Daniel Winnik compte revenir plus fort
«Quand j'ai senti craquer, j'ai cru que ma carrière était terminée»

Daniel Winnik devait jouer la Coupe Spengler avec le Team Canada. Blessé en championnat avec Genève-Servette, l'attaquant a tenu à être présent à Davos malgré les béquilles.
Publié: 28.12.2023 à 09:29 heures
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Dernière mise à jour: 28.12.2023 à 10:48 heures
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Daniel Winnik est à Davos pour soutenir le Team Canada.
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Grégory BeaudJournaliste Blick

Daniel Winnik aurait préféré n'amener qu'une seule canne avec lui à Davos. Mais une blessure au genou gauche l'a forcé à en emporter deux et à renoncer à la Coupe Spengler. Blessé à Ambri voici une semaine, il a dû tirer un trait sur une quatrième participation avec le Team Canada malgré une convocation reçue un mois plus tôt. «Mais cela aurait pu être bien pire, nous a-t-il confié en marge du tournoi. Honnêtement, quand j'ai senti craquer, j'ai cru que ma carrière était terminée.»

Ambri - Genève: La blessure de Daniel Winnik au Tessin(00:26)

Visiblement ému de parler de sa situation, il est revenu sur cet accident qui va le laisser immobilisé durant 6 à 8 semaines. «J'ai senti trois 'pop' simultanés, se souvient-il. C'est la première fois que je me blessais de la sorte et je ne savais pas ce qu'il en était. Mais j'ai tout de suite senti une grosse douleur. J'avais l'impression que mon genou était foutu. C'était gonflé et j'ai dû rentrer ainsi jusqu'à Genève. Le voyage en bus d'Ambri jusqu'à Genève était horrible.» Déjà long en temps réel, le trajet s'est transformé en expédition avec un genou enflant à vue d'œil.

«Cela m'aide à guérir»

Après une courte nuit d'incertitude, il a passé des examens le lendemain matin à Genève. L'IRM l'a tout de même un peu rassuré puisqu'il ne va manquer «que» 6 à 8 semaines. «Pour le moment, je ne peux rien faire d'autre qu'attendre, détaille-t-il. Rien que de toucher mon genou me fait mal. C'est assez pénible.» Pourtant, le Canadien déambule dans la patinoire davosienne et accepte même de faire un tour sur la glace pour prendre une photo. «Je commence à m'habituer, sourit-il. Je dois y aller doucement et tout va bien.»

Cette présence à Davos n'a jamais été remise en question par sa situation. «Ma femme et mes enfants sont là ainsi que ma famille qui est venue du Canada, remarque-t-il. C'était prévu de longue date et je n'ai pas eu envie d'annuler cela après avoir déjà dû mettre de côté une bonne partie de ma saison.» Alors Daniel Winnik se met au service de l'équipe. Comme sur la glace, en somme. «Être présent dans cet environnement m'aide à guérir, assure-t-il. Mentalement, je suis passé par des moments difficiles, car c'est la première fois que je dois faire face à une telle blessure.

L'accord de Joe Thornton

À peine sa jambe immobilisée, il a pris contact avec Joe Thornton, son ancien coéquipier à San Jose et manager général du Team Canada. «C'était un gros coup au moral. Je lui ai expliqué que je m'étais fait quelque chose au genou et que je ne pourrais pas jouer. Mais je lui ai dit à quel point j'aimais représenter mon pays et que je voulais faire quelque chose pour aider l'équipe.»

Malgré les circonstances, son état d'esprit semble très bon et il se sert d'une phrase d'un ami pour se donner du courage. «Il m'a dit que cette blessure n'était pas quelque chose contre moi, mais pour moi, détaille-t-il. Je dois utiliser cela en ma faveur. Et comme je pense déjà à la suite de ma carrière et que le coaching m'intéresse, je fais une sorte de stage durant la Coupe Spengler avec le Team Canada (rires).» Pendant les matches, le «stagiaire» Daniel Winnik n'est évidemment pas sur le banc. «Je suis au sommet de la tribune et je regarde si je peux transmettre des informations au staff sur certains ajustements.»

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Le 20 février en tête

Joueur très émotif sur la glace, il apprend aussi à se tempérer dans ce rôle différent. «C'est une bonne chose pour moi», sourit-il. Va-t-il proposer ses services à Jan Cadieux pour l'épauler à la bande de Genève-Servette ces prochaines semaines pour passer le temps? «Je n'en ai pas encore parlé. Mais c'est peut-être difficile de passer d'un rôle à l'autre au cours de la même saison.»

Ce d'autant plus qu'il n'a pas prévu de raccrocher les patins tout de suite. Il a même déjà encerclé une date sur son agenda pour son retour à la compétition. «La finale de la Champions League coïncide plus ou moins avec l'estimation de mon retour au jeu, précise-t-il. C'est l'objectif que je me suis fixé.» Genève-Servette devra encore passer l'écueil du Lukko Rauma en demi-finale avant de pouvoir y penser. Mais Daniel Winnik, lui, ne pense qu'à ce 20 février. En espérant que ses coéquipiers lui fassent ce cadeau.


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