Bykov: La retraite attendra encore
«Durant la journée, j'ai été submergé par les émotions»

Andrei Bykov aurait pu être un jeune retraité après le septième match de la série entre Fribourg et Lugano. Il n'en est rien puisque les Dragons se sont qualifiés au terme d'une journée terriblement dure pour lui. Interview.
Publié: 29.03.2024 à 00:33 heures
|
Dernière mise à jour: 29.03.2024 à 10:06 heures
Blick_Gregory_Beaud.png
Grégory BeaudJournaliste Blick

Andrei Bykov aurait pu jouer le dernier match de sa carrière ce samedi soir. Mais la victoire de Fribourg Gottéron lors de l'acte VII des quarts de finale face à Lugano prolonge encore un peu l'aventure. Homme sensible, il est revenu sur cette journée particulière qui n'a pas coïncidé avec la fin de sa vie de hockeyeur. Interview.

Andrei, comment tu te sens après ce match?
C'était très tendu jusqu'au bout, mais on a pu compter sur des performances de choix de beaucoup de nos individualités. Sur le banc, peu importe ce qu'il se passait, tout le monde restait très positif que l'on marque ou que l'on se fasse remonter. Je suis très content.

Comment est l'ambiance dans le vestiaire? Y a-t-il une certaine forme de soulagement?

Oui, clairement. Il y a même beaucoup de soulagement, car c'était un match où on avait beaucoup de pression. Pour beaucoup de joueurs, c'était spécial pour différentes raisons.

Pour toi, principalement...
On n'en a pas beaucoup parlé. Mais c'était spécial, car on voulait le faire pour tous les gens qui nous suivent. À 18h, on a eu une très belle vidéo particulièrement émouvante avec des messages de membres de nos familles avec les amis et les enfants. C'était beaucoup, beaucoup d'émotions.

Tu arrives à expliquer comment tu as vécu cette journée? C'était possible de faire abstraction de tout le contexte?
C'était extrêmement dur. Hier (ndlr: mercredi), je m'étais mis dans une sorte de cocon de positivité. Je me suis dit que ça allait aller. J'essayais de m'en convaincre. Et ce matin, après l'entraînement, en rentrant à la maison, c'était la cata. J'ai été submergé par les émotions et par des pensées incontrôlables qui sont naturelles. C'était très difficile à gérer.

Publicité

Comment as-tu fait?
Dans pareilles situations, il faut foncer tête baissée. C'est le seul moyen de les surmonter. Mais je dois bien avouer que c'était très très difficile de jouer un septième match en sachant que j'aurais pu arrêter ma carrière droit derrière. On peut essayer de se motiver tant qu'on peut, au final, c'est cette idée que tu as dans la tête.

C'est au moment de l'arrêt incroyable de Berra à une minute de la fin que tu as su que c'était bon?
Franchement? Je n'en ai aucune idée. Je ne réalisais pas ce qui se passait. À cet instant, j'étais sur le banc, mais j'étais aussi un peu ailleurs. J'essayais de vraiment bloquer toutes les émotions. Mais du coup, je me suis retrouvé comme anesthésié. C'était très bizarre comme sensation. Je crois que c'est lorsqu'il ne restait plus qu'une seconde que je me suis dit que c'était bon (rires).

C'était l'une des soirées les plus crispantes de ta carrière?
Oui, clairement. À cause du contexte et pas à cause de l'ambiance dans la patinoire. C'était fou. Les gens ont joué le jeu, surtout après ce premier but qui a libéré pas mal de monde. On sentait la tension dans les gradins en regardant un petit peu les gens. Mais je pense que j'étais mieux à ma place à jouer ce match qu'à le regarder. Je pense que si j'étais spectateur, je serais rentré à la maison.

En fin de match, il y a eu ces quatre minutes d'infériorité numérique durant lesquelles tu as été fréquemment sur la glace. Quels étaient tes sentiments?
Aucun sentiment. Vraiment, à ce moment, je ne pense à rien. j'essaie juste de mettre de la pression, d'amener de la vitesse et d'agresser l'adversaire et d'utiliser l'énergie qui me restait. Et puis ça s'est plutôt bien passé. Mais dans l'ensemble, tout le monde a fait un excellent job à ce moment-là parce que... c'était chaud quand même (rires).

Publicité
Vous avez trouvé une erreur? Signalez-la