«Être la plus jeune, c'est vraiment incroyable»
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Laure Mériguet:«Être la plus jeune, c'est vraiment incroyable»

«Une sacrée bosseuse»
Laure Mériguet, 17 ans et tout l'avenir devant elle

Laure Mériguet a repris le cours de sa saison après la parenthèse olympique ponctuée par une médaille de bronze. La défenseuse genevoise se verrait bien traverser l'Atlantique pour y poursuivre sa carrière.
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La Genevoise Laure Mériguet était la plus jeune athlète de la délégation suisse à Milan-Cortina.
Photo: AP
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Grégory BeaudJournaliste Blick

Une dizaine de jours après la médaille de bronze gagnée à Milan avec l'équipe de Suisse de hockey sur glace, Laure Mériguet était de retour aux affaires, avec la formation de Genève-Servette M18. La défenseuse a repris sa place au sein de l'arrière-garde de l'équipe des garçons. «J'ai de nouveau pris deux ou trois charges bien appuyées», rigole-t-elle après la victoire de son équipe à Lausanne (1-5).

Car son quotidien, à Laure Mériguet, c'est de se bagarrer avec des joueurs de son âge. Malgré un déficit physique, elle n'a pas froid aux yeux. Son entraîneur, Thurel Kast, a d'ailleurs décidé de ne pas lui accorder de traitement de faveur. Comme ses adversaires en somme. «Pour moi, Laure est un élément comme un autre de mon équipe, précise le technicien. Je la connais depuis qu'elle est toute petite et je l'entraîne depuis quelques années déjà. Mais c'est un de mes meilleurs éléments.»

Ce qui fait la différence selon le coach? «Son travail, précise-t-il. Ce qui m'impressionne, c'est que ce n'est pas la joueuse la plus talentueuse du groupe. Mais elle a une capacité à bosser plus que n'importe qui. Elle a toujours été comme ça et cela lui permet d'apprendre à un rythme très élevé. C'est simple: Laure c'est l'athlète que tout coach rêverait d'avoir dans son vestiaire.»

Le frère de Timothy Kast, actuel défenseur du HC Sierre, détaille: «Lorsqu'elle était petite, son shoot n'était pas terrible. À force de travail, elle a réussi à développer cette partie de son jeu. Actuellement, si l'on regarde son patinage, il est encore très haché. C'est la prochaine étape pour continuer son développement.»

Thurel Kast prend le tournoi olympique comme exemple de la capacité d'adaptation de sa protégée: «Je l'ai forcément observée de près, précise-t-il. Et lors des premiers matches, on voyait qu'elle était surprise par le niveau et peut-être qu'elle était également impressionnée. Mais petit à petit elle a su élever le rythme jusqu'à terminer la compétition en étant terriblement solide. Pour moi, c'est très représentatif de sa manière d'évoluer lorsque le niveau s'élève autour d'elle.»

Car à 17 ans, elle pourrait jouer dans une catégorie de joueurs plus jeunes. «Normalement, les filles ont le droit d'avoir deux ans de plus, mais ce n'est pas le cas de Laure. Elle joue avec les gars de son âge et c'est l'un de mes trois meilleurs défenseurs actuellement. Dans toutes les situations, elle joue juste. C'est impressionnant.» Conséquence, elle pourrait encore évoluer durant deux saisons avec les M18 du GSHC. «Cela me permettra de continuer de me développer tout en terminant mon gymnase», précise-t-elle.

Car Laure Mériguet gère de front sa carrière de sportive et ses études... tout en disputant un Mondial M18 et les Jeux olympiques en quelques semaines. «Je peux compter sur ma meilleure amie qui tente de m'aider à me maintenir à niveau dans les études, poursuit-elle. Et certains profs sont compréhensifs avec moi et ma situation.» Dimanche, elle profitait encore de son dernier jour de vacances scolaires avant la reprise de lundi. «Ce sera difficile», rigole-t-elle.

En route vers une université américaine?

Mais le fait de revenir en classe avec une médaille autour du cou devrait aider. «Tout le monde veut la voir, rigole-t-elle en nous la montrant fièrement. Les premières nuits, elle était à côté de moi sur mon oreiller (rires).»

Et la suite? Laure Mériguet se verrait bien partir en Amérique du Nord pour y jouer au niveau universitaire. «Pour son développement, c'est crucial de jouer encore au moins une année en Suisse, précise Thurel Kast. Mais je suis convaincu qu'elle décrochera une bourse d'études. En attendant, à nous de bien l'entourer pour qu'elle continue son évolution.»

Les conseils des aînées

En marge des JO de Milan, Laure Mériguet a pu profiter des conseils prodigués par ses aînées comme Alina Müller ou Kaleigh Quennec, deux joueuses qui ont traversé l'Atlantique pour se développer. «Au quotidien, c'était très précieux de pouvoir compter sur elles, précise-t-elle. Elles avaient toujours quelque chose d'intéressant à me dire que ce soit au niveau du jeu ou simplement sur la gestion des efforts ou des émotions. À leur contact, j'ai beaucoup appris.»

Et comme elle apprend vite, ces trois semaines milanaises lui ont sans doute fait franchir une ou deux étapes dans sa carrière. «Je suis convaincu qu'on va entendre parler de Laure pour de nombreuses années, prévient Thurel Kast. À chaque étape, elle a dû se battre pour sa place. Et elle a toujours réussi grâce à son état d'esprit impeccable.»

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