Fribourg Gottéron a nommé Gerd Zenhäusern
«Avant 13h30 ce lundi, je ne savais rien»

Lundi, Fribourg Gottéron a nommé Gerd Zenhäusern comme successeur de Christian Dubé au poste de directeur sportif. L'actuel assistant revient sur ce nouveau rôle et sur l'ambigüité liée à sa relation avec son ancien chef et nouveau subordonné.
Publié: 21.11.2023 à 07:05 heures
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Dernière mise à jour: 21.11.2023 à 08:14 heures
Gerd Zenhäusern connaît la maison Gottéron comme sa poche.
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Grégory BeaudJournaliste Blick

Assistant de Christian Dubé depuis deux saisons et demi, Gerd Zenhäusern a été nommé directeur sportif de Fribourg Gottéron à compter du 1er mars prochain. Le Valaisan, qui a bientôt occupé tous les postes dans l'organisation fribourgeoise, est revenu sur cette nomination et les émotions que cela lui procure.

Gerd Zenhäusern, es-tu l'homme le plus demandé du canton ce lundi?
(rires) Pas loin, oui. J'ai reçu un nombre incalculable d'appels, de messages et de sollicitations.

Tu as appris quand la bonne nouvelle?
Pas beaucoup avant toi. Ce matin, John Gobbi (ndlr le CEO) m'a demandé si j'étais libre à 13h30. Je lui ai dit que j'avais une séance. Mais apparemment le président voulait me voir donc je me suis libéré. Je savais que ce serait pour me faire une annonce. Je ne savais pas si elle allait être positive ou négative. Et puis ils m'ont dit que j'avais été choisi.

Tu es entré avec quel état d'esprit dans le bureau pour cette rencontre? Nerveux?
Pour tout te dire, je l'étais bien plus lorsque j'ai fait la présentation de ma vision au Conseil d'administration que pour ce meeting. Une fois que j'avais pu leur donner ma vision pour Fribourg Gottéron, j'étais comme soulagé. Je savais que j'avais fait ce qu'il fallait pour les convaincre. Le reste n'était plus entre mes mains. Je pense que j'étais bien préparé. Pour le rendez-vous de ce lundi, j'étais un peu nerveux. Forcément. Mais beaucoup moins.

Finalement, ce processus de plusieurs mois débouche sur l'engagement de l'assistant de Christian Dubé. Tu l'as vécu comment? Comme un désaveu dans un premier temps?
Je ne me suis jamais trop posé la question en ces termes. Je ne me suis pas demandé si cette démarche était contre mon dossier. Moi, j'ai été très clair dès le début. J'ai officialisé ma candidature. C'est finalement comme n'importe quel autre poste dans le privé. J'ai plutôt pris cela comme un moyen pour moi de sortir la tête du guidon. De me poser un instant et de réfléchir au fil rouge que je vois pour le club. C'était assez bénéfique. Certains m'ont dit que le club aurait dû me nommer directement pour me prouver sa confiance. Mais cela n'a jamais été un souci pour moi.

Tu les as convaincus lors de cette présentation. Tu as fait comment?
Je n'ai pas de secret. J'ai expliqué ma vision. En un sens, je n'ai pas voulu tout révolutionner. C'est une volonté de continuité de ce que Christian a fait depuis son arrivée et de ce qu’on a pu faire depuis deux ans et demi et mon arrivée. Le fait que je connaisse la maison par cœur a sûrement dû les rassurer. Ils savent que j'ai une vision dans le détail de tout ce qui se passe à l'interne. Je vois également où le club doit faire des progrès et peut encore évoluer. Cela a probablement rendu ma candidature intéressante.

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Et ta vision, c'est quoi?
Fribourg Gottéron ne doit pas se cacher. Le but est d'aller chercher ce titre même si c'est une tâche forcément compliquée. Cela passe par une préparation optimale et une capacité à exploiter une fenêtre d'opportunité. Aujourd'hui, elle est ouverte. Nous voulons améliorer l'équipe pour être un prétendant. En un sens, c'est pour cela que je parle de continuité. Nous avons connu un coup d'arrêt la saison dernière et nous avons corrigé certaines choses. Je n'oublie pas non plus qu'un an auparavant, nous avions vécu une bonne saison avec une demi-finale. C'est aussi dans ce sens que c'est important d'avoir un certain suivi.

Tu étais l'assistant de Christian Dubé et va devenir son supérieur. Tu as parlé avec lui de cette situation très étrange?
On en a discuté bien sûr. Nous l'avons fait dès le moment où j'ai posé ma candidature. Il m’a dit qu’il était à disposition pour m’aider si j'avais des questions et qu'il était favorable à mon dossier. On s’est dit les choses très franchement. C'était clair que si j'étais choisi je serais son chef. Et il a aucun souci à l'accepter. Lorsqu'il a choisi la casquette d'entraîneur, il savait que quelqu'un allait débarquer pour être son supérieur.

Gerd Zenhäusern (à g.) et Christian Dubé

Mais ça reste spécial, non?
Oui, je comprends. Et en même temps, nous avons une collaboration qui dure depuis longtemps. Nous nous connaissons très bien. Je ne vois honnêtement pas de souci. Les choses sont claires et tout le monde sait que si une décision doit être prise sur un joueur, sur l'avenir ou je ne sais quoi, ce sera ma responsabilité. J'aurai le dernier mot là-dessus et cela fait partie du business. Comme je n'avais plus de contrat au-delà de cette saison, je savais en posant ma candidature qu'il n'y avait que deux options: soit prendre ce poste et accepter cette situation ou tourner la page Fribourg Gottéron.

Et ce lundi à 13h30, tu as su dans quel sens ta vie à court et moyen terme allait tourner. C'est étrange comme sentiment?
Cela va vite, oui. Mais en même temps, je me suis bien préparé mentalement. Je ne cherchais aucun autre poste ailleurs et je n'avais pas de plan B. J'étais positif est confiant dans mes chances d'être choisi et je ne me concentrais que sur cela.

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Joueur, entraîneur, responsable des juniors, directeur sportif assistant et désormais directeur sportif. À part président et gardien, tu as tout fait à Fribourg non?
(rires) Il y a peut-être encore tenir les buvettes.

Tu entres en fonction le 1er mars prochain. Concrètement, il va se passer quoi d'ici là?
Je pense qu'il y aura une transition en douceur. Comme pour la suite, les choses sont claires pour le présent. Christian a son mandat et je suis son assistant. Il y aura une passation des dossiers qui sera probablement plus simple puisque je suis déjà présent à l'interne. S'il a envie de relâcher la pression du côté de la direction sportive, je serai là pour l'épauler. Le fait que l'équipe soit déjà quasi complète, c'est également plus facile. Nous analyserons les choses au terme de cette saison et aurons des discussions sur la suite.

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