«Shaq» se confie en profondeur
Xherdan Shaqiri: «Ludo et moi, nous nous entendons vraiment bien»

Xherdan Shaqiri parle dans cette grande interview du début de saison mitigé du FC Bâle, de sa relation avec Ludovic Magnin et de son avenir en tant que joueur, entraîneur ou dirigeant.
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Xherdan Shaqiri est de retour à Bâle depuis l'été 2024!
Photo: TOTO MARTI
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Lucas Werder et Toto Marti

En camp d'entraînement hivernal avec le FC Bâle, Xherdan Shaqiri a pris le temps de répondre aux questions de Blick.

Xherdan Shaqiri, quel âge avez-vous au juste?
Xherdan Shaqiri: Ce n'est pas la bonne question. Vous devez me demander à quel point je me sens jeune (rires).

Très bien. Vous vous sentez jeune? Plus jeune que votre âge réel, 34 ans?
Je dirais que oui. Au moins sur le terrain de football, je me sens encore comme un adolescent. Il est important pour moi de toujours garder le plaisir de jouer au football. C'est la seule façon de conserver mon niveau de performance et d'avoir du succès.

Vous avez donc vieilli plus vite en dehors du terrain?
Dans tous les pays où j'ai joué durant ma carrière, j'ai découvert de nombreuses cultures et appris plusieurs langues. Cela m'a également permis de progresser en dehors du terrain. J'ai appris à interagir avec des personnes très différentes. Je pense que l'une de mes grandes forces est que je peux très bien m'entendre avec tout le monde. Je pourrais par exemple m'envoler demain pour l'Afrique du Sud et m'y intégrer sans problème.

Ce qui devrait vous aider, c'est votre sens de l'humour...
Je suis quelqu'un qui est toujours prêt à plaisanter, même sur le terrain. Mais il est important de se montrer sérieux dans les moments décisifs et d'enclencher le fameux interrupteur. Comment trouver le bon équilibre? C'est tout un art. Il est important de savoir ce que l'on veut et de faire ce qu'il faut aux bons moments. Ce n'est pas toujours facile de trouver le bon équilibre. Heureusement, j'y suis bien parvenu jusqu'à présent.

Avant le match d’Europa League contre le FC Bâle, Julian Schuster, l’entraîneur de Freiburg, a déclaré qu’il n’avait encore jamais rencontré, au cours de sa carrière, quelqu’un capable de trouver un équilibre aussi juste entre le plaisir et le sérieux que Ludovic Magnin? Et vous?
Je me reconnais assez bien là-dedans, oui. C’est aussi quelque chose que j’apprécie beaucoup chez Ludo. Il a lui-même été joueur professionnel et sait ce qui se passe dans la tête d’un joueur. C’est pour cela qu’il peut rester calme dans des situations où d’autres auraient peut-être haussé le ton. Avec les jeunes joueurs en particulier, il est parfois essentiel d’enlever un peu de pression pour leur permettre de donner le meilleur d’eux-mêmes.

Mais vous êtes aussi quelqu'un qui exige beaucoup de ses coéquipiers.
C'est vrai. Et Ludo aussi. En tant qu'entraîneur du FC Bâle, il peut aussi exiger beaucoup de ses joueurs. Nous sommes ici pour gagner. Cela crée une certaine pression à laquelle il faut résister.

Mais êtes-vous toujours d'accord tous les deux?
Chaque personne a son propre caractère. Mais nous nous entendons vraiment très bien et nous parlons beaucoup ensemble. Il est clair qu'au FC Bâle, vous avez moins de temps que dans d'autres clubs. Je pense que les premiers mois ont montré à quel point cela peut bien fonctionner avec Ludo. Il s'est très bien adapté et se sent bien. Et surtout, il nous a dit dès le premier jour qu'il voulait gagner des titres. Cela m'a beaucoup plu et on le ressent tous les jours. Je trouve qu'il est important qu'un entraîneur montre toujours ses émotions.

