C’est la meilleure skieuse du monde, voire même de l’histoire. Et pourtant, à Cortina, beaucoup s’interrogent: Que se passe-t-il avec Mikaela Shiffrin? Rien du tout. Du moins rien d’inquiétant. C’est ce qu’elle affirme. C’est aussi le discours de son entourage.
«C’était une magnifique journée de ski, avec d’excellentes conditions et du soleil. Une journée dont on peut profiter», a-t-elle déclaré dimanche après sa 11e place en géant. Comme toujours, Shiffrin s’est montrée fair-play. Elle a félicité ses adversaires et n’a cherché aucune excuse. Il ne lui a pas manqué grand-chose: la course était extrêmement serrée. À peine 28 centièmes la séparaient du podium.
«Pas de traumatisme»
Mikaela Shiffrin a décroché l’or olympique en slalom en 2014, puis en géant en 2018, ainsi que l’argent en combiné. Mais elle n’a plus remporté la moindre médaille lors de ses huit dernières courses olympiques. Six échecs à Pékin en 2022, deux désormais à Cortina. Faut-il parler de traumatisme olympique?
Christian Höflehner, chef de course chez son équipementier Atomic, balaie l’idée:
«Non, il n’y a pas de traumatisme. En géant, elle n’est montée qu’une seule fois sur le podium cette saison.» C’est exact: une troisième place. En revanche, en slalom, Mikaela Shiffrin survole l’hiver. Huit courses de Coupe du monde, sept victoires et une deuxième place. Elle est la référence de la saison. Mercredi, elle s’avance donc comme la grande favorite pour l’or.
Vraiment favorite?
Pourtant, lors du slalom du combiné la semaine dernière, elle n’a signé que le 15e temps, sans faute apparente. Elle a concédé une seconde à l’Allemande Emma Aicher. Même l’Argentine Francesca Baruzzi Farriol, qui ne compte qu’un seul point en Coupe du monde dans sa carrière, s’est montrée plus rapide.
«Je ne me sentais pas vraiment à l’aise», a reconnu Mikaela Shiffrin. La piste était plate et courte — Camille Rast l’a même qualifiée de «pas digne des Jeux». À cela s’ajoutait un tracé très direct, posé par les entraîneurs autrichiens. Mikaela Shiffrin n’a jamais trouvé le bon rythme.
Mercredi, un scénario similaire n’est pas exclu. La première manche sera à nouveau tracée par un Autrichien: Klaus Mayrhofer, ancien entraîneur de Wendy Holdener. Optera-t-il encore pour des portes rapprochées et un tracé très direct, ou choisira-t-il davantage d’intervalle? Mikaela Shiffrin espère sans doute la seconde option — tout comme Camille Rast. Sinon, la reine du slalom, forte de ses 71 victoires en Coupe du monde, pourrait repartir une nouvelle fois sans médaille olympique. Comme il y a quatre ans.