Tout n'a pas toujours été rose
L'équipe suisse de curling s'est déchirée avant de briller

L'équipe suisse de curling emmenée par Yannick Schwaller est déjà en demi-finale à Cortina. Après des débuts difficiles, l'équipe romande est devenue l'un des favoris pour l'or.
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L'équipe suisse du skip Yannick Schwaller est en demi-finale avant l'heure.
Photo: Sven Thomann
Matthias Dubach

Quel parcours! Portée par son skip Yannick Schwaller, la Suisse survole le tour préliminaire. Grâce à une série de victoires convaincantes, elle est assurée de terminer en tête avant même la fin du Round Robin. Depuis jeudi matin et le succès 9-5 face à l’Italie, pays hôte, le constat est limpide: neuf matches, neuf victoires.

Un projet né d’une fusion ambitieuse

Dans la halle de curling, peu doutent désormais que Schwaller, Benoît Schwarz-van Berkel, Sven Michel et Pablo Lachat-Couchepin repartiront avec une médaille — et pourquoi pas la plus belle. Les statistiques plaident aussi en leur faveur: jamais une équipe masculine n’avait signé un Round Robin parfait lors d’un tournoi olympique, une performance que seul le Canada avait approchée avant de décrocher l’or à Vancouver.

Le chemin vers ce statut de prétendant au titre n’a pourtant rien eu d’un long fleuve tranquille. Lorsque l’équipe actuelle voit le jour en 2022, elle résulte de la fusion des meilleures formations suisses du moment. Au CC Genève, une véritable «all-star team» prend forme: d’anciens rivaux deviennent coéquipiers, avec des ambitions élevées. Chez les hommes, la Suisse attend un titre mondial depuis 1992 et une médaille d’or olympique depuis 1998.

Schaffhouse, le point de rupture

Mais tout ne se passe pas comme prévu. Les Mondiaux 2024 à domicile, à Schaffhouse, tournent à la désillusion: malgré l’ambiance de fête, les Suisses terminent seulement 7es. Un coup d’arrêt brutal. Pour certains, le projet semble vaciller. Pour d’autres, ce sera le point de départ d’une remise en question salutaire. «Je sais par expérience qu’un tournoi comme celui de Schaffhouse peut casser une équipe. Nous, il nous a rendus plus forts», confie Benoît Schwarz-van Berkel.

Les quatre joueurs se réunissent alors pour une discussion franche. Tout est posé sur la table. La hiérarchie, jusque-là très horizontale, est ajustée; les rôles deviennent plus clairs. Le déclic est immédiat. «On disait toujours que nous étions une équipe de leaders. Aujourd’hui, nous sommes devenus une vraie équipe», expliquait Yannick Schwaller avant le début de la saison.

Sven Michel abonde: «Après Schaffhouse, nous avons analysé ce que nous devions améliorer pour l’avenir. Nous nous parlons avec respect, mais avec honnêteté. Cela nous a permis de jouer des matches beaucoup plus solides.»

La confirmation au plus haut niveau

Depuis, les résultats s’enchaînent: vice-champions d’Europe et vice-champions du monde en 2025, les Genevois remportent également cet hiver l’un des prestigieux tournois du Grand Chelem au Canada. Et maintenant, les Jeux d’hiver pour couronner le tout?

Le fiasco du géant suédois Niklas Edin (40 ans), déjà éliminé avec son équipe, ouvre encore un peu plus le champ des possibles. Reste une question: qui peut désormais arrêter le CC Genève?

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