Le travail et l'attitude de son entraîneur Ludovic Magnin plaisent au capitaine du FCB
Photo: TOTO MARTI

Vous aussi, vous êtes parfois émotif sur un terrain, que ce soit avec vos coéquipiers ou avec les arbitres.
Si l'un de mes coéquipiers n'est pas performant, j'essaie de le pousser pour qu'il ne commette pas les mêmes erreurs. Mais je ne pense pas que je râle trop sur le terrain, même si de l'extérieur, vous pouvez le penser. Et en ce qui concerne les arbitres, je suis d'avis qu'ils ne font pas toujours tout juste. Mais ça fait aussi partie du foot...

Comment expliquez-vous la première moitié de saison mitigée sur le plan sportif?
La saison qui suit un titre est toujours un peu plus compliquée, c’est ainsi. Nous n’avons pas pris le meilleur départ. Mais c’était déjà le cas la saison dernière, et au final nous avions réussi le doublé. Nous connaissons cette situation, raison pour laquelle nous restons calmes. Nous savons de quoi nous sommes capables. L’essentiel sera d’adopter le même comportement lors de la seconde partie de saison. Toutes les chances sont encore de notre côté pour atteindre nos objectifs. La clé sera la constance, comme nous avions su en faire preuve lors de la dernière deuxième moitié de saison.

Vous avez déjà tout gagné dans votre carrière de club. D'où tirez-vous votre motivation?
Il faut savoir se motiver chaque jour. Je suis un winner et je veux toujours gagner. Quand je vais sur le terrain, cela m'est égal que ce soit en Europa League contre un grand club européen ou en Coupe contre une équipe de Promotion League. Je veux que nous montrions à toute la Suisse, en tant qu'équipe, que nous pouvons répéter les succès de la saison dernière.

Cette saison encore, le FC Bâle est extrêmement dépendant de vous. Le 2-1 contre Lucerne à la mi-décembre a été la première victoire obtenue sans que vous ayez marqué ou offert une passe décisive...
C'est aussi un peu normal que lorsque vous tirez chaque corner et chaque coup franc vous ayez plus de possibilités d'être impliqué sur un but... J'ai une grande influence sur l'équipe depuis que je suis revenu. Mais il est clair qu'à l'avenir, le FC Bâle devra aussi fonctionner sans moi. Quand je ne serai plus là, quelqu'un d'autre devra prendre mon rôle en main.

Vous essayez donc consciemment d'abandonner une partie de vos responsabilités dès maintenant?
Non, je ne dirais pas cela. Je suis capitaine du FC Bâle, je l'assume et j'essaie d'aider tous les joueurs. Abandonner consciemment des responsabilités signifierait pour moi que je donnerais 5 ou 10% de moins. Je ne pense pas ainsi. Mais nous avons eu d'autres joueurs dans les matches précédents, qui ont parfois tiré un corner ou un penalty.

Comme contre Lucerne, où vous avez laissé le deuxième penalty à Koba Koindredi.
Je n'ai jamais été un égoïste dans ma carrière. Je joue pour mon équipe. Si je sens que je ne suis pas à 100%, je laisse le ballon à un coéquipier.

Si vous vous sentez bien, tirerez-vous le prochain penalty bâlois?
Bien sûr. J'ai raté trois fois, c'est vrai, mais je reste positif.

Mais que devez-vous changer?
Peut-être la pelouse de Lucerne (rires). Je voulais tirer à ras de terre, mais j'ai glissé et le ballon est passé au-dessus...

Au FCB, Xherdan Shaqiri est l'homme incontesté des standards.
Photo: TOTO MARTI

Avant votre passage à Bâle, vous étiez régulièrement confronté à des blessures mineures. Mais cette saison, vous avez débuté 27 des 30 matches. Êtes-vous vous-même surpris de pouvoir enchaîner aussi bien?
Surpris n'est peut-être pas le terme adéquat, car je ne crois pas aux coïncidences. Je me sens très bien et je suis content d'avoir passé le premier tour sans me blesser. Le préparateur physique et le staff médical font un très bon travail.

Lorsque vous êtes revenu à Bâle à l'été 2024, le battage médiatique autour de votre personne était énorme. Est-ce que cela s'est calmé depuis le titre de champion? Ou est-ce même le contraire?
Je ne vais certainement pas en ville un samedi (rires). L'euphorie est toujours assez énorme, mais cela fait aussi partie du jeu. Des gens m'arrêtent partout, même en dehors de Bâle.

