Sous les voûtes de l'ancienne gare Michigan Central de Detroit, bâtiment plus que centenaire de style architectural Beaux-Arts, l'heure n'est plus aux trains mais aux bolides, en particulier ceux des écuries Red Bull et Racing Bulls, dont les nouveaux modèles ont été dévoilés devant quelques centaines d'invités jeudi soir, à moins de deux mois du début de la saison en Australie (7 mars).
Sur scène, la cérémonie a pris un accent français, celui de Laurent Mekies, manager de Red Bull depuis juillet 2025, puis d'Isack Hadjar, jeune prodige parisien propulsé no 2 de l'équipe après une saison d'apprentissage réussie chez Racing Bulls.
Hadjar, pas impressionné par l'assemblée, a dit son «privilège» de concourir désormais au côté de Max Verstappen, le quadruple champion du monde néerlandais, astre de la marque de boisson énergétique auprès duquel aucun équipier n'a pour l'instant réussi à s'épanouir.
Le Français âgé de 21 ans se projette à long terme avec Red Bull, il entend «gagner la confiance d'équipe, se montrer performant et prolonger», a-t-il expliqué un peu plus tôt dans l'après-midi, au coeur d'un marathon médiatique qu'il n'a pas fait semblant d'apprécier. Hadjar préfère la piste et s'impatiente des premiers tours avec son nouveau bolide, «tous mes sens, tous mes capteurs vont être à l'affût», dans dix jours, a-t-il compté avec gourmandise.
Moteur construit «de zéro»
Outre quelques changements cosmétiques, les dernières monoplaces sont surtout attendues en réponse à une nouvelle réglementation technique qui les rendront plus petites et plus légères. Le moteur, déjà hybride depuis 2014, va aussi changer avec une augmentation de l'apport de l'énergie électrique et l'utilisation de carburants dits «100% durables».
Red Bull, qui comptait jusqu'ici sur Honda, avait pris le pari en 2023 de développer pour 2026 son propre moteur en partenariat avec le mastodonte de l'automobile Ford, qui fait ainsi son retour en F1, vingt-deux ans après son départ.
«Vous êtes en face du plus gros changement réglementaire de l'histoire de la Formule 1 moderne», a expliqué Laurent Mekies, nommé directeur de Red Bull en remplacement de l'historique Christian Horner en juillet dernier.
Entre influenceurs, mini-concert de rap et ingénieurs aux casques de réalité virtuelle vissés sur le crâne, dans une ambiance branchée et prétentieuse, le Français âgé de 48 ans a officié en habile maître de cérémonie, en tempérant les attentes autour de l'équipe aux six titres constructeurs.
«Je pense que ce serait tout simplement naïf de notre part de penser que l'on puisse faire notre moteur de zéro (...) et aller dès le début être plus compétitif que des gens qui l'ont fait depuis 95 ans.»
«Max (Verstappen), c'est sans doute un de ceux qui comprend le mieux la taille du challenge», a assuré le directeur, à propos de son insatiable champion à la deuxième partie de saison 2025 folle, passé à deux points d'un nouveau titre, conquis par le Britannique Lando Norris.
«Ca va prendre un certain temps de s'y faire (à la voiture), on va devoir comprendre comment en tirer les meilleures performances, se familiariser avec elle», a commenté le Néerlandais, qui dit «très bien s'entendre» avec Hadjar.