800 kilomètres dans le brouillard
La folle histoire derrière la médaille de Gregor Deschwanden

Gregor Deschwanden doit sa médaille de bronze olympique à son service-man. Celui-ci a roulé des heures en voiture par mauvais temps pour que le Suisse ait des skis parfaits aux pieds.
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Gregor Deschwanden l'a fait. Le Suisse a décroché sa première médaille olympique.
Photo: Keystone
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Nicola Abt

Le service-man Björn Schneider préfère se tenir à l'écart. C'est dans son box, entouré de skis et d'innombrables boîtes de cirage, qu'il se sent le mieux. Mais dans le conte de fées olympique de Gregor Deschwanden, il a joué un rôle si décisif qu'il a pour une fois sa place sous les feux de la rampe.

En effet, après le premier entraînement à Predazzo, une certaine fébrilité s'est brièvement emparée de l'équipe suisse. L'entraîneur Martin Künzle a appelé Björn Schneider pour savoir si une certaine paire de skis était disponible sur place.

L'Allemand a dû le décevoir. «Elle est chez moi. On ne peut pas toujours emporter chaque paire avec nous», a-t-il répondu. L'affaire aurait pu être réglée. Mais Björn Schneider est différent.

Les Suisses sont les rois de la vitesse

Le jour même, le service-man a pris sa voiture et est parti en direction de l'Allemagne. Un aller-retour de 800 petits kilomètres. La pluie, le brouillard et les embouteillages sont venus compliquer les choses. «C'était un voyage difficile», avoue-t-il. De temps en temps, il a fait une courte pause. Trois heures de sommeil ont suffi, puis il a repris la route. Tout ça pour une paire de skis.

Pourquoi tout cet effort? «Ce modèle était construit un peu différemment», souligne-t-il. Björn Schneider n'en dit pas plus. Il a appris son métier en ski de fond et garde pour lui les recettes de son succès. «C'est top secret!» Quoi qu'il fasse, cela semble fonctionner.

Personne n'a foncé sur le tremplin aussi vite que Felix Trunz et Gregor Deschwanden. Le leader de l'équipe suisse a vogué vers le record du tremplin avec ses nouveaux skis aux pieds. Le trajet en voiture de nuit, le manque de sommeil et la fatigue étaient oubliés. «Je suis tout simplement aux anges», souriait son service-man.

L'entraîneur en veut encore plus

Lorsque la médaille de bronze a été confirmée, même Björn Schneider, d'habitude en contrôle, a perdu brièvement son sang-froid. «J'ai eu les larmes aux yeux. C'était un moment incroyable. C'est bien de voir que nous avons été récompensés pour notre travail.» Puis il enchaîne avec un sourire: «Maintenant, il y aura sûrement une petite bière.» 

L'entraîneur en chef Bine Norcic a lui aussi dû fêter un peu plus tard. Le Slovène a embrassé tous ceux qui sont à portée de main. «Nous allons aussi décrocher une médaille sur le grand tremplin», promet-il. Les Suisses ont en tout cas le matériel adéquat pour cela.

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