Le premier à arriver est Flavius Daniliuc. A sa seule démarche, on devine combien l’Autrichien rumine encore la défaite 2-1 de son FC Bâle sur la pelouse du FC Saint-Gall. Une chose est claire: le jeune homme qui se présente devant les médias vient de traverser un moment compliqué.
«Je pense que vous ne pouvez pas imaginer à quel point il est difficile, mentalement, pour un joueur d’encaisser tout ça», confie le défenseur du FCB dans la nuit de mercredi à jeudi. «Tu te prépares pour trois matches décisifs. Et tu en ressors avec trois défaites.»
«Je ne pensais pas que ce serait aussi difficile»
Une confession d’une honnêteté brutale. Elle illustre la profondeur de la crise dans laquelle les Bâlois sont plongés, et l’ampleur de la perplexité. «Je m’étais fixé des objectifs en arrivant ici», poursuit Daniliuc. «Je ne pensais vraiment pas que ce serait aussi difficile.»
Cette déclaration vaut sans doute aussi pour Stephan Lichtsteiner. Les dirigeants bâlois ont voulu jouer finement en le propulsant sur le banc à la place de Ludovic Magnin. Mais dès le départ, il était évident que le nouvel entraîneur n’aurait pas l’occasion d’insuffler des idées nouvelles. Comment l’aurait-il pu, avec trois finales en sept jours?
«Il a traversé la phase la plus compliquée», dit Flavius Daniliuc à propos de son nouveau supérieur. «Il est arrivé et a dû livrer immédiatement. Nous n’avons eu aucun temps pour préparer quoi que ce soit. Quand on pense qu’il est arrivé seulement deux jours avant le match de Plzen…»
L’illusion bâloise d’une guérison magique
Bien sûr, la direction sportive autour du président David Degen et du directeur sportif Daniel Stucki le savait en jetant l'ancien latéral de la Juventus dans l’eau la plus glaciale que le football suisse puisse offrir, sans aucun délai d’adaptation. Ils l’ont fait malgré tout. Dans l’espoir vague qu’avec un nouvel entraîneur, les problèmes identifiés sous Ludovic Magnin disparaîtraient comme par enchantement.
C’était une erreur. Les problèmes sont toujours là. En revanche, trois objectifs de la saison se sont évaporés: l’Europe, la Coupe – et si le FCB n’a pas encore officiellement renoncé au titre, celui-ci semble illusoire. Avec une prestation comme celle de Saint-Gall, aucun rattrapage n’est envisageable. Parce que vingt bonnes minutes ne suffisent pas à gagner un match lorsqu’elles sont entourées de septante minutes de disette.
Non, le quart de finale de Coupe à Saint-Gall n’a fourni aucun indice laissant penser que la situation bâloise pouvait s’améliorer rapidement. La première mi-temps a même été très faible: dans le jeu, mais aussi dans l’engagement, la flamme intérieure et la concentration. Les buts encaissés très tôt, après quelques secondes de sommeil collectif, restent une marque de fabrique du FC Bâle en 2026. Peu importe qui se tient sur la ligne de touche.
Les mantras du directeur sportif
C’est rarement bon signe lorsque le directeur sportif se présente devant les médias immédiatement après un match. Pour la deuxième fois déjà en 2026, Daniel Stucki doit affronter cet exercice délicat à Saint-Gall, comme après le 1-3 à Salzbourg. Son discours sonne comme une succession de mantras: il faut regarder «match après match», il y a «encore beaucoup de points à distribuer», et il faut désormais «travailler tous ensemble de manière positive».
Et le timing manqué du changement d’entraîneur? «Nous voulions interrompre la spirale négative», explique-t-il, tout en admettant que cela n’a pas vraiment fonctionné. «On est toujours plus intelligent après coup.» Mais il insiste: «Nous avons bien analysé la situation et nous soutenons cette décision.» Après tout, Stephan Lichtsteiner n’a pas été engagé comme pompier: «Nous avons des projets plus ambitieux avec Stephan que ces trois matches.»
Il les mérite aussi. Car à ce niveau, il reste un apprenti entraîneur. Cela se remarque notamment lorsqu’il évoque à Saint-Gall, pour la deuxième fois déjà dans son jeune mandat, le calendrier surchargé du FC Bâle. Il parle de «fatigue en fin de match» et se plaint encore: «Nous avons extrêmement peu de temps, énormément de matches et très peu de joueurs pour les disputer.»
L’adolescent porteur d’espoir
Est-ce presque une bonne nouvelle que les Rouge et Bleu ne disputent plus qu’une seule compétition désormais? La pensée est amère. Mais du point de vue bâlois, deux lueurs d’espoir subsistent. D’abord, le prometteur attaquant Giacomo Koloto (18 ans), buteur en sortie de banc à Saint-Gall, deux jours seulement après avoir signé son premier contrat professionnel. Un candidat sérieux à une place de titulaire lors du prochain match.
Et puis il y a le week-end à venir. Le FC Zurich se déplacera à Bâle. Soit la seule équipe que le FCB a réussi à battre lors de ses six matches disputés cette année...