J'ai l'impression qu'après deux finales perdues, on a oublié à quel point c'est exceptionnel d'arriver en demi-finales. Comme si c'était devenu un acquis, pour le hockey suisse, de terminer dans le Top 4 mondial. Le sentiment général semble être que la Suisse est mûre pour le premier titre mondial de son histoire. Et cette idée n'est pas absurde.
Toujours est-il que les deux derniers Mondiaux ne doivent pas nous faire oublier une chose: la Suisse ne pourra jamais considérer comme un minimum syndical une place en finale du championnat du monde. Même lorsque celui-ci se dispute à domicile. Ce n'est pas gage du succès.
Mais ce dernier point, par contre, parle en sa faveur. Là où les autres nations vont avoir de la peine à sélectionner de nombreuses stars en raison des Jeux olympiques en février, les internationaux helvètes, eux, seront tous présents. Le niveau global de la concurrence ne sera pas aussi dense que certaines autres années.
C'est pour cette raison que je vois la Suisse terminer le tournoi avec une médaille autour du cou. Mais je ne l'imagine pas devenir championne du monde à domicile.
Déjà, remettons les choses dans leur contexte: le parcours de l'équipe de Suisse au Mondial, c'est toujours au petit bonheur la chance. Oui, si tous les joueurs de NHL sont en forme et éliminés de la course au titre, la Nati peut décrocher une breloque (voire mieux). Enfin, ça c'est si les autres nations décident de se passer de leurs meilleurs joueurs. Le point positif côté suisse, c'est que certains Tchèques, Américains ou Canadiens en auront sans doute marre d'une saison à rallonge et feront l'impasse.
Par contre, tous les Suédois et Finlandais qui n'auront pas été retenus pour les Jeux olympiques voudront prouver à leur entraîneur qu'il a eu tort et donneront tout sur la glace pour aller chercher le titre. Et à ce petit jeu, malgré l'apport du public, la Suisse pourrait bien crever au poteau.
Ce qui est sûr, c'est que même si la troupe de Patrick Fischer est éliminée en quart de finale (comme je le pronostique), il ne faudra rien enlever au bilan de l'entraîneur. Celui-ci est de loin le meilleur dans l'histoire de la sélection et avant de se souvenir d'un éventuel échec à domicile, il faudra rappeler les trois médailles d'argent glanés en dix ans.