Depuis un an, Daniel Yule vit une période compliquée sportivement. Il faut remonter à janvier 2025 pour voir le Valaisan dans un top 10 de Coupe du monde (6e à Wengen) et à février 2024 sur un podium (victoire à Chamonix). Avec sa manche de slalom compliquée lors du combiné par équipes, le skieur de la Fouly ne s'est pas rassuré, loin de là, accrochant le 19e temps de tous les techniciens engagés.
Avec le plus d'honnêteté possible, Daniel Yule ne se fait que peu d'illusion par rapport au slalom olympique de ce lundi. «Bien sûr, je me présente dans le portillon en y croyant, surtout que j'ai déjà gagné des étapes de Coupe du monde, entame-t-il. Mais c'est quand même peu probable, au vu de mes résultats récents. Je ne dirais même pas que je fais partie des outsiders même si, tout est jouable.»
Différent de ses trois autres participations
Pour le Valaisan, il s'agit déjà de sa quatrième participation à des Jeux olympiques, après Sotchi, PyeongChang et Pékin. «Je sais tout ce que des JO impliquent, souligne-t-il. Par contre, la grosse différence, c'est que je les aborde avec beaucoup moins d'attentes que lors des autres éditions.» En 2018 et 2022, Daniel Yule pouvait espérer décrocher une médaille. Sur la Stelvio, cela relèverait du miracle.
Pourtant, le skieur a un tout petit avantage sur ses concurrents. Il est l'un des rares à avoir déjà disputé deux manches de slalom à Bormio. C'était en 2014. «Je suis l'un des rares slalomeurs à pouvoir dire que j'ai marqué mes premiers points de Coupe du monde ici», se marre-t-il. Il faut dire la station italienne n'est jamais choisie en tant qu'étape technique mais que, l'année-là, elle remplaçait Zagreb.
«Je ne pense pas que ça va être un avantage, tempère le Valaisan. Sur certaines pistes, l'expérience peut jouer un rôle mais on a vu lundi qu'il n'y a pratiquement aucune difficulté.» Par contre, il admet que sa dernière visite à Bormio lui apporte «de jolis petits souvenirs».
Merci Didier Défago
De souvenirs, Daniel Yule en a d'autres en rapport avec les Jeux. Sauf que cette fois, ils ne le concernent pas directement. «En 2010, j'étais en camp en Italie avec Steve Locher lorsque Didier Défago, son pote, a décroché l'or à Vancouver, commence-t-il en rigolant. On n'avait pas été brillants durant la journée et on était donc tout contents que «Def» l'emporte, comme ça Steve était de meilleure humeur et on ne s'était pas trop fait remonter les bretelles.» Une anecdote qui fait rire beaucoup de monde dans l'assemblée.
À voir si, ce lundi, il pourra en faire de même avec quelques jeunes athlètes du Valais, qui pourraient voir leur entraîneur aux anges en cas de victoire de Daniel Yule. Après tout, Didier Défago ne faisait pas partie des immenses favoris au Canada. Mais des outsiders, oui.