Même s'il n'y a pas que des fans du FC Bâle dans le reste de la Suisse?
Je pense que mon retour au FC Bâle a été une vraie belle histoire, qui a été perçue comme telle aussi en dehors de Bâle.

Vous aviez alors signé pour trois ans. Aujourd'hui, vous êtes exactement à mi-parcours de votre contrat. Comment se présente l'avenir de Xherdan Shaqiri?
C'est encore relativement loin pour moi. Je ne peux pas encore dire ce que l'avenir me réserve. Mais je vais certainement y réfléchir et nous discuterons au bon moment. Pour moi, la seule chose qui compte actuellement, c'est de gagner le plus de titres possible pendant les années où je serai ici.

Vous imaginez-vous déjà arrêter le football?
Certains joueurs de mon âge ont déjà mis un terme à leur carrière. Mais pour être honnête, je ne m'imagine pas encore à la retraite. J'apprécie chaque jour de jouer au football.

On dirait presque que vous voulez continuer à jouer après 2027.
Je n'ai jamais été quelqu'un qui faisait des plans à long terme. Peut-être que dans un an et demi, je n'aurai plus de plaisir à jouer au football. Et quand mon contrat arrivera à échéance, j'aurai presque 37 ans.

Quel âge devriez-vous avoir pour ne plus avoir envie de jouer au football?
Très vieux! Si je me réveille le matin et que je n'ai pas envie de m'entraîner, j'arrêterai.

En été, Shaqiri aimerait assister à quelques matches de la Coupe du monde.
Photo: TOTO MARTI

Mais il existe déjà une esquisse de plan pour votre avenir après votre carrière professionnelle. Vous êtes actionnaire du FC Rapperswil.
Je ne suis pas entré au capital de Rapperswil sans raison. Nous avons des projets pour le club. C'est une bonne étape pour voir de plus près différentes choses au sein d'un club de football. Mais cela implique aussi beaucoup de travail. Dans la mesure du possible, j'assiste à presque tous les matches à domicile.

Vous vous voyez donc à l'avenir comme dirigeant d'un club?
Je ne le sais pas encore. Je suis également en train de passer ma licence d'entraîneur. Ce qui est sûr, c'est que je veux absolument continuer à travailler dans le football.

Mais vous ne pouvez pas encore être présent à 100% à Rapperswil. En tant que coactionnaire, vous auriez d'ailleurs un problème si le club devait être promu et que vous étiez vous-même encore sous contrat avec un autre club de Super League.
Alors peut-être que je jouerai moi-même pour Rapperswil? C'est aussi une possibilité. En 2028, le club fêtera ses 100 ans. Vous connaissez maintenant mon objectif pour l'avenir (rires).

Une dernière question: comment Xherdan Shaqiri passera-t-il l'été prochain, celui de la Coupe du monde? Vous avez exclu un retour en équipe nationale.
Je pense que je vais aller aux Etats-Unis et regarder quelques matches. Peut-être même la finale.

Mais la finale de la Coupe du monde à New York aura lieu le 17 juillet... A ce moment-là, vous serez déjà en pleine préparation de la nouvelle saison avec le FC Bâle!
Alors je vais devoir parler à Ludo pour une journée de congé joker (rires).

Super League 25/26
Équipe
J.
DB.
PT.
1
FC Thoune
FC Thoune
19
16
40
2
FC St-Gall
FC St-Gall
19
16
37
3
FC Lugano
FC Lugano
19
5
33
4
FC Bâle
FC Bâle
19
8
32
5
Young Boys
Young Boys
19
0
29
6
FC Sion
FC Sion
18
4
27
7
FC Zurich
FC Zurich
19
-7
24
8
FC Lucerne
FC Lucerne
19
0
21
9
FC Lausanne-Sport
FC Lausanne-Sport
18
0
21
10
Servette FC
Servette FC
18
-6
20
11
Grasshopper Club Zurich
Grasshopper Club Zurich
19
-9
17
12
FC Winterthour
FC Winterthour
18
-27
10
Tour final
Tour de relégation
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