Les Suissesses pour le bronze
Un exploit, douze ans après celui de Sochi?

Cet après-midi, l'équipe de Suisse féminine pourrait écrire l'histoire lors de la finale pour le bronze des Jeux olympiques. Une marche déjà franchie en 2014, à Sochi.
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Photo: Keystone
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Grégory BeaudJournaliste Blick

Au bout du fil, Sarah Forster se rappelle évidemment très bien de cette journée de février 2014 en Russie. La défenseuse jurassienne était rentrée bronzée de Sochi. «Dans ma carrière, je n'ai jamais rien vécu de pareil, se souvient-elle. Nous avions un groupe absolument fantastique. Tout a fonctionné comme dans un rêve.»

Douze ans plus tard, celle qui travaille en parallèle de son activité professionnelle aujourd'hui au sein de la fédération, n'a pas perdu son enthousiasme. De loin pas. «Je me suis même rendue deux fois à Milan pour voir des matches sur place, remarque-t-elle. J'espère vraiment que les planètes vont s'aligner pour les filles comme elles l'ont été pour nous à l'époque.»

Pour l'heure, cela semble tout de même être le cas. «Pour gagner, il faut une gardienne extraordinaire, comme nous l'avions à l'époque avec Florence (ndlr Schelling). Et pour le moment, Andrea Brändli fait plus que sa part du travail.» Son blanchissage en quart de finale face à la Finlande est là pour en attester. Elle a une nouvelle fois été brillante lors de la demi-finale face au Canada en n'encaissant que deux buts. Un exploit exceptionnel.

«On sort de plusieurs années compliquées»

Cette bonne prestation à Milan - peu importe le résultat de jeudi - est une vraie bouffée d'oxygène pour une discipline qui n'a pas vraiment su surfer sur la vague de 2014, malgré la bonne volonté des clubs de National League qui essaient d'en faire la promotion. «Lorsque je vois les 4500 personnes présentes au match du Lausanne HC dimanche en deuxième division, je trouve cela extraordinaire. Mais on a vécu plusieurs années compliquées.»

Non pas que les efforts n'aient pas été faits en Suisse. «Mais pour avoir joué en Suède ou aux États-Unis, je me rends aussi bien compte de la différence au niveau des infrastructures. Oui, nous progressons et c'est très positif. Mais les autres nations également et c'est maintenant que nous de faire en sorte de ne pas perdre trop de terrain.»

La génération 2014 arrive

Ce qui donne espoir à la Jurassienne? Les petites filles qui ont regardé les Suissesses gagner le bronze à Sochi ont grandi. «On voit qu'elles sont en train d'arriver dans les sélections», apprécie celle qui, justement, peut voir au plus près les progrès au quotidien. La présence de la toute jeune Laure Mériguet (17 ans) à Milan est un signe tangible. «Mais nous devons surtout augmenter la base de joueuses, poursuit Sarah Forster. Nous avons environ 2000 licenciées. C'est difficile de prétendre à des conditions de meilleure qualité sans être plus nombreuses.»

Kaleigh Quennec, qui n'était pas présente à Sochi, abonde et ajoute: «D'autres pays peuvent également compter sur des pionnières», précise la joueuse qui se définit elle-même comme «la grande sœur» de cette équipe.

Une Jessica Campbell qui entraîne en NHL depuis deux saisons ou Marie-Philip Poulin, vedette canadienne et coach à Montréal chez les hommes, sont deux noms qui font rêver la Genevoise. «Ce sont ce genre de parcours qui peuvent également prouver que nous avons progressé, poursuit-elle. Je pourrais essayer de me profiler dans un tel rôle après ma carrière.»

Et si elle veut que la génération de petites filles d’aujourd’hui s'inspirent de cette équipe nationale, il faudra encore que les planètes s'alignent une fois. Dès 14h40 (en direct sur Blick).

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