Les trois premières minutes du match d'Antoine Keller auraient difficilement pu plus mal se passer. Après une poignée de secondes, il s'est retrouvé sur les fesses pour arrêter un tir dans la cage vide de Kevin Fiala. Une sortie malencontreuse a failli lui coûter cher. «Ces putains de bandes, elles rebondissent comme pas possible, a-t-il pesté après la rencontre. Le puck devait glisser et au dernier moment il m'est passé entre les jambes.» Cela ne l'a pas empêché de continuer à jouer autour de son but. «J'en ai rien à faire, poursuit-il. Je n'allais pas changer ma façon de jouer, parce que c'est ultra-important que le gardien aide dans les sorties de zone.»
Peu après cette première mésaventure, le gardien du HC Ajoie devait aller chercher le puck au fond de son but sur une infériorité numérique. Après 3'06'', il a paru bien peu à son avantage sur le 2-0 de Janis Moser. Bref, le début cauchemardesque. «Ce que je me dis, c'est que le match va durer encore 57 minutes. Si l'on se concentre sur cinq minutes, c’est compliqué de réussir à haut niveau. J’ai essayé de donner le maximum pour donner une chance à l’équipe d’essayer de gagner ce match.»
Nombreux arrêts clés
Et c'est peu dire qu'il a donné une vraie chance à son équipe de gagner! Après avoir capitulé deux fois très rapidement, Antoine Keller s'est démultiplié devant son filet face aux attaques helvétiques. Les mauvaises langues diront qu'avec le HCA, il est habitué aux soirées durant lesquelles il a du travail plein la mitaine. Ce n'est évidemment pas faux. «On est tombés sur une bonne équipe, admet-il. Mais je suis assez déçu. Je prends deux buts assez moyens au début et je pense que cela aurait pu changer la dynamique si je n'encaisse pas.»
À Milan, Antoine Keller est l'un des trois gardiens sélectionnés par Yorick Treille. Il évolue avec trois autres joueurs du HC Ajoie: Pierre-Edouard Bellemare, Thomas Thiry et Kevin Bozon. «Mais on n'est pas les Ajoulots du vestiaire, précise le premier nommé. L'équipe de France est une grande famille. C'est sûr que ce début de match n'est pas optimal, mais on est restés soudés.» Antoine Keller appuie les propos de son capitaine: «Les gars étaient derrière moi tout le long, j’étais derrière eux tout le long aussi. On est une vraie équipe.»
Pour Antoine Keller, cette rencontre était spéciale à plus d'un titre. Déjà, il s'agissait évidemment de sa première rencontre sur la scène olympique. Mais c'était qui plus est face à la Suisse, nation dont il a également la nationalité. «Oui, cela me tenait à cœur parce que c'est mon autre pays, précise-t-il. Je suis très content d'avoir pu jouer contre eux. Malheureusement, cela ne s'est pas fini comme j’espérais.»
Cela ne s'est pas commencé comme il l'espérait surtout. Car par la suite, il a longtemps retardé l'échéance.