Commentaire de Grégory Beaud
HC Bienne: On ne résoudra jamais l'énigme Matikainen

Les dirigeants du HC Bienne ont mis un terme à l'expérience Petri Matikainen. Débarqué l'été dernier, le Finlandais n'a jamais convaincu. Une décision logique.
Publié: 25.02.2024 à 20:27 heures
|
Dernière mise à jour: 25.02.2024 à 21:04 heures
La patte Petri Matikainen n'a jamais pris
Blick_Gregory_Beaud.png
Grégory BeaudJournaliste Blick

Interviewer Petri Matikainen est une expérience. Mi-possédé, mi-perdu dans ses pensées, le désormais ex-entraîneur finlandais du HC Bienne peinait à faire passer son message, même auprès des journalistes. Et de toutes les indiscrétions en provenance de la Tissot Arena - les murs de la patinoire ont des oreilles -, ce n'était pas franchement plus limpide à l'intérieur du vestiaire. Loin s'en faut, même.

On le savait: lorsqu'il a été nommé pour prendre la succession d'Antti Törmänen, Petri Matikainen s'est assis sur un siège éjectable. On ne peut pas remplacer l'entraîneur à succès sur le banc du HC Bienne et encore moins dans les cœurs seelandais. «Je dois mettre ma patte sur ce HC Bienne», me confiait-il avant la saison. Fraîchement débarqué dans le Seeland, il voulait tirer un trait sur le passé du club plutôt que de s'en servir.

Le jour où il a mis un pied aux fesses de son prédécesseur - au sens figuré - pour lui signifier que sa présence était indésirable, il a probablement perdu gros. C'était une grave erreur qui, au final, lui a coûté son job. Si l'on ajoute cela plusieurs relations tumultueuses avec des joueurs majeurs (Künzle et Olofsson pour ne citer qu'eux), on ne peut décemment pas parler de transition en douceur.

Le passage de l'ancien technicien de Klagenfurt dans le Seeland va longtemps demeurer une énigme insoluble. Les raisons de ce fiasco sont multiples: communication défaillante, méthodes archaïques, succession trop lourde à porter... Cette saison compliquée n'est pas uniquement de la faute de Petri Matikainen, ce serait trop facile de n'accabler qu'un seul homme.

Mais au moment où il a été engagé, plusieurs fins observateurs du hockey finlandais ont ri sous cape lorsque le nom de «l'anti-Antti» a été annoncé. Homme aux méthodes parfois fantaisistes, il n'a jamais su imposer sa patte. Était-ce vraiment possible? Assurément. Mais en n'utilisant pas la méthode forte. En voulant tout chambouler, Petri Matikainen n'a pas donné une chance au processus de s'effectuer.

Et ce licenciement n'est qu'une conséquence logique qui aurait probablement dû intervenir plus tôt dans la saison. Mais on ne peut pas louer l'admirable patience biennoise tout en fustigeant les deux mois de perdus depuis que cette issue semblait inéluctable. Question de cohérence.

Publicité
Vous avez trouvé une erreur? Signalez-la