Sa maman l'a forcé!
Un hélicoptère, Jannik Sinner, un autographe: voici les secrets de Franjo von Allmen

Juste avant de quitter Bormio avec ses trois médailles d'or, le triple champion olympique Franjo von Allmen évoque le plus grand luxe de sa vie de coureur et dévoile des secrets au sujet de sa relation particulière avec ses coéquipiers.
1/7
Tout ce que touche Franjo von Allmen se transforme actuellement en or.
Photo: keystone-sda.ch
RMS_Portrait_AUTOR_1182 (1).JPG
Marcel W. Perren

Il est un peu plus de 9h lorsque Franjo von Allmen (24 ans) se réveille jeudi matin dans sa chambre de l’hôtel Nevada, à Bormio (Italie), après une longue nuit d’ivresse. Pas question toutefois de s’offrir une grasse matinée.

Une bonne heure plus tard, le désormais triple héros olympique est rattrapé par les journalistes, qui l’interrogent sur les tubes qu’il a interprétés tard dans la nuit dans une boîte de nuit, au lendemain de sa médaille d’or en super-G. «Ah oui, ces foutues vidéos de téléphones portables…», soupire Franjo von Allmen, compatissant aussi pour les auditeurs. «Ce n’est pas grave si je chante sous la douche. Mais tout le monde se portera mieux si ça ne devient pas public. Je suis un très mauvais chanteur.»

À l’inverse, les mots prononcés par la légende Jean-Claude Killy, triple champion olympique à Grenoble en 1968, sonnent autrement plus flatteurs. Juste après le super-G, il a confié à Bernhard Russi: «Ce von Allmen est formidable. Un monstre!»

Jannik Sinner le félicite en personne

Et les félicitations de célébrités ne s’arrêtent pas là pour le golden boy suisse. Une autre immense figure du sport mondial s’est adressée personnellement au Bernois de l’Oberland via Instagram: Jannik Sinner, nouvelle icône du tennis italien et quadruple vainqueur en Grand Chelem, qui a lui aussi pratiqué le ski à haut niveau dans sa jeunesse. «Sinner m’avait déjà félicité après ma victoire en descente. C’est un immense compliment qu’un sportif de ce calibre pense à moi.»

Alors que le charpentier de formation de Boltigen, dans l'Oberland bernois, échange avec les journalistes venus de Suisse et tente de mesurer sa nouvelle vie sous les projecteurs, quelques chasseurs d’autographes et de selfies patientent en arrière-plan. Franjo von Allmen précise qu’il n’a pourtant jamais tapissé sa chambre d’enfant de posters. «Je n’ai jamais été un fanboy. Dans toute ma jeunesse, je n’ai demandé qu’une seule fois un autographe à un skieur.»

Il ne s’agissait ni de Didier Cuche ni de Beat Feuz. «Lors du tournoi de beach-volley à Gstaad, on avait vu Nils Mani, qui était alors le seul skieur de Coupe du monde de notre région. Ma maman m’a presque forcé à lui demander une signature.»

Aujourd’hui âgé de 33 ans, l’ancien spécialiste de la vitesse — médaillé d’or en descente aux Mondiaux juniors et plusieurs fois classé dans le top 10 en Coupe du monde — a depuis été largement dépassé par Franjo von Allmen.

Le privilège très particulier d’une superstar

Le caractère posé du nouveau patron du ski suisse se retrouve aussi lorsqu’il évoque ses relations avec ses coéquipiers. «Nous avons rarement des conflits, on s’entend bien.» Il admet toutefois que la promiscuité finit parfois par peser. «Quand tu passes les deux tiers de l’année ensemble, il y a des jours où tu n’as pas envie de voir les autres. Surtout en fin de saison. Mais après la pause estivale, tu es toujours content de les retrouver.»

Avant de quitter Bormio, le premier champion olympique originaire du Simmental évoque encore un privilège très concret offert par son sponsor: «Comme les autres athlètes Red Bull, j’ai accès à un hélicoptère. Si tu peux rejoindre une course en deux heures de vol au lieu de six heures de voiture, tu économises énormément d’énergie.»

À Boltigen, l’hélicoptère peut même se poser à quelques mètres de chez lui. «Nous n’avons pas beaucoup de voisins et ceux qui sont concernés le prennent très bien.»

Le retour de Bormio ne se fera toutefois pas par les airs, mais dans l’Audi argentée de son entraîneur Reto Nydegger. Jusqu’à sa prochaine apparition en Coupe du monde, le 26 février à Garmisch-Partenkirchen (Allemagne), Franjo von Allmen aura cette fois le luxe de pouvoir souffler.

Articles les plus lus