Léonardo Fuhrer en renfort à Lausanne
«J'ai encore en mémoire l'ambiance de l'ancien Malley»

Après avoir terminé la saison du côté de Martigny, Léonardo Fuhrer a débarqué à Lausanne en tant que renfort jusqu'au terme du championnat. Ce retour sur les bords du Léman lui rappelle de bons souvenirs datant du début des années 2000.
Publié: 16.02.2024 à 10:00 heures
Léonardo Fuhrer est de retour à Lausanne.
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Grégory BeaudJournaliste Blick

«Je ne suis honnêtement pas très à l'aise de parler de ce qui est s'est passé avec mon père il y a plus de 20 ans.» Au début de l'interview, Léonardo Fuhrer met les choses au point concernant le passage de son père, Riccardo, à Malley. Cela tombe bien, ce n'est pas le but de cette discussion. «Tant mieux», sourit l'attaquant débarqué à la Vaudoise aréna la semaine dernière, quelques jours après l'élimination de Martigny dans la course aux play-off de Swiss League.

Le but de l'interview? Découvrir celui qui arrive sous le maillot du Lausanne HC comme joker. Et, forcément, parler de ses souvenirs d'enfant, lui qui a écumé les couloirs de Malley au début des années 2000. Né en 1993, il avait à peine dix ans lorsqu'il découvrait cet univers dans le sillage de son entraîneur de père. «Je pense que j'étais toujours dans les pieds des gens qui essayaient de travailler, rigole-t-il. Je me souviens bien de la patinoire de Malley. J'ai encore en mémoire l'ambiance qui y régnait. Et forcément, je garde des souvenirs de la promotion acquise au terme de la première saison de mon père à Lausanne.»

C'était en 2001 et le jeune Léonardo Fuhrer avait huit ans. «Pour tout dire, je me souviens que je ne comprenais pas vraiment ce qui était en train de se passer. Tout le monde était heureux et faisait la fête. J'étais juste content d'être présent. Je ne me rendais pas compte de l'exploit réalisé.»

Une scène marquante

Des joueurs ayant acquis cette promotion, il avoue ne pas avoir de souvenirs très forts. À l'époque, les leaders s'appelaient Beat Kindler, Dimitri Shamolin, Serge Poudrier ou encore Maxime Lapointe. Mais plus que les noms, une scène revient en mémoire de Léonardo Fuhrer. «Un Lausannois a terminé la tête la première contre le coin du but adverse, narre-t-il. À l'époque, ils étaient plus carrés qu'aujourd'hui et je me souviens l'avoir vu perdre beaucoup de sang. Après le match, je suis allé pleurer dans le bureau de mon père. J'avais très peur pour lui.»

Tout s'était finalement bien terminé pour l'infortuné dont l'actuel joueur du LHC ne connaît plus le nom. «J'étais allé le trouver dans le vestiaire et il a pu me rassurer. Je pense que j'en ai profité pour ramasser une canne cassée au passage. J'en avais beaucoup à l'époque (rires).» À force d'évoquer cette période désormais lointaine, il s'ouvre. «J'ai une autre image qui me revient, poursuit-il. Comme nous venions souvent très tôt à la patinoire avant les matches ou avant les entraînements, je passais de nombreuses heures au restaurant de la patinoire à jouer avec ma maman à des jeux.»

Mais, surtout, Léonardo Fuhrer avait aussi le droit à des moments privilégiés sur la glace. «Lorsque l'entraînement était facultatif, je pouvais aller patiner sur une moitié de glace pendant que les joueurs de la première équipe étaient de l'autre côté. Et quand ils avaient usé leur partie, ils me chassaient et j'avais la glace pourrie (rires). Ce sont de jolis souvenirs.»

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Important pour son avenir

Sûrement qu'à l'époque, il se voyait un jour porter le maillot avec un Lion. C'est à présent chose faite même s'il n'a pas encore effectué ses débuts en National League avec le Lausanne HC. «Même si ces petits souvenirs sont chouettes, c'est essentiellement important pour moi d'être dans le moment présent, précise-t-il. J'ai une chance à saisir et je suis conscient que je dois être à la hauteur.»

Après une très belle saison en Valais, Léonardo Fuhrer est encore incertain quant à son avenir. «C'est encore ouvert», détaille-t-il. Il sait aussi qu'une partie de son avenir peut se jouer durant ces quelques semaines du côté de la Vaudoise aréna. «Entre la Swiss league et la National League, je sens une grosse différence, analyse-t-il. Ici, les joueurs sont tous plus grands et plus forts. Tout va un peu plus vite. Mais c'est surtout bien pour moi. De m'entraîner dans cet environnement, cela me permet de prendre confiance et de voir que j'arrive à suivre.»

Il avoue avoir eu besoin d'un ou deux jours pour s'adapter à ces nouvelles conditions de jeu. «Mais aujourd'hui, je me sens bien, se réjouit-il. Les entraîneurs m'ont déjà donné deux ou trois conseils et m'ont fait des remarques. Cela m'a beaucoup aidé à m'acclimater.»

À 30 ans, il sait que c'est peut-être l'une de ses dernières chances de se montrer à ce niveau. Buteur très adroit à l'étage inférieur, Léonardo Fuhrer vient de terminer une saison record avec 33 réussites. En carrière, il n'a toujours pas trouvé le chemin des filets «en haut». Il faut dire qu'il n'a eu que 12 matches pour prouver sa valeur. C'était lors de la saison 2018-2019 à Rapperswil. Cette fois-ci, il espère que l'ascenseur ne va pas repartir aussi vite.

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