Les curleurs suisses en bronze
Benoît Schwarz: «Après la déception, c'est un sentiment incroyable»

Le CC Genève a remporté la médaille de bronze lors des Jeux olympiques à Cortina. De quoi faire oublier la déception de l'élimination la veille à un jet de pierre de la finale.
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Photo: Getty Images
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Grégory BeaudJournaliste Blick

Jeudi soir, l'équipe de Suisse masculine a subi une immense désillusion face à la Grande-Bretagne en demi-finales du tournoi olympique. Il a fallu que leurs adversaires sortent le tout grand jeu pour se qualifier pour la finale. Un coup magistral de Bruce Mouat avait totalement tourné la rencontre.

Moins de 24 heures plus tard, les joueurs du CC Genève étaient de retour sur la glace pour tenter de gagner le bronze. Une opération rondement menée puisque les Suisses ont rapidement pris les devants avec trois points lors du premier end. Et tant pis pour le spectacle! Ils ont fini par s'imposer 9-1. Réactions de deux des quatre bronzés à l'issue de cette médaille qui panse les plaies de jeudi.

Benoît Schwarz

Photo: AFP

«C'est un sentiment incroyable. La chance d'être ici est tellement rare. Au-delà d'être un athlète olympique, je suis un fan des Jeux olympiques. C'est un événement tellement incroyable où tous les quatre ans, il y a les meilleurs athlètes de chaque sport qui veulent donner le meilleur d'eux-mêmes dans une compétition. C'est une ambiance incroyable. On travaille quatre ans pour ça. Il y a bien sûr des étapes intermédiaires, mais à la fin, tout le monde a ça en tête. Et pouvoir finir sur le podium c'est incroyable, c'est génial. Je n'ai pas d'autres mots.

Malheureusement pour eux, les Norvégiens ont fait quelques petites erreurs. On les a mis directement sous pression, comme on l'a fait dans la majorité des matches. Malheureusement, je pense que pour le public et la télé, ce n'était peut-être pas le match le plus intéressant, c'est vrai. Mais j'ai eu d'autres matches décisifs très intéressants dans ma vie. Alors celui-là, je le prends (rires). Je n'ai aucun problème avec ça.

On connaît la différence entre l'or et tout le reste. Et elle est grande. Donc la déception est tout de même immense. Hier (ndlr jeudi), c'était la plus grande défaite de ma carrière. Je pense que les trois autres diront la même chose, il faudra leur demander. Et ça fait super mal quand on était littéralement à quatre millimètres de la finale. Ça a rendu la nuit et la matinée difficiles. Aujourd'hui, c'était vraiment une journée difficile à gérer, honnêtement. Mais on sait le privilège que c'est de pouvoir jouer ce match pour gagner une médaille olympique. Encore en parlant avec ma femme, qui faisait de la natation aux Jeux olympiques, elle m'a dit: «Avoir cette chance-là, il faut réaliser que c'est incroyable. Il y a très peu d'athlètes qui ont cette chance.» C'était évident qu'on allait tout donner aujourd'hui, il n'y avait aucune question là-dessus, malgré la déception d'hier.»

Yannick Schwaller

Photo: AP

«La joie est grande. Vraiment grande. Je suis tellement heureux que l'équipe ait pu terminer avec une médaille. Nous avons travaillé si dur pendant quatre ans pour ce moment. Quand je pense au chemin parcouru, beaucoup d'images me viennent en tête, et je suis très heureux pour mes coéquipiers, pour moi et pour les coaches que nous ayons pu mener ce projet au succès. Mais il y a évidemment aussi des sentiments mitigés, parce qu'hier nous étions à quelques millimètres d'une finale olympique.

Il y avait vraiment de la joie en fin de match. Mais quand on est passé si près d'une finale olympique, beaucoup d'images, d'émotions et de pensées traversent la tête. Dans le sport, personne ne «mérite» rien, il faut aller le chercher. Mais je suis très heureux que nous l'ayons fait et que ce cri de joie soit sorti.

Après la demi-finale, personne n'a vraiment bien dormi. Avant 1h30, je ne pense pas que quelqu'un dormait vraiment, ou alors on se retournait sans cesse dans le lit. Mon «sleep score» était mauvais aujourd'hui. Mais nous nous sommes retrouvés à 10h30, nous avons parlé avec le cœur et partagé nos sentiments. Ça a aidé à se libérer l'esprit et à se reconcentrer sur un objectif commun: réussir encore une performance comme celle-là. Et nous y sommes parvenus. J'en suis extrêmement fier, que nous ayons réussi à le refaire.»

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