En tant qu'athlète, Vitus Lüönd s’est classé neuf fois dans les points de la Coupe du monde entre 2009 et 2013. C’est en tant qu'entraîneur que le Schwytzois a connu ses plus grands succès.
À la tête du deuxième groupe de vitesse suisse, il a façonné Franjo von Allmen et Alexis Monney pour en faire des athlètes de premier rang. Cet hiver, il a permis à Alessio Miggiano de se rapprocher de l’élite mondiale après ses belles performances à Val Gardena (5e) et Crans-Montana (8e).
Entraîneur au rôle inédit
Pendant les courses, Vitus Lüönd occupe une place peu habituelle: celle d’entraîneur dans la cabane de départ. Habituellement, un entraîneur se place sur une section du parcours, laissant le suivi des skieurs sur la ligne de départ au physio ou au préparateur physique.
Le chef des entraîneurs suisses, Tom Stauffer, a toutefois reconnu l’hiver dernier l’intérêt d’avoir un véritable entraîneur de ski sur la ligne de départ. Il a donc confié cette tâche à Vitus Lüönd. Le résultat ne s’est pas fait attendre: depuis que « Vitsch » occupe ce rôle, au moins un Suisse monte sur le podium à chaque descente de Coupe du monde et de Championnat du monde.
«Mon atout, explique Lüönd, c’est que, sauf Marco Odermatt et Justin Murisier, tous les coureurs de vitesse suisses ont fait partie de mon groupe d’entraînement. Je sais exactement qui réagit comment.»
Ainsi, il connaît parfaitement les besoins de chaque skieur avant le départ: «Franjo von Allmen veut connaître la vitesse des premiers dossards et la distance des sauts, alors que Marco ne se concentre que sur les détails techniques.»
Trois blessures fin 2024
C’est sur la piste olympique de Bormio, sur le Stelvio, que Vitus Lüönd a connu ses moments les plus éprouvants en tant qu’entraîneur. Lors des dernières courses de Coupe du monde, en fin d’année 2024, un passage particulièrement dangereux dans le dernier tiers du tracé a provoqué de graves accidents.
Après la reconnaissance, l’équipe avait élaboré une stratégie, mais lors de l’entraînement, Joshua Mettler a lourdement chuté à cet endroit et s’est déchiré les deux ligaments croisés. Lars Rösti a ensuite également effectué une sortie de piste, heureusement sans blessure grave. Le lendemain, Gino Caviezel a subi un dommage complet au genou droit après un crash en super-G.
«Après la chute de Gino, je me suis beaucoup reproché les choses, raconte Vitus Lüönd. Avant son départ, je l’avais prévenu par radio du danger avant le saut San Pietro. Pourtant, il s’est engagé à cet endroit, et j’ai eu le sentiment que j’aurais dû insister davantage.»
Lors de l’entraînement final, Franjo von Allmen a lui aussi fait frémir ses entraîneurs. Heureusement, le champion du monde de descente a pu éviter une sortie de piste.