«Benvenuti!», lance Michela Figini à ses deux invités au centre de padel de Biasca, au Tessin. La légende du ski tessinois se tient derrière le comptoir et demande avec un sourire contagieux: «Puis-je vous servir un café? Vous devez être fatigués après ce long voyage.»
Cette spécialiste de descente, souvent décorée, dirige depuis quatre ans avec son partenaire commercial Marlon D'Amico «The Padel Lab», un complexe de cinq terrains où l'on peut pratiquer le sport à la mode du moment qu'est le padel, un mélange dynamique de tennis et de squash. Les locaux abritent également un restaurant, une piscine, un sauna et des salles de massage. «Dans ce centre, nous veillons à ce que les gens puissent échapper au train-train quotidien en créant une ambiance familiale», explique l'entrepreneuse.
Dans une boîte en verre, Valentina Camozzi prend quelques photos. La fille de Michela Figini, née d'un premier mariage, est web designer et graphiste. Elle soutient sa mère dans ses activités sur les réseaux sociaux et sur sa présence en ligne. Marco Camozzi, le fils de Michela Figini, également issu d'un premier mariage, vit à Lausanne. «Valentina et Marco comptent plus pour moi que toutes les médailles réunies. Il n'y a rien de plus beau que de faire des excursions avec eux ou de fêter Noël et le Nouvel An ensemble», s'enthousiasme-t-elle en évoquant les bons moments passés avec ses proches. Il y a peu, elle s'est rendue avec Valentina au «Hermann Maier Star Challenge» à Flachau, en Autriche, où des légendes du ski se sont affrontées dans une course de charité. Michela Figini est aujourd'hui mariée en secondes noces et vit à Bellinzone.
Elle veut reprendre le sport
La santé est la meilleure chose qu'elle puisse souhaiter: «Je vais bien. Grâce à deux articulations artificielles de la hanche, j'ai retrouvé ma qualité de vie.» Pour des raisons professionnelles, elle ne fait plus que peu de sport. Cela doit changer, dit-elle. «J'aimerais faire du Pilates ou du yoga pour me remettre en forme et perdre un peu de poids.»
Le centre de padel devrait bientôt attirer davantage de clients. «Un de mes grands rêves est d'ouvrir un musée du sport à l'étage supérieur. Je voudrais évoquer les plus grands sportifs tessinois avec des objets personnels et créer quelque chose de durable», annonce Michela Figini. Cette année encore, elle tentera de trouver des pièces d'exposition de Clay Regazzoni (Formule 1), Doris De Agostini, Lara Gut-Behrami (ski alpin), Alfio Molina (hockey sur glace), Mario Prosperi (football), Noè Ponti (natation) et bien d'autres encore.
Qui est donc la légende ultime du sport tessinois? «Oh, ce titre leur revient à tous. Ils ont accompli des choses extraordinaires», répond modestement la double sportive suisse de l'année. Le musée du sport rendra également hommage aux performances des athlètes para-sportifs tessinois ainsi qu'aux participants de Special Olympics, des personnes en situation de handicap mental.
Un timbre à son éfigie au Paraguay
Michela Figini sert un deuxième cappuccino. Sur la table se trouvent sa combinaison de course rose et noire, le dossard No 5 et une médaille d'or: des souvenirs de sa victoire olympique en descente en 1984 à Sarajevo, où elle a conquis le cœur des fans de ski alors qu'elle n'était qu'une adolescente de 17 ans. Trois pièces pour le musée du sport? «Oh, je vais peut-être les exposer dans un coin à l'arrière», sourit la joyeuse femme. Autrefois, elle avait un faible pour l'icône du ski suédois Ingemar Stenmark.
«C'était mon modèle. Son poster était accroché dans ma chambre d'enfant!» Le portrait de Michela Figini est également très populaire. Ainsi, la poste du Paraguay a imprimé Michela Figini en position de schuss sur un timbre spécial en 1987. Il y a un an, La Poste et Swiss-Ski ont émis un crypto-timbre en l'honneur de la Tessinoise. Il fait partie d'une collection qui rend hommage à onze icones suisses des sports de neige, montées sur la plus haute marche du podium aussi bien au classement général de la Coupe du monde qu'aux Jeux olympiques et aux championnats du monde.
Photo avec Maradona
En 2020, Michela Figini a dû faire face à de fortes émotions lorsqu'elle est retournée à Sarajevo pour un documentaire de RSI Sport. Aux commandes de l'avion Cirrus se trouvait Dominique Gisin. Trente ans après Michela Figini, elle a, elle aussi, remporté l'or olympique en descente, en 2014 à Sotchi. «J'ai soutenu Dominique en tant que copilote. Le vol s'est déroulé tranquillement et était magnifique.»
Huit globes de cristal ornent également le palmarès de Michela Figini, qui s'est retirée à l'âge d'à peine 24 ans, à la suite de différends avec l'entraîneur en chef de l'époque, Jan Tischhauser. Les trophées prennent encore la poussière dans une caisse. «Je porte ces trophées dans mon cœur», déclare la skieuse qui a grandi à Prato, dans le district de la Léventine.
Ce n'est donc pas grave si elle ne retrouve pas la photo avec l'idole du football Diego Maradona, car le souvenir est vivant: Michela Figini a rencontré l'Argentin en août 1989 lors d'une course de Coupe du monde à Las Leñas, en Argentine. «Maradona profitait d'un dîner avec sa famille dans le même hôtel que nous. Je suis allée à sa table. Mais je ne sais plus de quoi nous avons parlé», raconte Michela Figini.