Tanguy Nef. «À la télévision, ils le qualifient tout le temps comme 'le Genevois', j’aimerais bien qu’ils disent 'le Veyrite'», déclare Arsène avec beaucoup de sérieux.
Soutien financier
Sous la grande tente, les soutiens du skieur veyrite – bonnets rose – partagent un verre avec ceux de Daniel Yule – bonnets vert fluo. Parmi les soutiens du skieur du Val Ferret, Louis, «d’Orsières». Ce dernier n’a «pas fait des paquets de sorties». Comprenez-le, il doit s’occuper de ses quatre jeunes enfants. «Sinon, je viendrais plus souvent», plaisante-t-il à moitié. Pour sa première à Adelboden, il est accompagné d’une soixantaine de membres du fan’s club. «L’ambiance est magnifique. Il y a du monde, il y a l’apéro. En plus il fait beau, le paysage est superbe, déclare Louis, satisfait. On est plus tout devant comme il y a quelques années, mais ça n’empêche pas qu’on a toujours du plaisir d’être là.»
Plus loin, Raphaëlle, la présidente du fan’s club, prend le soleil, lunettes aux verres oranges sur le nez. Elle est la mieux placée pour nous parler du rôle des fan’s club. Outre le fait de soutenir coûte que coûte leur protégé, ces groupes ont parfois un rôle financier dans la carrière des skieurs. «Au début, on l’aidait financièrement, quand il était en Coupe d’Europe», détaille-t-elle. Aujourd’hui, Daniel Yule n’a plus besoin d’être soutenu par ses fans. Les sous des cotisations vont désormais dans les déplacements, mais aussi pour soutenir les jeunes du ski-club Champex-Ferret ou dans des associations que le skieur de La Fouly chérit.
Soutien financier, moral ou un peu des deux, la présence de fan’s club reste un maillon essentiel dans le monde ski et fait partie de son folklore.