Avis d'experts
Un tracé trop facile pour Loïc Meillard, Marco Odermatt enfin titré en géant?

Après le bronze en super-G et l'argent en combiné par équipes, Marco Odermatt peut-il compléter sa collection de médailles olympiques avec l'or en géant? Un seul expert répond par l'affirmative à cette question, un autre croit à une victoire d'un outsider!
1/6
Marco Odermatt est le tenant du titre du géant olympique.
Photo: imago images/Sammy Minkoff
RMS_Portrait_AUTOR_1182 (1).JPG
Marcel W. Perren

La série dorée suisse vacille-t-elle avant le slalom géant olympique? C’est en tout cas l’avis de l’Autrichien Hans Knauss, vice-champion du monde de la discipline en 2003: «Sur la Stelvio, très sélective en vitesse, un festival suisse était prévisible dès le départ. Mais dans ce géant olympique, je vois aussi de nombreux non-Suisses capables de s’imposer. Je ne serais pas surpris que samedi, un athlète jamais monté sur un podium en Coupe du monde décroche une médaille.»

Certes, les disciplines techniques sont également disputées sur la piste de la Stelvio, à Bormio, mais contrairement à la descente et au super-G, le tracé du géant — qui débute juste au-dessus du saut de San Pietro — ne comporte qu’un court mur. «Après le San Pietro, c’est quasiment du plat jusqu’à l’arrivée. Cela élargit considérablement le cercle des prétendants, contrairement à des pistes très sélectives comme Adelboden, Val d’Isère ou Alta Badia», estime Hans Knauss.

«S'il y en a un qui peut gérer ça, c'est Marco!»

Le dernier vainqueur d’un géant sur le Stelvio n’est autre qu’Hermann Maier, sacré champion du monde en 2005. «Herminator» estime lui aussi que, sur ce géant olympique, la pure finesse technique ne sera pas déterminante: «Sur un tracé aussi long, surtout pour les athlètes engagés aussi en vitesse, les qualités de force et d’endurance seront primordiales», souligne le double champion olympique 1998.

Le tenant du titre Marco Odermatt affiche une charge de travail impressionnante cet hiver. Après sa quatrième place en descente olympique, sa médaille de bronze en super-G et l’argent en combiné par équipes, la question se pose: lui reste-t-il assez d'énergie pour ce géant?

Son compatriote Justin Murisier, vainqueur l’hiver dernier de la descente de Beaver Creek, n’a aucun doute: «S’il y en a un qui peut encaisser un programme aussi colossal, c’est Marco. Ses capacités de force et d’endurance sont exceptionnelles. Et il maîtrise comme peu d’autres la transition du mur vers le plat. Ce qui sera précisément décisif dans ce géant.»

Trop facile pour Meillard?

Lors du stage de préparation au Chili, l’entraîneur suisse de géant Helmut Krug avait délibérément choisi une piste «qui, comparée à une pente de Coupe du monde, ressemblait presque à une piste pour enfants». «En vue du géant de Bormio, c’était idéal », explique-t-il. Autre élément favorable: Helmut Krug a été tiré au sort pour tracer la deuxième manche. «Marco Odermatt est mon grand favori. Lucas Braathen et Marco Schwarz sont aussi très à l’aise sur ce type de terrain», pronostique Justin Murisier.

Qu’en est-il de Loïc Meillard, champion du monde de slalom, qui a remporté fin janvier le dernier géant de Coupe du monde à Schladming ? «Il ne retrouvera pas ici une piste aussi glacée qu’à Schladming», souligne Siegi Voglreiter, responsable chez Fischer. Justin Murisier craint même que «les conditions à Bormio soient presque trop faciles pour un technicien aussi brillant que Meillard.»

Des outsiders à surveiller

Quels outsiders pourraient créer la surprise? Hans Knauss cite «le Belge Sam Maes et l’Allemand Fabian Gratz.» Justin Murisier, lui, mise sur un coéquipier: «Thomas Tumler a les qualités pour être particulièrement rapide sur cette piste.»

Il y a un an, le Grison de 35 ans avait décroché l’argent mondial en géant à Saalbach, sur un tracé lui aussi peu pentu. Rééditera-t-il l’exploit aux Jeux olympiques?

Articles les plus lus