Le concept génial de Pirmin Zurbriggen
S’il n'avait que 27 ans lorsqu’il a mis un terme à sa carrière, Pirmin Zurbriggen a remporté à quatre reprises le classement général de la Coupe du monde, pour un total de 40 victoires individuelles. Comme Marco Odermatt. Mais le champion olympique de descente 1988 s’est aussi distingué en tant que dirigeant.
À son arrivée à la présidence de Ski Valais, en 2004, il constate que les jeunes talents valaisans ne bénéficient pas d’un encadrement suffisant dans leur canton. C’est ainsi que Daniel Albrecht part étudier au lycée sportif de Stams, en Autriche.
Pour éviter que les jeunes athlètes ne soient contraints de s’exiler au Tyrol afin de concilier sport et formation, le quadruple champion du monde et son ami Alain Kronig restructurent en profondeur le système. Le canton est divisé en dix bases régionales, chacune dotée d’un entraîneur professionnel. Pirmin Zurbriggen joue également un rôle central dans la mise en place du centre national de performance de Brigue.
Le succès du modèle s’est encore vérifié récemment à Bormio: les champions olympiques Loïc Meillard et Tanguy Nef ont été formés à Brigue. Autre détail révélateur: avant de mettre en place un concept similaire à Nidwald avec Paul Schmidiger, le père de Marco Odermatt, Walti Odermatt, était venu chercher des conseils auprès de Pirmin Zurbriggen à Zermatt.
L'entrée en fonction d'Urs Lehmann
Lorsque le champion du monde de descente 1993 est élu président de Swiss-Ski à l’été 2008, la fédération traverse une grave crise financière. Docteur en gestion d’entreprise, l’Argovien redresse rapidement la situation et transforme Swiss-Ski en organisation florissante. Aujourd’hui, le budget s’élève à 73 millions de francs, dont environ 30 millions sont consacrés au ski alpin. Aucune autre nation alpine ne dispose de moyens comparables.
Après quelques erreurs de casting au début de son mandat, Urs Lehmann développe aussi un excellent flair en matière de ressources humaines. Depuis son départ à la Fédération internationale de ski comme CEO l’été dernier, l’ancien coprésident Peter Barandun dirige Swiss-Ski seul, avec succès.
L'engagement de Tom Stauffer
Après avoir conduit la jeune Lindsey Vonn au sommet mondial en tant qu’entraîneur aux États-Unis, ce Bernois de l’Oberland enchaîne les succès en Suède (avec Anja Pärson et Jens Byggmark) puis en Allemagne (Maria Riesch et Viktoria Rebensburg). Depuis 2014, cet ingénieur civil diplômé est responsable du secteur masculin chez Swiss-Ski. Stratège brillant et travailleur acharné, il reste disponible pour ses athlètes à toute heure, même après minuit.
Ses chefs de discipline sont également parmi les meilleurs. Helmut Krug, responsable du géant, a fait de Marco Odermatt une référence mondiale. Grâce à lui, les Suisses disposent aussi d’excellentes conditions d’entraînement à Reiteralm, en Autriche. Reto Nydegger, patron de la descente, a perfectionné Aksel Lund Svindal et Kjetil Jansrud avant de revenir en Suisse. Quant à Matteo Joris, entraîneur de Loïc Meillard, il a contribué à relancer le slalom suisse, longtemps discipline problématique. Et en Coupe d’Europe, l’ancien champion du monde de descente Franz Heinzer reste une référence dans le domaine de la vitesse.
La référence de Marco Odermatt
Dans le monde du ski, nul indicateur de performance n’est plus fiable que Marco Odermatt. Depuis six ans, le Nidwaldien s’entraîne au plus haut niveau, sur la neige comme en salle de musculation. Il tire ainsi tout le groupe vers le haut. Mais «Odi» se distingue aussi par son esprit d’équipe. «Après ma contre-performance lors du slalom du combiné olympique par équipe, j’étais anéanti. Marco m’a redonné confiance», raconte Daniel Yule, septuple vainqueur en Coupe du monde.
Le glacier de Zermatt sécurisé
Walter Reusser, originaire de l’Emmental, et le Grison Diego Züger dirigent Swiss-Ski avec succès. Diego Züger est considéré comme un stratège marketing de premier plan, tandis que Walter Reusser, ancien entraîneur et chef de course, pilote le secteur sportif.
L’an dernier, Walter Reusser a sécurisé pour Swiss-Ski les droits d’exploitation du domaine d’entraînement sur le glacier de Zermatt pour plusieurs dizaines de millions. Un investissement payant: alors que d’autres nations n’ont pas pu effectuer un véritable entraînement de descente entre mi-septembre et fin novembre, les Suisses, dont Franjo von Allmen, ont pu se préparer dans des conditions optimales en vue de l’hiver olympique.