Ce mardi, la Suisse a battu l'Italie sous les yeux d'un expert avisé: Antti Törmänen. Croisé avant le match, il nous glisse se réjouir du Finlande - Suisse de mercredi soir, si tant est qu'il aura lieu. Les Helvètes devaient en effet encore battre l'Italie. Et ce match, l'ancien entraîneur de Bienne l'a commenté pour la filiale finlandaise de «HBO Max». «J'ai déjà été consultant lors des matches du Euro Hockey Tour de Zurich», nous a-t-il expliqué.
Un rôle qu'il prend très au sérieux. «Le commentateur avec qui je suis est une sommité, sourit-il. Avec lui, tu as intérêt à être bon. Moi, mon rôle c'est de donner un éclairage technique et tactique. Pas de crier sur les buts.» Cela tombe bien, l'ancien entraîneur de Bienne et Berne était un fin tacticien lorsqu'il était en poste en National League.
«Janis Moser a toujours été au-dessus du lot»
Antti Törmänen, qui vit toujours en région biennoise, est donc la meilleure personne pour nous analyser ce quart de finale des Jeux olympiques entre son pays d'origine et sa terre d'adoption. «La meilleure, je ne sais pas, mais j'ai bien ma petite idée de ce qui nous attend.» Pour lui, la Finlande devrait gagner. «Je lui donne 65 ou 70% de chances de se qualifier, estime-t-il. La Suisse a d'excellents joueurs. Mais le niveau des meilleurs finlandais est plus élevé.» Et il nomme les Mikko Rantanen, Sebastian Aho ou encore Miro Heiskanen.
«Si l'on ajoute à cela les absences de Kevin Fiala et peut-être de Denis Malgin, ce pourrait être compliqué», enchaîne-t-il. Dans les rangs suisses, Antti Törmänen connaît bien certains joueurs qu'il a coachés. Notamment la première paire de défense Roman Josi et Janis Moser. C'est d'ailleurs le Finlandais qui a donné une première fois sa chance à ce dernier en National League, lors de la saison 2017-2018. «Il a toujours été au-dessus du lot, se souvient-il. C'est un joueur intelligent et sa capacité à intégrer rapidement les consignes m'a toujours épaté.»
Il n'est donc pas surpris de le voir à évoluer à ce niveau. «Avec un joueur si jeune, tu ne peux jamais dire avec certitude qu'il va devenir un des meilleurs du monde à son poste, admet-il. Mais il avait tout pour bien faire.» Et il se rappelle d'une petite anecdote le concernant. «J'avais parlé avec les coachs de l'équipe de Suisse lorsqu'il a joué sa première saison complète avec Bienne et je leur ai dit de le prendre au Mondial. Ils m'ont regardé comme si j'avais dit une bêtise (rires). En mai, il était présent là-bas. Tout le monde a été étonné de voir à quel point il progressait jour après jour.»
«Je devais calmer Roman Josi»
Durant la saison 2012/2013, Antti Törmänen était entraîneur du CP Berne. En raison d'une grève en NHL, Roman Josi était venu disputer 26 matches sous ses ordres avant de repartir à Nashville.
Est-ce facile de coacher un tel joueur? Il rigole franchement: «Ce n'est pas vraiment difficile. Ce qui est intéressant, c'est de voir le joueur qu'il est devenu. Durant ses premiers matches à Berne, il était sans arrêt en attaque et autour du but adverse à essayer de marquer. Je devais essayer de le calmer un peu et lui dire de choisir ses moments pour prendre des risques. On ne peut pas jouer comme ça durant tout un match (rires). Mais bon, un entraîneur ne va jamais se plaindre d'avoir à diriger un élément qui cherche des solutions et veut créer du jeu.» Surtout lorsque l'on connaît l'esprit offensif et la manière dont le technicien finlandais appréhende le hockey.
Quotidien rythmé par son cancer
Mais la réalité d'Antti Törmänen ce n'est pas (plus) uniquement le hockey sur glace. Son quotidien, c'est surtout sa lutte contre un cancer de la vésicule biliaire. Un combat qu'il poursuit même en Italie. «Cela ne va pas de soi de commenter deux rencontres par jour comme je le fais maintenant, précise-t-il. Entre les matches, je vais me coucher et je tente de me reposer. Cela me prend beaucoup d'énergie. Mais je suis heureux de le faire. Cela me permet de garder un pied dans ce milieu.»
Mais il sait qu'il n'est pas sage de penser y remettre les deux pieds. Pas maintenant. «C'est un bel objectif à avoir dans un coin de la tête, précise-t-il. Mais je n'ai pas l'impression que cela va dans cette direction. Non, je suis déjà tellement heureux de pouvoir être aux Jeux olympiques en ce moment. Mon but, si je dois être réaliste, c'est de trouver un jour un petit pourcentage dans un club. Un 20 ou un 40%, ce serait déjà pas mal. Mais chaque chose en son temps.» Surtout qu'il a un Finlande - Suisse à préparer.