La dernière fois que les Américains se sont imposés aux JO, c'était le fameux «Miracle sur glace» de Lake Placid en 1980. À l'époque, les Universitaires avaient terrassés l'Union soviétique pour une improbable médaille d'or. Aujourd'hui, point de «Miracolo sul ghiaccio» avec ce titre américain, même s'il est acquis après une pression phénoménale des Canadiens avant la prolongation.
Mais les USA ont mérité cette victoire même s'ils ont globalement dû procéder par contres face à des adversaires plus souvent dangereux. Mais après avoir tenu le score à 1-1 durant 40 minutes, les hommes de Mike Sullivan ont fait la différence lors de la dernière période après avoir fait le dos rond autour d'un héros: Connor Hellebuyck. Le gardien a été éblouissant pour maintenir son équipe dans le match avant le but décisif de Jack Hughes en prolongation (62e). On regrettera que cette réussite ait été inscrite dans cet infâme format à 3 contre 3.
Un début de match rythmé
Mais bien avant ce dénouement incroyable, la rencontre avait déjà commencé sur un rythme très élevé. Sur l'engagement, les deux frères Tkachuk, les agitateurs en chefs des Américains, sont allés immédiatement mettre une mise en échec sur un défenseur canadien. Une immense pression états-unienne a suivi le coup d'envoi de cette finale qui s'annonçait prometteuse. Après le coup de foudre initial, le Canada a gentiment pris le contrôle de cette rencontre.
Macklin Celebrini a même hérité de la première occasion sérieuse pour les Canadiens (6e). Mais le gardien Connor Hellebuyck s'est interposé sans trop de difficultés. Tom Wilson - le pendant des frères Tkachuk - a envoyé un message à son tour en mettant une charge monumentale sur Dylan Larkin. Là où le commun des mortels serait trois jours à l'assurance, l'attaquant de Detroit a remis son casque en place pour continuer comme si de rien n'était. Impressionnant.
La balade de Matt Boldy
Et quelques instants plus tard, son coéquipier Matt Boldy pouvait se frayer un chemin à travers toute la défense américaine pour ouvrir la marque. L'attaquant de Minnesota a fait tourner en bourrique la paire Devon Toews/Cale Makar avant de joliment glisser le puck derrière Jordan Binnington (7e, 0-1). De quoi provoquer une clameur américaine indescriptible à base de «USA! USA! USA!».
Cette réussite a tout de même semblé perturber les Canadiens. S'ils ont globalement dominé la première période d'un point de vue territorial, ils n'ont finalement pas trop mis sous pression Connor Hellebuyck, gardien des Winnipeg Jets. Et ce sont mêmes les Américains qui auraient pu inscrire le deuxième en fin de tiers sur le premier power-play du match. Une occasion très mal exploitée qui n'en a finalement pas été une.
La seconde période a vu les Canadiens mettre une immense pression durant les dix premières minutes sans pour autant égaliser. Les Américains n'ont procédé que par des contres. À la 30e, Connor McDavid & Cie ont bénéficié de 93 secondes à 5 contre 3. Une chance en or d'égaliser. Malgré une très grande occasion pour Macklin Celebrini, la cage américaine est restée inviolée. Était-ce le tournant du match?
Cette opportunité galvaudée n'a pas enrayé la marche en avant des Canadiens. Et l'égalisation de Cale Makar est tombée logiquement à la fin du tiers. Sur le tir de l'arrière canadien, Connor Hellebuyck n'a pas paru franchement à son avantage. Dommage, tant il avait été excellent jusqu'à cet instant (39e, 1-1). Les Américains ont bien cru reprendre immédiatement l'avantage, mais le tir flottant de Brock Faber s'est écrasé sur la barre transversale de Jordan Binnington (40e).
Les ratés canadiens
Lors de l'ultime période, Devon Toews a hérité d'un puck à quelques centimètres du but sur un travail préparatoire de Mitch Marner. Malgré la cage vide, le défenseur a trouvé le moyen de manquer face au retour incroyable du gardien Connor Hellebuyck (42e). Trois minutes plus tard, Macklin Celebrini pouvait se présenter seul face au gardien... et échouer à son tour.
À la 50e, Nathan MacKinnon a lui aussi manqué une montagne alors que le filet semblait dégagé. À cet instant, on pouvait légitimement se demander si les Canadiens n'allaient pas regretter ces échecs. La réponse est tombée durant la prolongation.
Grâce à ce titre olympique, les États-Unis mettent donc fin à 46 ans de disette lors des Jeux olympiques. Mais surtout, ils prennent leur revanche après deux défaites en finale face à cette même équipe canadienne. À Salt Lake City et Vancouver, les joueurs de NHL étaient également présents et les Canadiens avaient à chaque fois remporté la finale.
Le Canada ne porte ainsi pas son total à dix. Il reste tout de même la nation la plus titrée à égalité avec la Russie si l'on y ajoute ses différentes déclinaisons (URSS et titres sous bannière neutre). Rappelons toutefois que six des sacres canadiens ont été conquis lors des sept éditions entre 1920 et 1952. La concurrence de l'époque était un rien moins féroce que par la suite.