Après huit ans dans l’ombre, Michael Liniger se retrouve pour la première fois sous les projecteurs en tant que coach principal du EV Zoug. Et pour sa première saison, rien ne lui est épargné. Son équipe n’a encore jamais enchaîné trois victoires consécutives. Plusieurs cadres sont loin de leur meilleur niveau. Les attentes, élevées après les titres récents, ne sont pas comblées. La constance fait défaut, tandis que les blessures s’accumulent.
Débuts compilqués
À 46 ans, l’Emmentalois aurait sans doute imaginé des débuts plus sereins. Mais fidèle à sa philosophie, il avait anticipé les périodes difficiles en allant chercher de l’inspiration ailleurs. «J’aime m’inspirer d’autres domaines professionnels. On peut apprendre beaucoup de la manière dont d’autres gèrent des situations de pression», explique-t-il.
C’est ainsi qu’il a assisté à plusieurs opérations menées par un ami chirurgien. «Chez eux, on parle rapidement de vie ou de mort. La tolérance à l’erreur est quasiment nulle. Comment gère-t-on cela mentalement?» Ce qui l’a marqué, c’est l’équilibre entre décontraction apparente et concentration absolue. «Dès que la situation devenait délicate, tout le monde était focalisé.» Il retient aussi la clarté des consignes, notamment lorsque de nouveaux instruments sont requis.
Même démarche dans le cockpit d’un avion, où Liniger a pu observer le travail des pilotes. «Avant le décollage, on passe en revue une check-list et différents scénarios possibles. Le but est d’être prêt si quelque chose survient et de pouvoir suivre un plan». Une approche qu’il a tenté de transposer au hockey. «Mais je n’ai pas tout prévu», reconnaît-il.
Nombreux absents
La réalité l’a rapidement rattrapé. En début de saison, Zoug a dû composer avec les absences prolongées de Raphael Diaz, Lukas Bengtsson, Lino Martschini et Daniel Vozenilek. «C’était une vraie catastrophe. J’avais imaginé plusieurs scénarios, mais pas autant d’absences en même temps». Malgré tout, l’équipe a toujours su se relever après ses passages à vide. Rester engluée en milieu de tableau correspond toutefois à la logique d’un tel contexte.
Plus la fin du tour qualificatif approche, plus la pression se fait sentir. «Maintenant, seuls les points comptent», admet-il. Pour y faire face, Liniger tente de se concentrer sur ce qu’il peut maîtriser: le travail quotidien. Son prédécesseur l’y a bien préparé. Sous Dan Tangnes, il est devenu le cinquième assistant à accéder au poste de coach principal. Et lorsqu’il entraînait les GCK Lions en Swiss League, il avait décliné des offres de Langnau et de Kloten, estimant ne pas être prêt. Il l’est aujourd’hui.
Reste un paradoxe: la demi-finale de Champions Hockey League face au champion suédois Luleå, qui surgit au cœur de la crise ce mardi soir. Une menace et une opportunité à la fois. «Les joueurs ont travaillé dur pour en arriver là. Mais la tâche est herculéenne», prévient Liniger. Dans un quotidien agité, cette campagne européenne pourrait bien servir de soupape. Ou de révélateur.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | HC Davos | 40 | 47 | 84 | |
2 | HC Fribourg-Gottéron | 40 | 34 | 74 | |
3 | Genève-Servette HC | 40 | 7 | 70 | |
4 | Lausanne HC | 40 | 22 | 68 | |
5 | HC Lugano | 38 | 26 | 66 | |
6 | ZSC Lions | 39 | 21 | 66 | |
7 | Rapperswil-Jona Lakers | 39 | -8 | 62 | |
8 | EV Zoug | 38 | -9 | 58 | |
9 | SCL Tigers | 39 | 4 | 54 | |
10 | SC Berne | 39 | -11 | 51 | |
11 | EHC Bienne | 39 | -16 | 49 | |
12 | EHC Kloten | 39 | -20 | 46 | |
13 | HC Ambri-Piotta | 39 | -36 | 45 | |
14 | HC Ajoie | 39 | -61 | 29 |