Ce n’est pas une pierre, mais presque un rocher qui tombe des épaules de Malorie Blanc au pied des Dolomites. «Ces derniers jours ont été difficiles. Maintenant, je suis simplement heureuse. La légèreté est revenue», confie la Valaisanne.
À Val di Fassa ce dimanche, la skieuse de 22 ans termine sixième du super-G. Sur le papier, cela ne semble pas spectaculaire. Mais pour elle, ce résultat compte énormément. «Aujourd’hui, j’ai enfin skié comme je le voulais. Malgré quelques erreurs, j’ai attaqué. C’est comme ça que je dois skier.»
Le contrecoup de Crans-Montana
Pour comprendre son soulagement, il faut revenir quelques semaines en arrière. Le 31 janvier, Malorie Blanc a fêté à Crans-Montana, à quelques minutes de chez elle, Ayent, la première victoire de sa carrière en Coupe du monde.
Famille, amis, connaissances: tout le monde était là. Félicitations, autographes, selfies… Une véritable «Malo-mania» s’est emparée de la station valaisanne.
«C’était magnifique. Mais avec le recul, j’ai sous-estimé l’agitation autour de cette victoire.» Impossible, dans ces conditions, de vraiment récupérer. Et les Jeux olympiques approchaient déjà.
Des semaines compliquées
Une médaille à Cortina n’a jamais vraiment été réaliste, tant Malorie Blanc ne s’est jamais sentie totalement à l’aise sur la mythique piste de la Tofana. Les longues sections de glisse lui ont notamment posé problème.
La suite en Coupe du monde a été difficile: 17e, 11e, 15e, 25e, 24e… avant cette sixième place salvatrice. «Ça fait du bien au cœur», souffle-t-elle.
Une victoire qui lui échappe
La Valaisanne aurait même pu faire encore mieux. Au quatrième temps intermédiaire, elle est encore en course pour la victoire. Mais dans les douze dernières secondes, tout s’effondre. Sur le saut final, elle arrive environ 10 km/h moins vite que les meilleures. «C’est frappant. Peut-être que je n’avais pas le bon rythme. Ou alors j’étais trop dure sur les carres.» Malgré cela, le bilan reste largement positif. «Je me suis battue pour la victoire», dit-elle avec fierté.
Au final, il lui manque 37 centièmes pour rejoindre la vainqueure italienne Elena Curtoni. Lors des finales de la Coupe du monde, Malorie Blanc prendra le départ de la descente et du super-G. «Mais d’abord, je vais rentrer quelques jours à la maison. Je suis heureuse… mais aussi fatiguée.»
Stefanie Grob confirme, Joana Hählen fait ses adieux
Stefanie Grob continue elle aussi sa progression. L’Appenzelloise de 21 ans termine dixième, son meilleur résultat en Coupe du monde. «Il était temps», lâche-t-elle en riant.
La double championne du monde junior de descente sent que le travail paie.
«Au niveau des sensations, je skie toujours de la même manière. Mais la confiance grandit. Je peux prendre plus de risques. Et c’est génial de voir son nom parmi les meilleures.»
Corinne Suter, en revanche, n’a pas trouvé le bon rythme sur la piste de la Volata. «La course était plus lente que prévu», explique-t-elle. Le dossard 3, habituellement un avantage, s’est cette fois révélé piégeux: «On a encore peu d’informations sur la piste.» La Schwytzoise reste toutefois optimiste: «Je me sens bien et je peux enfin skier comme je le souhaite.» Janine Schmitt (25 ans) termine elle 20e.
Pour Joana Hählen (34 ans), cette course marquait les adieux à la Coupe du monde. La Bernoise prend la 28e place. «J’ai pu en profiter», sourit-elle. «Et je suis aussi un peu contente que ce soit fini.»