À peine les problèmes de hanche de Camille Rast maîtrisés, voilà qu’un rhume vient perturber sa préparation. «J’avais les jambes lourdes dans le bas du parcours», confie-t-elle à la télévision suisse après la première manche. La Valaisanne traîne ces symptômes depuis près de deux semaines – et pourtant, elle skie vite et bien. À Špindlerův Mlýn (Tchéquie), elle termine quatrième.
Une place qui ne la satisfait pas. Quatrième ? Elle l’a déjà obtenue quatre fois cet hiver. « À un moment donné, ça devient pénible. » Certes, l’élimination de la dominatrice du géant Julia Scheib lui permet de revenir à 89 points dans la lutte pour le globe de cristal. Mais là encore, cela ne lui suffit pas.
«Quatrième, ce n’est pas assez bien»
Les exigences de Camille Rast sont élevées. Elle sait qu’il ne reste plus que deux géants cette saison, tous deux disputés après les Jeux olympiques. L’idée d’un rendez-vous manqué s’impose: les occasions deviennent rares.
Deux centièmes d’espoir, 33 de trop
Retour en arrière. Deuxième à l’issue de la première manche, Rast caresse l’espoir d’une victoire. Il ne lui manque alors que deux centièmes. Mais en finale, cela ne suffit pas: elle concède finalement 33 centièmes à la gagnante Sara Hector.
«J’ai fait trop d’erreurs, j’étais trop à la limite. Mon ski intérieur n’était pas toujours bien placé», analyse-t-elle.
À un moment, elle glisse – grosse frayeur. Mais elle reste calme et poursuit sa course.
L’ancien slalomeur valaisan Didier Plaschy salue son attitude: «La réaction de Camille montre à quel point elle est ambitieuse. Beaucoup se satisferaient d’une quatrième place, pas elle. La lutte pour le globe est ouverte. Camille s’est rapprochée. On peut s’attendre à une véritable épreuve de force.»
«Le coup de poker des réglages n’a pas fonctionné»
Le géant de Špindlerův Mlýn n’a, il faut le dire, rien de spectaculaire. Le public est nombreux, notamment des supporters slovaques espérant un retour prochain de la championne olympique Petra Vlhová. La piste, très rectiligne, serpente entre la forêt, à droite comme à gauche. Les traceurs disposent de peu de marge: aller-retour, sans fantaisie. Un tracé un peu plus exigeant en première manche, plus indulgent en seconde. Transitions? Doubles portes? Rien de notable.
Cela n’a pas dérangé Sara Hector. Après trois tentatives infructueuses par le passé, la Suédoise franchit enfin la ligne d’arrivée à mi-parcours. «J’y suis enfin arrivée», sourit-elle, prouvant qu’elle n’appartient pas encore au passé.
Retour à Camille Rast. Le rhume et les erreurs n’expliquent pas tout.
«J’ai testé un nouveau ski, mais je n’ai pas eu les sensations que j’espérais», explique la skieuse de Head. «Le coup de poker des réglages n’a pas fonctionné.»
Un test qui visait peut-être déjà les Jeux olympiques. Là-bas, Rast devrait disputer non seulement le slalom, mais aussi le slalom géant. Pour une médaille. Voire plus. Pour l’or.
Avant cet hiver, personne n’aurait osé l’imaginer.