Modifications apportées
Des descendeuses critiquent vivement la piste de Cortina

L'Olimpia delle Tofane, la piste de course des femmes de ces JO d'hiver, provoque des remous parmi les athlètes. Des modifications ont été apportées à la piste, ce qui suscite de nombreuses critiques.
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Des sauts trop larges, des bosses inutiles: Kira Weidle-Winkelmann était remontée après le premier entraînement de descente.
Photo: Getty Images
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Mathias Germann

Normalement, Kira Weidle-Winkelmann apprécie beaucoup l’Olimpia delle Tofane. Mais pas cette fois. «Ce n’est pas la belle Cortina que nous connaissons. La piste est trop molle et surtout, elle présente des bosses qui n’existaient pas avant», déplore l’Allemande. Selon elle, ces irrégularités ne sont pas naturelles, mais artificielles. «Je ne comprends pas pourquoi on fait ça. C’est totalement inutile!»

Les propos de la skieuse de 29 ans ont du poids. Elle n’est pas connue pour s’emporter facilement, plutôt pour son côté réfléchi. En 2021, elle avait décroché l’argent en descente aux championnats du monde, à Cortina. Cette fois encore, elle peut viser une médaille.

Mais les multiples reports d’entraînement à cause de la météo et les interventions répétées sur la piste affectent son moral. «Notre sport est déjà suffisamment dangereux. L’action est là naturellement. Je ne comprends pas pourquoi on ajoute toujours des complications.»

«On bricole toujours»

Il y a deux ans, Corinne Suter s’était déchirée le ligament croisé à Cortina après un saut, et d’autres athlètes s’étaient également blessés. À ce sujet, Weidle-Winkelmann explique: «À l’époque, le point crucial était le virage «Delta», qui est désormais correct. En revanche, d’autres passages ont été durcis sans raison.»

Elle parle ici du dernier tiers du parcours et poursuit: «On l’a déjà vu la semaine dernière à Crans-Montana, où auront lieu les championnats du monde l’année prochaine. Lors des grands événements, chacun veut créer quelque chose de spécial, ajouter du suspense, donc on bricole toujours.»

Elle n’est pas seule dans sa critique. L’Autrichienne Nina Ortlieb, qui faisait partie des premières à s’élancer, s’est également montrée mécontente: «J’ai foncé dans un écran de brouillard et je n’ai pas vu une porte. À plus de 100 km/h, ce n’est pas drôle. C’est là que le jury aurait dû arrêter l’entraînement.»

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