Sept médailles d’or, deux d’argent et six de bronze. C’est la marque que les athlètes suisses auront dans le viseur lors des Jeux olympiques de Milan-Cortina. En Chine voici quatre ans, la délégation à croix blanche avait réalisé des joutes phénoménales pour un total record de 15 breloques autour du cou. Et cette année? Il va sans dire que les regards seront braqués sur les pistes de ski alpin masculin et féminin. Mais pas uniquement. Nous avons fait un petit tour d’horizon des principales chances de médailles pour les sportifs sélectionnés par Swiss Olympic.
Les majestueuses Dolomites se profilent à travers les anneaux olympiques qui se dressent à Cortina d’Ampezzo. La station italienne mondialement connue a déjà hébergé les Jeux en 1956 et accueille cette année les épreuves féminines de ski alpin, le bobsleigh et le curling.
Ski alpin masculin: 99,9%
Il ne faut pas se leurrer et partir dans de la fausse modestie. Si le ski alpin masculin ne ramenait aucune médaille de son aventure à Bormio, ce serait une immense déception. Pour vous donner un ordre d’idée: entre le premier géant de la saison à Sölden et la descente de Kitzbühel, au moins un représentant suisse est monté sur le podium lors de 16 des 24 courses de Coupe du monde. Forcément, tous les yeux seront rivés sur Marco Odermatt. Le Nidwaldien est déjà l’un des meilleurs skieurs de l’histoire et, aux Jeux olympiques, il pourrait encore davantage asseoir sa légende en remportant l’or dans une, deux, trois, voire quatre disciplines. Avec le titre en géant qu’il a déjà ramené de Pékin en 2022, cela ne ferait pas tache dans sa collection. Les Romands auront également l’occasion de briller sur les pentes italiennes. Vainqueur de la descente sur la Stelvio en 2024, le Fribourgeois Alexis Monney fera partie des favoris. Très régulier, le Valaisan Loïc Meillard sera également à suivre.
Ski alpin féminin: 66%
La blessure de Lara Gut-Behrami en tout début de saison a mis un coup à la tête du ski alpin féminin. La Tessinoise, qui avait annoncé sa retraite à la fin de la saison, voulait briller une dernière fois sur la piste de Cortina qu’elle adore tant. Une grave chute à l’entraînement en a décidé autrement. Les espoirs suisses de décrocher des médailles se sont donc amenuisés. S’il n’y a toutefois qu’un seul nom à retenir dans le camp de la délégation à croix blanche, c’est celui de Camille Rast. La Valaisanne de 26 ans a explosé il y a quelques mois et est même devenue championne du monde de slalom en février 2025, à Saalbach. Cette année, elle est déjà montée à huit reprises sur un podium de Coupe du monde. En plus du slalom, la skieuse de Vétroz s’est également révélée en géant. Tous les espoirs du ski alpin féminin reposeront sur ses épaules, même si Wendy Holdener sera en embuscade entre les piquets.
Ski freestyle: 85%
Si les épreuves de ski freestyle réunissent beaucoup de disciplines différentes, les yeux suisses seront particulièrement rivés sur Mathilde Gremaud. A 25 ans à peine, la Gruérienne a déjà remporté trois médailles – une de chaque métal – lors des deux dernières éditions des JO. Elle sera très attendue en slopestyle et en Big Air. Toujours du côté de Livigno, Fanny Smith va participer à ses cinquièmes Jeux olympiques en ski-cross. Déjà médaillée de bronze à deux reprises, la Vaudoise va vouloir étoffer sa collection. Une inconnue plane pourtant autour d’elle, puisqu’un mal de dos l’a contrainte à abandonner lors des épreuves de Coupe du monde à Veysonnaz. Chez les hommes, deux Suisses ont décroché les deux premières places à Pékin en 2022. Si Ryan Regez n’a pas encore goûté aux joies du podium cette saison en Coupe du monde, Alex Fiva et Tobias Baur seront à observer lors des compétitions de ski-cross.
Autres: 90%
Cette année, un sport très suisse fait son apparition aux JO: le ski-alpinisme. Et cela tombe bien, car les spécialistes helvétiques de cette discipline ont de grandes chances de briller en individuel et par équipes. Une ou plusieurs médailles sont très probables. Deux Romandes sont engagées: Marianne Fatton et Caroline Ulrich. Les équipes masculine, féminine et mixte de curling ont également un jeton à jouer lors de ces compétitions. On suivra plus particulièrement les hommes du skip genevois Yannick Schwaller et le mixte du couple formé de Briar Schwaller-Hürlimann et de Yannick Schwaller. Et puis une surprise n’est jamais à exclure. Elle pourrait provenir du patinage de vitesse (Livio Wenger) ou du snowboard avec une délégation ambitieuse comprenant notamment Jonas Hasler, Jan Scherrer, troisième aux Jeux olympiques de 2022 en half-pipe, Isabelle Lötscher et Ariane Burri.
Hockey sur glace: 25%
Les sélections masculine et féminine seront engagées sur les patinoires milanaises. Avec quelles chances pour les équipes à croix blanche? Commençons par les hommes. La tâche s’annonce extrêmement compliquée. Même si le sélectionneur national, Patrick Fischer, a pu convoquer toutes ses stars évoluant en Amérique du Nord dans la prestigieuse NHL, la concurrence s’annonce ardue. Pour faire simple, si la Suisse a probablement la meilleure équipe de son histoire, de nombreuses nations pourront en dire autant. A Milan, la Nati devra enchaîner les exploits pour avoir une chance de se mêler à la lutte pour les médailles. Possible? Oui. Probable? Pas vraiment. La sélection féminine, elle, pourrait avoir plus de chances de gratter une médaille de bronze. Si la finale devrait opposer le Canada et les Etats-Unis, l’intérêt se portera autour de la troisième place et la Suisse emmenée par la Zougoise Lara Stalder peut rêver. En 2014 à Sotchi, la sélection nationale avait d’ailleurs marqué l’histoire en terminant à la troisième place. Alors rêvons avec elles.