«Ce n'est pas du ski»
Henrik Kristoffersen gagne et se plaint, comme d'habitude

Le Norvégien a fêté mercredi soir sa cinquième victoire lors d'un slalom nocturne à Schladming, tout en se plaignant de la piste, fidèle à lui-même. Loïc Meillard est lui éliminé et perd sa bonne position de départ. Tanguy Nef, neuvième, est le meilleur Suisse.
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Henrik Kristoffersen a devancé tout le monde lors du slalom nocturne de mercredi.
Photo: keystone-sda.ch
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Ramona Bieri

«Le ski était là. Mais au final, ça ne sert à rien.» Loïc Meillard affiche sa déception devant la télévision suisse. Vingt-quatre heures après sa victoire en géant, le Valaisan ne parvient pas à monter sur le podium du slalom nocturne de Schladming (Autriche). Troisième à mi-parcours, il est éliminé lors de la deuxième manche.

Le champion du monde avait pourtant bien lancé sa course. «J’étais trop en retard et trop direct dans la ligne. Ça ne s’est pas bien passé», résume-t-il. Reste désormais à mesurer l’impact de cette sortie sur sa confiance. «Une élimination fait toujours mal.» L’heure est désormais à la récupération, en vue des Jeux olympiques.

Après l’élimination de Loïc Meillard, Tanguy Nef termine meilleur Suisse avec une neuvième place. Un résultat frustrant. Solide jusqu’alors, le Genevois commet une erreur qui le contraint presque à s’arrêter, ruinant sa remontée. «Cette faute va m’énerver pendant encore une année», glisse-t-il lui aussi à la télévision suisse.

Daniel Yule et Ramon Zenhäusern entrent eux aussi dans les points, respectivement 17e et 20e. Les autres Suisses restent en retrait: Marc Rochat et Joël Lütolf concèdent trop de retard, tandis que Matthias Iten et Sandro Simonet sont éliminés dès la première manche.

Le Norvégien pleure et peste

Henrik Kristoffersen s’impose une nouvelle fois. En remportant pour la cinquième fois le slalom nocturne de Schladming, il établit un nouveau record de victoires sur la Planai. Une performance qui déclenche une émotion rare chez le Norvégien, multipliant les embrassades et laissant couler quelques larmes. «Cela signifie énormément pour moi», confie-t-il.

Mais même dans l’euphorie, fidèle à lui-même, il ne peut s’empêcher de râler. Déjà critique après le géant, qu’il avait qualifié de «complètement ridicule» en raison d’une piste trop glacée, il persiste: «On ne devrait pas organiser des courses dans de telles conditions.» La Planai est «dure comme un piquet».
«Ce n’est pas du ski, c’est du hockey sur glace. Les skis sont faits pour la neige, pas pour la glace.»

Pourquoi se plaindre même après une victoire? «Je ne parle pas seulement quand ça se passe mal. Je dis toujours ce que je pense», répond-il.

Préparateur de pistes après sa carrière?

Interrogé sur un éventuel rôle dans la préparation des pistes une fois sa carrière terminée, Henrik Kristoffersen sourit: «On verra si la FIS a assez d’argent pour payer correctement.» Selon lui, il a déjà donné son avis pendant des années — c’est tout ce qu’il pouvait faire.

Il fête ce succès historique devant son compatriote Atle Lie McGrath et le Français Clément Noël. Pour Henrik Kristoffersen, il s’agit de la 26e victoire en slalom de sa carrière — autant que l’ensemble de l’équipe masculine suisse réunie au fil des années.

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