Voici quatre jours seulement, tout était déjà écrit. Ou presque. Quand Lindsey Vonn avait annoncé son intention de s’aligner au départ de la descente de Cortina malgré une rupture du ligament croisé, de nombreuses voix se sont élevées. Prise de risque inconsidérée? Les personnes ayant pensé cela ont eu raison après coup.
Avant cette blessure, Lindsey Vonn avait levé un coin du voile sur la nature de sa blessure. «Je me suis déchiré le ligament croisé lors de ma chute à Crans-Montana», avait-t-elle confié. Sur Twitter (nouvellement X), face aux scepticisme de certains médecins, elle avait confirmé que son ligament était à 100% rompu. «Mon ligament fonctionnait jusqu'à vendredi dernier. Ce n'est pas parce que cela te paraît impossible que c'est impossible. Et oui, mon ligament est rompu à 100%. Pas 80% ou 50%. À 100%.»
C'est dans ces conditions que la championne américaine avait décidé de prendre le risque de défier son corps pour un dernier rêve olympique, malgré le risque médical évident. Après seulement dix secondes de course, la réalité a brutalement rattrapé la fiction: Lindsey Vonn est lourdement tombée et a dû être héliportée hors de la piste.
Il avait vu juste
Avant la cérémonie d'ouverture, un médecin avait pourtant tiré la sonnette d’alarme. «Aucun médecin raisonnable ne recommanderait cela», avait affirmé Artur Trost, spécialiste reconnu en chirurgie du genou et traumatologie du sport. Son diagnostic était clair: même sans chute, skier une descente de Coupe du monde avec un ligament croisé rompu représentait un danger majeur. «Et en cas de chute, les conséquences pourraient devenir dramatiques», avait-il prophétisé.
C’est précisément le scénario que redoutait le chirurgien autrichien qui s'est réalisé ce dimanche aux alentours de midi. «Pendant la course, les muscles tendus stabilisent le genou. Mais en cas de chute, ce mécanisme cesse immédiatement de fonctionner. Cette protection disparaît», expliquait le médecin. Avec à la clé des risques allant bien au-delà du ligament déjà touché: lésions supplémentaires, atteintes du cartilage, voire fractures du plateau tibial.
Sur la piste Olimpia delle Tofane, Lindsey Vonn pensait pouvoir s’appuyer sur son immense expérience et sa connaissance parfaite du tracé, qu’elle a dompté à treize reprises dans sa carrière. Mais en descente, la maîtrise ne protège pas de tout. Une compression, un appui mal négocié, une fraction de seconde d’instabilité: il n’en faut pas plus pour que la machine s’emballe. Et malheureusement, la prédiction alarmiste d'Artur Trost s'est réalisée.