Andri Ragettli très ému
«Je voulais rendre fier mon père au paradis»

En larmes, Andri Ragettli vit à nouveau le moment le plus difficile de sa carrière à Livigno. Malgré une belle performance, le Grison doit apprendre à vivre avec sa quatrième place en slopestyle.
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La déception est grande: Andri Ragettli termine à nouveau quatrième aux Jeux olympiques.
Photo: keystone-sda.ch
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Joël Hahn

Andri Ragettli est un des meilleurs spécialistes de ski freestyle et une star des réseaux sociaux. Mais une chose manque toujours au Grison: la médaille olympique.

Quatre ans après avoir manqué de peu le podium aux JO de Pékin, en Chine, le Grison a une nouvelle fois terminé quatrième en slopestyle du côté de Livigno, là où Mathilde Gremaud avait gagné la veille. Comme trop souvent dans sa carrière, une performance de très haut niveau n'a pas été suffisante pour décrocher un métal précieux. Une fois de plus, un sentiment amer subsiste.

La compétition a pourtant commencé de manière prometteuse. Avec 78,65 points lors du premier run, il s'est placé en tête. Mais des erreurs se glissent dans les manches suivantes. La concurrence prend sa chance et Andri Ragettli glisse à nouveau à la quatrième place, à un souffle du podium.

«Je continue à me battre»

Après la compétition, l'athlète suisse ne se cache pas et parle ouvertement de ses sentiments. «J'ai dû me ressaisir rapidement, très honnêtement, dit-il dans l'interview en zone mixte. Finalement, je me sens bien. Je suis en bonne santé. J'ai ma famille, j'ai mes amis. Mais sportivement, c'est extrêmement dur».

Malgré tout, il tire aussi du positif de sa performance: «Je peux être fier de tout le travail que j'ai investi et de la personne que je suis. Et je continue à me battre». En slopestyle, Andri Ragettli évolue depuis des années sur un fil. La marge entre un résultat de premier plan et une désillusion est extrêmement étroite. «Nous essayons de repousser toujours plus loin les limites et c'est pourquoi les erreurs sont parfois inévitables.»

C'est justement la première manche de la finale qui met du baume au cœur du Grison. «Mon plus grand objectif était de réussir un run de haut en bas, précise-t-il. J'y suis parvenu, malgré le niveau de difficulté très élevé.» Mais par la suite, tout ne s'est pas passé comme prévu. De petites incertitudes sur les rails et des conditions difficiles l'ont empêché de faire mieux.

La star sans or

Andri Ragettli est depuis longtemps une icône de son sport. Il est champion du monde, vainqueur du classement général de la Coupe du monde, vainqueur des X-Games et détenteur du record de victoires en Coupe du monde. Sans compter les millions de fans sur les réseaux sociaux, les vidéos virales, la notoriété mondiale. Et pourtant, il reste une star «inachevée». Lors de ses participations aux Jeux olympiques, il a terminé septième, quatrième quatrième à nouveau. Dur à encaisser pour un perfectionniste.

Sa famille soutient Andri Ragettli depuis des années. Son frère Gian filme ses courses, sa sœur Christina s'occupe des relations publiques et des médias, sa mère Bea organise son quotidien. Ensemble, ils ont fait de sa carrière un petit projet familial avec, évidemment, son chat Simba.

Ayant grandi sans père, Andri Ragettli a trouvé très tôt un appui dans cet environnement. L'importance qu'il y attache se manifeste également après la finale de mardi. Lors de l'interview à la SRF, il lutte contre les larmes. «Aujourd'hui, je voulais simplement rendre mon père fier au paradis, souffle-t-il. Aujourd'hui, ce n'était que la quatrième place. Mais je pense qu'il est quand même fier de moi.»

Andri Ragettli ne cache évidemment pas sa déception. «C'est extrêmement dur. J'ai investi tellement de travail, et aujourd'hui encore, ça n'a pas tout à fait marché. Ça fait mal. Mais je pense que c'est normal d'être triste en ce moment.»


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