Chaque vainqueur du Hahnenkamm – que ce soit en descente, en super-G ou en slalom – reçoit une télécabine en cadeau à Kitzbühel. «Une télécabine du Hahnenkamm est l’une des plus belles récompenses qu’on puisse obtenir en ski», déclare Beat Feuz. L’Emmentalois a lui-même remporté trois fois la descente de la Streif.
Une victoire que la star du ski suisse Marco Odermatt n’a pas encore à son palmarès. Certes, une cabine rouge avec le nom «Marco Odermatt» monte et descend déjà la montagne – souvenir de son succès en super-G il y a un an. Mais remporter la descente du Hahnenkamm à Kitzbühel reste la pièce manquante dans le puzzle du Nidwaldien.
Une pente de départ redoutable
La fameuse Streif est considérée comme la piste la plus dangereuse de la Coupe du monde de ski alpin. Même les coureurs expérimentés ressentent de la pression dans la cabane de départ. «La pente raide du départ est impressionnante. L’accélération vers le premier passage clé, la Mausefalle, demande un courage incroyable», explique Feuz, retraité depuis trois ans. Cette année, le champion olympique sera consultant pour la SRF lors de l’ultime épreuve dans la station autrichienne.
Quel conseil Beat Feuz donnerait-il à «Odi» pour réussir sur la Streif ? «Marco n’a pas besoin de mes conseils. Il a désormais atteint le statut de légende et a pratiquement tout gagné», répond le Tyrolien d’adoption, qui vit à Oberperfuss (Autriche) avec sa compagne Katrin Triendl et leurs filles Clea (7 ans) et Luisa (4 ans). Marco Odermatt ne tremblera pas dans la cabane de départ, prédit Beat Feuz. «Marco est le meilleur dans la cabane de départ. Il le sait, et c’est précisément ce qui fait sa force. Il a maîtrisé l’art de délivrer sa meilleure performance le jour J.»
Cependant, «en cas de succès, Marco devra veiller à ne pas trop puiser dans ses forces lors du Super-G, la veille de la descente du Hahnenkamm. La cérémonie de victoire, les rendez-vous médias et autres obligations rendent la journée très longue.»
Ses filles bientôt en piste?
Beat Feuz n'est encore jamais monté dans sa propre télécabine. «J’aimerais absolument faire ce trajet avec ma famille !» Il se réjouit que Clea et Luisa pratiquent le ski avec autant d’enthousiasme, en plus du tennis et de la gymnastique. Il n’a aucune peur lorsqu’elles dévalent les pistes: «Elles font du ski ‘normal’. À leur âge, heureusement, il n’y a pas encore de compétition de descente, seul le plaisir compte.»
Quant à savoir si ses filles porteront un jour un dossard, c’est à elles de décider, précise le vainqueur de 16 courses de Coupe du monde. À la question de savoir s’il est devenu plus prudent en tant que père, Beat Feuz répond: «Non ! Le jour de la course, ça ne doit pas entrer en compte. Changer quoi que ce soit aurait seulement compliqué les choses.» Sa devise reste: «L’attaque est encore la meilleure option.»