Ce technicien suisse est formel
«L'accident de Lara aurait pu être évité»

L'entraîneur des skieuses suisses fait des déclarations explosives sur la chute de Lara Gut-Behrami. Pour Beat Tschuor, il est clair que des drapeaux d'un nouveau genre placés entre les piquets auraient empêché la chute de la star et donc sa blessure.
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L'entraîneur en chef des skieuses suisses, Beat Tschuor, est convaincu que la chute de Lara Gut-Behrami aurait pu être évitée.
Photo: ANDREA SOLTERMANN
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Mathias Germann

Sept semaines se sont écoulées depuis le grave accident de Lara Gut-Behrami. Et comme on pouvait s’y attendre, son absence se fait sentir à Zauchensee, à tous les niveaux. La Tessinoise s’est en effet imposée à trois reprises sur la piste du Kälberloch. À l’heure actuelle, aucune autre skieuse de Swiss-Ski n’est capable d'espérer monter sur le podium.

Les faits du 20 novembre à Copper Mountain (États-Unis) sont bien documentés. Lors d’un entraînement de super-G, l’agitation régnait sur la piste. De nombreuses équipes préparaient leur saison dans le Colorado. La visibilité était moyenne, la lumière plate, la neige agressive. Lara Gut-Behrami s’est approchée trop près d’une porte: sa main s’est coincée, elle a pivoté et chuté lourdement. Le diagnostic est sans appel: rupture du ligament croisé antérieur, déchirure du ligament interne et lésion du ménisque.

Une erreur de trajectoire aux lourdes conséquences. «Lara ne s’est jamais reproché quoi que ce soit», souligne l’entraîneur en chef des skieuses suisses Beat Tschuor. Et pourtant, il affirme à la télévision autrichienne: «L’accident de Lara aurait pu être évité.» Comment? «Avec d’autres drapeaux», précise-t-il à Blick. Par exemple des piquets conçus pour casser sous une forte charge. «Nous avions déjà testé ce système il y a des années. Le point de rupture réduisait les chutes par rotation, car la porte cédait.» Ces drapeaux ne se sont toutefois imposés que de manière marginale – et uniquement en course.

Le chef d’équipe autrichien Roland Assinger avance une autre piste: «À l’entraînement, trop de drapeaux se déchireraient. Il faudrait du personnel à chaque porte.» Il propose l’introduction de drapeaux triangulaires, déjà utilisés en snowboard. Leur barre intérieure se situe à peine au-dessus du sol, ce qui limite fortement la surface d’accroche. «Pour des skieurs comme Dominik Paris ou Vincent Kriechmayr, les drapeaux actuels fonctionnent: ils pèsent environ 100 kilos. Les femmes, elles, tournent souvent autour de 65. Avec des drapeaux triangulaires, nous aurions une solution immédiatement applicable.»

Ce système ne serait sans doute envisageable qu’en géant, mais le débat mérite d’être ouvert. D’autant que Lara Gut-Behrami n’est pas un cas isolé: Federica Brignone s’est gravement blessée de manière similaire en avril dernier, tandis que Maja Waroschitz a vu sa saison s’achever prématurément après un accident en Coupe d’Europe à Zinal, il y a un mois.

Les drapeaux triangulaires seraient-ils plus sûrs? Une chose est certaine: les skieuses devraient s’adapter. Jusqu’ici, elles s’orientent volontiers vers les piquets traditionnels, dont la résistance aide à trouver la bonne ligne.

Un retour «bienvenu»

Pour Beat Tschuor, l’accident de Lara Gut-Behrami doit servir de leçon. «Nous devons analyser de manière critique si nous aurions pu agir autrement. La prévention des blessures doit devenir un thème central.» Quant à un éventuel retour de la championne suisse, l’entraîneur reste prudent: «Ce serait bien.»

Selon les informations de Blick, Lara Gut-Behrami envisagerait effectivement un retour à la compétition. «La décision lui appartient, avec son entourage, conclut Beat Tschuor. Si elle revient, elle sera la bienvenue.»

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