C’est le grand jour pour Rilind Nivokazi! L’attaquant italo-kosovar de 26 ans a claqué un triplé face à Young Boys ce dimanche, mettant fin à une interminable période de disette.
Le but du 2-0 est particulièrement spectaculaire. Rilind Nivokazi s’élance d’une vingtaine de mètres au moment où Liam Chipperfield s’apprête à tirer le penalty. Objectif: être le premier sur un éventuel rebond. Pari gagnant. Le portier bernois repousse la tentative, mais l'avant-centre a bien suivi et conclut de près. Il s’en est fallu d’un rien: l’attaquant pénètre dans la surface exactement au moment où le ballon est frappé. Après vérification de la VAR, le but est validé.
Le triplé n’allait pourtant pas de soi. Rilind Nivokazi n’avait plus marqué depuis le 7 décembre dernier. Déjà contre YB. Ce jour-là, le FC Sion s’était imposé 2-0 à Tourbillon lors de la 16e journée et l’attaquant de Bellinzone portait alors son total à huit buts, ce qui faisait de lui le meilleur buteur du championnat. Puis plus rien: neuf matches sans marquer. Environ 700 minutes. Une éternité.
«Dans ces moments-là, tu traverses le désert», résume l’entraîneur sédunois Didier Tholot, qui sait de quoi il parle: l’ancien avant-centre a inscrit 53 buts en 235 matches de première division française.
«Les attaquants fonctionnent par périodes»
«Avant le match, je ne me sentais pas très bien, reconnaît Rilind Nivokazi. Mais je savais que j’avais marqué la dernière fois contre YB. Ça m’a donné la confiance nécessaire pour recommencer. L’équipe m’a énormément soutenu durant cette période, et ça m’a aidé.» Aujourd’hui, il savoure simplement.
Avant de glisser une petite pique: «Vous, les journalistes, vous jugez surtout les attaquants sur leurs buts. Mais j’aide l’équipe autrement: je me bats, je cours, je protège les ballons. C’est ce que j’ai toujours fait. Les attaquants fonctionnent par périodes.» Des périodes où le ballon rentre, et d’autres non. «Maintenant, j’espère que la musique a changé.»
Son travail ne passe pourtant pas inaperçu. Certains observateurs soulignent déjà l’apport constant de ce puissant avant-centre, souvent seul à la pointe. Didier Tholot ne cesse lui aussi de le répéter. «Oui, je sais que certains le voient», concède l’attaquant d’1m88, formé à l’Atalanta. «Mais au final, les attaquants sont jugés sur les buts. C’est normal et ça le restera. C’est notre mission principale.»
Un joueur très précieux pour l'équipe
Alors, qu’est-ce qui a fait la différence face à YB? «L’état d’esprit de l’équipe, répond Didier Tholot. Dans un match très ouvert, c’est ça qui a pesé.» Le technicien français en profite pour saluer son avant-centre, avec qui il a longuement échangé durant cette période compliquée. «Il apporte énormément en dehors des buts: il travaille, il conserve les ballons. Mais quand tu ne marques pas, quand il y a toujours un pied adverse ou que le but semble inaccessible, c’est dur.»
Son message a été clair: ne pas se focaliser sur les statistiques, mais continuer à travailler pour le collectif. Les buts finiraient par revenir. Ils sont revenus. Le prophète Didier avait vu juste.
Et le coach d’ajouter encore: «Humainement comme sportivement, Rilind est fantastique.» Désormais quatrième meilleur buteur du pays avec onze réalisations, derrière Christian Fassnacht (15), Chris Bedia (13) et Alessandro Vogt (12), Rilind Nivokazi porte un FC Sion lancé vers le top 6.
«Tout est entre nos mains. Si nous continuons à travailler comme contre YB, nous y arriverons», promet le héros du jour.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | FC Thoune | 31 | 37 | 71 | |
2 | FC St-Gall | 31 | 23 | 56 | |
3 | FC Bâle | 31 | 8 | 52 | |
4 | FC Lugano | 31 | 10 | 51 | |
5 | FC Sion | 31 | 9 | 46 | |
6 | Young Boys | 31 | 5 | 46 |
