L’ambiance au sein de l’équipe de Swiss-Ski est contrastée après la descente du Hahnenkamm. Chez Marco Odermatt, auteur une fois de plus d’une performance de très haut niveau mais battu pour quelques centièmes, la déception domine. À l’inverse, Niels Hintermann savoure. Chez le Zurichois, ce sont la joie et surtout le soulagement qui prennent le dessus. «Aujourd’hui, tout s’est à nouveau bien passé pour moi», glisse-t-il.
Un sentiment largement justifié. Avec sa sixième place, Niels Hintermann signe son meilleur résultat de la saison. Après la longue pause imposée par son cancer, cette performance agit comme un véritable déclic.
Ce résultat pourrait bien lui ouvrir les portes des Jeux olympiques. Mais pour lui, le classement passe presque au second plan. «J’ai toujours su que j’avais encore la vitesse en moi. Le plus difficile, c’est d’y accéder à nouveau. Aujourd’hui, je me suis senti soulagé avant même le départ, parce que je voyais à quel point je me sentais bien. C’est encore plus important que le résultat. Je me suis retrouvé, j’ai senti le Niels d’avant.»
Avec cette course, le Zurichois se positionne en tout cas idéalement dans la lutte pour la sélection olympique. «Je ne m’étais pas fixé d’objectifs précis cette saison. Mais évidemment, j’aimerais aller aux Jeux. Heureusement, ce n’est pas moi qui fais les sélections. De mon côté, je pense avoir livré un bon argument aujourd’hui.»
Alessio Miggiano analyse sa course avec le recordman de la Streif
Pour le deuxième Zurichois engagé samedi sur la Streif, la journée s’achève en revanche avec davantage de frustration. Alessio Miggiano réalise une première moitié de course très solide et se situe parfaitement dans le rythme jusqu’à l’Oberhausberg. Mais dans la partie finale, il perd environ une seconde. Résultat: malgré un temps initialement prometteur, il recule jusqu’à la 26e place.
À l’arrivée, le grand espoir suisse affiche une déception visible. Non seulement parce qu’il sait qu’il avait fait juste dans la partie supérieure, mais aussi parce que son ticket olympique se complique. Et ce, malgré les critères de sélection remplis grâce à sa 5e place à Val Gardena.
Alessio Miggiano ne tarde pas à vouloir comprendre. À peine ses skis déchaussés, il analyse sa course sur le téléphone portable d’un journaliste de Blick. Et il n’est pas seul. À ses côtés se penche une légende: Didier Cuche, recordman de victoires sur la Streif et idole de jeunesse du Zurichois.
Nul doute que l’ancien champion a glissé quelques conseils précieux au skieur de Bubikon. Des détails qui pourraient peser lourd lors de sa prochaine tentative sur la piste la plus mythique du monde.