Steve Dreyfus
La vidéo en hockey? L'évolution bienvenue

Ancien officiel de National League, Steve Dreyfus va analyser durant toute la saison les thématiques liées à l'arbitrage. Pour sa première chronique, il revient sur une évolution majeure de cet exercice 2022-2023: le recours étendu à la vidéo.
Publié: 20.09.2022 à 16:13 heures
Cette saison, les arbitres de National League ont un outil supplémentaire à disposition: le recours étendu à la vidéo.
Steve Dreyfus

Depuis le début de la saison, vous l’avez probablement remarqué, les arbitres ont une nouvelle situation de jeu qu’ils peuvent juger en consultant les images vidéo. Pour la première fois dans l’histoire du hockey suisse, les directeurs de jeu ont accès aux images vidéo afin de se prononcer sur une autre thématique qu’une action menant à un but.

Ce n’était pas le cas auparavant et les effets se sont rapidement vus puisque plusieurs scènes ont déjà été visionnées ce week-end, notamment la pénalité de match infligée à Robin Grossmann (Bienne) vendredi face à Lausanne ou à Brandon McMillan (Ambri) le même soir contre Fribourg Gottéron.

Concrètement, comment cela se passe-t-il? Désormais, les arbitres sont tenus de vérifier à l’aide de la vidéo les pénalités majeures prononcées sur la glace afin de confirmer ou de modifier la pénalité. Une fois les images vidéo consultées, les possibilités suivantes s’offrent aux arbitres:

(I) confirmation de la pénalité majeure

(II) réduction de la pénalité majeure en une pénalité moins sévère.

Précisons qu’une annulation pure et simple de la pénalité n’est pas une option à disposition du corps arbitral.

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Il y a également une subtilité qui permet aux directeurs de jeu de consulter la vidéo pour une crosse haute (2’+2’). Dans ce cas précis, soit la double pénalité mineure est confirmée, soit la pénalité est totalement annulée.

Comme souvent, c’est la NHL qui a montré la voie à suivre. Cette nouvelle avancée technologique a ensuite traversé l’Atlantique durant l’été et a été appliquée dès le tour régulier de cette saison. De mon point de vue, il s’agit là d’un outil bienvenu et totalement adapté à l’évolution de ce sport. En effet, la rapidité du jeu, les différents angles de vues, mais aussi la proximité avec l’action ne permettent pas systématiquement de prendre la meilleure décision, immédiatement et avec certitude.

Et pour les arbitres, il y a un avantage non négligeable: la possibilité d’échanger avec son collègue lors du visionnage des images. Ce que cela apporte? Cela permet de tendre vers une meilleure uniformité de la ligne de pénalité.

Un dernier point concerne la multiplication des arrêts de jeu. Pour moi, ce n’est pas un problème. En effet, le hockey étant un sport rythmé par des engagements et dans lequel la vidéo fait partie du paysage depuis de nombreuses saisons, ce changement amènera une évolution positive (et non une révolution). Le «produit hockey sur glace» n’en sera que plus intéressant pour le (télé)spectateur.

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Steve Dreyfus n’a que 29 ans, mais il a déjà vécu plus de choses que bien des gens en fin de carrière. Ancien juge de ligne en National League, il a décidé de faire un pas de côté pour entamer une nouvelle carrière d’arbitre principal. Ce nouveau défi va commencer à compter de cette saison déjà. En marge, le banquier participe également au développement du hockey 3x3, dont il était le responsable lors des Jeux olympiques de la Jeunesse en 2020 à Lausanne. Pendant la saison dernière, le Vaudois avait déjà participé à différentes chroniques pour Blick sur la thématique de l’arbitrage.

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