Mikko Lehtonen a un statut particulier
«Les Zurichois ne seront plus mes amis après le coup d'envoi»

Mikko Lehtonen a un rôle moins en vue avec la Finlande que du côté de Zurich. Forcément, il est le seul joueur à ne pas évoluer en NHL dans la sélection qu'affrontera la Suisse ce mercredi soir (18h10).
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Mikko Lehtonen est le seul joueur finlandais à ne pas évoluer en NHL.
Photo: Getty Images
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Grégory BeaudJournaliste Blick

Seul joueur basé en Suisse dans la sélection finlandaise, Mikko Lehtonen savoure une expérience olympique très différente de celle vécue en 2022 avec le coronavirus. Cette année, il a surtout eu l'honneur d'être porte-drapeau de la délégation finlandaise.

À la veille d'un quart de finale face à la Suisse, il a répondu à nos questions tout en étant réaliste. Il est possible que la ribambelle de stars de NHL lui passent devant au moment de désigner les joueurs titulaires. «Mais c'est un gars qui a toujours mis l'équipe et son succès au-dessus de ses prétentions personnelles, précise Ville Peltonen, entraîneur-assistant des «Leijonat» et coach de Genève-Servette. C'est pour cela qu'il est si important dans cette équipe.»

Mikko, lorsque tu attendais la sortie de l'équipe finlandaise, tu t'attendais à être le seul joueur à ne pas évoluer en NHL à être sélectionné?
Oui, je savais que j'avais une chance. Ces dernières années, j'ai bien joué avec la sélection et je me sentais dans la course. Rien n'était garanti, donc j'ai quand même été surpris et surtout très heureux. Même faire partie de ce groupe, c'est déjà quelque chose de grand pour moi.

Sur le papier, est-ce la meilleure équipe dans laquelle tu as évolué?
La meilleure équipe, c'est toujours celle qui gagne le tournoi (rires). Mais si on regarde les noms, le talent et le nombre de joueurs de très haut niveau, je pense qu'on n'a jamais eu autant de qualité en même temps avec la Finlande. Sur le papier, c'est probablement l'une des meilleures formations de notre histoire. Maintenant, il faut le prouver sur la glace.

Toi qui as déjà gagné l'or olympique en 2022, qu'est-ce qui change cette fois-ci?
Tout change. Je ne sais pas par où commencer. À Pékin, il y avait le Covid, pas de joueurs NHL et une ambiance particulière. Là, c'est vraiment un tournoi qui réunit les meilleurs des meilleurs. De plus, il y a une vraie vie au village olympique, la possibilité de rencontrer d'autres athlètes. C'est l'expérience complète dont on rêve quand on est enfant.

Tu as déjà eu le temps de profiter un peu en dehors du hockey?
Pas vraiment. Le programme est chargé, donc je n'ai pas vu d'autres sports en vrai, seulement à la télévision. Mais c'est déjà sympa de suivre ce qui se passe autour.

Un quart de finale contre la Suisse est forcément spécial pour toi qui y évolue.
Oui, bien sûr. Je connais beaucoup de joueurs grâce à la National League et je sais à quel point cette équipe est solide. Deux finales mondiales récemment, ça montre leur caractère et leur qualité. Je m'attends à un match très difficile, mais très intéressant, surtout d'un point de vue tactique.

Et croiser tes coéquipiers de Zurich au village olympique, ça change quelque chose?
On se dit bonjour, on discute un peu, mais ça reste léger. Tout le monde est quand même très occupé. J'ai croisé Denis, 'Ghetto' et Christian (ndlr Malgin, Andrighetto et Marti) et nous avons évoqué dès dimanche cette possibilité de nous affronter en quarts de finale. Quand le puck tombe, on devient des adversaires. En dehors de la glace, on garde toujours ce lien, mais pendant le match, il n'y a plus d'amis.

D'ici le coup d'envoi, tu vas essayer de les éviter au village?
(il rigole) Au contraire. Je vais voir si je peux les embêter un peu.

Ville Peltonen, entraîneur-assistant, vient de me dire à quel point tu es exemplaire au moment d'accepter un rôle moins en vue dans cette sélection...
Mais cela n'a jamais été une question pour moi. En venant dans une telle équipe, tu sais qu'il y a des joueurs qui ont potentiellement plus d'impact. Par contre, je suis également conscient de ce que je peux apporter à n'importe quel moment si l'on fait appel à moi pour jouer n'importe quel rôle. Cela ne me dérange pas du tout de me mettre au service de mon pays quitte à mettre mon égo dans la poche. C'est aussi comme cela que l'on peut devenir la meilleure équipe du tournoi et pas seulement sur le papier.

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