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Quelle part de responsabilité de Ludovic Magnin dans son licenciement?

Ludovic Magnin n'est plus l'entraîneur du FC Bâle après 33 matches mitigés. Marquée par une perte de rythme et des résultats décevants, son aventure s'arrête malgré des responsabilités partagées pour cette saison en demi-teinte.
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Ludovic Magnin a été licencié de son poste d'entraîneur au FC Bâle.
Photo: Pius Koller
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Lucas Werder

Le mandat de Ludovic Magnin à la tête du FC Bâle a pris fin après seulement 33 matches. Le technicien lausannois doit accepter plusieurs reproches. Mais il serait réducteur de faire de lui l’unique responsable d’une saison jugée mitigée. Analyse.

Les responsabilités de Ludovic Magnin

Un manque d’idée de jeu claire: En début de saison, l’empreinte de Ludovic Magnin semblait pourtant identifiable: un bloc plus haut, un jeu plus rapide, davantage d’intensité. Très vite, l’entraîneur bâlois a toutefois dû constater qu’il ne pouvait pas appliquer le même pressing qu’à Lausanne. L’une des raisons principales se nomme Xherdan Shaqiri. Le capitaine possède de nombreuses qualités, mais le pressing intensif n’en fait pas partie. Progressivement, Ludovic Magnin s’est éloigné de son idée de départ, allant jusqu’à tester Xherdan Shaqiri en position d’avant-centre. Sans jamais parvenir à installer une véritable philosophie de jeu durable et reconnaissable.

Une dégradation progressive des performances: Certes, le FC Bâle a perdu des éléments importants durant l’été, avec les départs de Leon Avdullahu (Hoffenheim), Kevin Carlos (Nice) et Anton Kade (Augsbourg). Malgré cela, le directeur sportif Daniel Stucki a réussi à conserver l’ossature de l’équipe du doublé.

Pourtant, aucun joueur ne semble avoir retrouvé le niveau de la saison précédente. Albian Ajeti n’a plus marqué depuis octobre, Philip Otele peine depuis les rumeurs de transfert, Jonas Adjetey se distingue davantage par ses erreurs que par ses qualités physiques, tandis que Marwin Hitz commet régulièrement des bourdes difficiles à expliquer.

La baisse des performances individuelles ne peut pas être imputée uniquement à Ludovic Magnin, mais l’entraîneur doit être tenu pour coresponsable du fait que son équipe n’ait pas su exploiter son potentiel évident.

Une faim de titres jamais ravivée: Dès sa première séance d’entraînement, Ludovic Magnin avait identifié l’un des problèmes majeurs: «Ma tâche principale est de faire en sorte que l’équipe ne perde pas la faim», expliquait-il en juin. Or, c’est précisément sur ce point que le FC Bâle a semblé faillir.

À quelques exceptions près, l’équipe s’est montrée moins avide de succès qu’au printemps. Après le doublé, une forme de satisfaction semble s’être installée. L’exemple de Bénie Traoré est parlant: l’ailier, en grande difficulté cette saison, s’était déclaré «très satisfait» après la victoire laborieuse 3-1 en huitième de finale de Coupe contre le Grand-Saconnex. Un match durant lequel Daniel Stucki avait pourtant sermonné son équipe à la mi-temps, furieux de la prestation livrée face à l’avant-dernier de Promotion League.

Ce dont Ludovic Magnin n’est pas responsable

Des attentes (trop) élevées: C’est l’un des thèmes majeurs de la première partie de saison: l’efficacité. Selon le modèle des expected goals, le FC Bâle devrait compter environ onze buts de plus. À noter toutefois qu’il aurait aussi dû en encaisser huit supplémentaires.

La comparaison avec la saison passée est frappante. Lors de l’exercice précédent, le FC Bâle s’était créé des occasions pour environ 73 buts, mais en avait inscrit 91. Cette surperformance offensive n’est plus d’actualité. Pourtant, au niveau comptable, la situation est identique: les 21 matches de Super League disputés sous Ludovic Magnin ont rapporté 36 points, soit seulement un de moins que la saison précédente au même stade. Insuffisant, toutefois, pour répondre aux attentes accrues après le titre.

Un mercato incomplet: Les trois avant-centres Albian Ajeti, Moritz Broschinski et Kaio Eduardo totalisent quatre buts en 1606 minutes de jeu. Malgré ce rendement insuffisant, le FC Bâle attend toujours l’arrivée d’une véritable arme offensive.

Ludovic Magnin a également dû composer avec le départ de Leon Avdullahu à Hoffenheim. Le vide laissé dans l’entrejeu n’a jamais été comblé, et l’importance du jeune milieu bâlois dans la construction du jeu est devenue encore plus évidente depuis son transfert.

Une saison de Shaqiri solide, mais moins exceptionnelle: Avec sa prestation de gala contre le FC Zurich, Xherdan Shaqiri a une nouvelle fois fait taire les critiques. En 32 matches officiels, le capitaine bâlois totalise désormais 27 participations directes à un but, un bilan impressionnant.

Il reste toutefois en deçà de sa saison exceptionnelle précédente, conclue avec 43 points en 39 matches. Mais on ne peut exiger de Shaqiri qu’il écrase la ligue chaque année. Ludovic Magnin a d’ailleurs tenté de gérer intelligemment sa charge, comme lors du match d’Europa League à Salzbourg, où il l’avait remplacé à la pause (défaite 1-3). Trois jours plus tard, un Shaqiri frais avait brillé face à Zurich avec trois buts et une passe décisive. Une performance arrivée trop tard pour sauver le poste de son entraîneur.

Super League 25/26
Équipe
J.
DB.
PT.
1
FC Thoune
FC Thoune
21
21
46
2
FC Lugano
FC Lugano
21
11
39
3
FC St-Gall
FC St-Gall
20
14
37
4
FC Bâle
FC Bâle
21
9
36
5
FC Sion
FC Sion
21
6
32
6
Young Boys
Young Boys
21
-5
29
7
FC Lausanne-Sport
FC Lausanne-Sport
21
3
28
8
FC Zurich
FC Zurich
21
-8
25
9
Servette FC
Servette FC
21
-5
24
10
FC Lucerne
FC Lucerne
21
-3
22
11
Grasshopper Club Zurich
Grasshopper Club Zurich
21
-11
18
12
FC Winterthour
FC Winterthour
20
-32
10
Tour final
Tour de relégation
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