Les coulisses de son licenciement
Thomas Häberli et son départ de Servette: «J'avais senti le coup venir»

Écarté par Servette à l’été 2025, Thomas Häberli revient sur les coulisses de son licenciement et la remise en question personnelle qui a suivi. Entre introspection et nouveaux projets, l’entraîneur lucernois se dit convaincu qu’un nouveau défi finira par se présenter.
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Thomas Häberli a été licencié le 4 août après trois défaites en quatre matches pour débuter la saison.
Photo: Martin Meienberger/freshfocus
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Sven Schoch

Thomas Häberli est sans emploi depuis le 4 août 2025. Ce jour-là, Servette officialise une nouvelle qui ne surprend plus grand monde. Ce ne sont pas vraiment les trois défaites consécutives qui lui sont fatales, mais bien un changement de cap au sein de la direction genevoise.

Le départ de l’ancien directeur sportif René Weiler complique encore la situation. «Neuf fois sur dix, un entraîneur s’en va parce que le club le décide, et non l’inverse. Ils ont opté pour une nouvelle orientation, cela fait partie du jeu», explique Thomas Häberli à Blick, six mois plus tard. «Et ensuite, tu es tout simplement balayé.»

Après le dernier match de la saison précédente, il est convoqué pour un échange avec la nouvelle commission sportive, formée autour d’Alain Geiger. Un pressentiment naît. «À l’époque, j’avais déjà dit à ma femme: 'Je ne vais probablement même pas commencer la saison.' » Son intuition ne le trompe pas. «Pendant mes vacances, j’ai découvert dans le journal que tout ce que nous avions convenu avait été jeté par-dessus bord. Les options n’ont pas été levées, les joueurs souhaités n’ont pas été engagés. On aurait tous pu s’épargner ça.»

C’est dans ces conditions que Thomas Häberli entame la saison… avant d’être licencié après la deuxième journée (1-4 contre Saint-Gall).

«Comment continuer?»

Déception, amertume, introspection. L’homme à qui l’on retire sa confiance quelques semaines seulement après la meilleure saison genevoise depuis des années laisse transparaître ses émotions. «D’abord, on est évidemment en colère, même si j’avais senti le coup venir très tôt.» Il passe en un jour de tout à rien. «Respirer, laisser passer. Puis commence l’analyse personnelle. Pourquoi? Et comment continuer?»

Lors de son premier licenciement à Lucerne, l’épreuve avait été bien plus difficile. Il s’était alors posé des questions fondamentales: «Est-ce que je veux vraiment recommencer? Est-ce que cela me fait du bien? Est-ce que je suis à la hauteur?» Aujourd’hui, le regard est différent. «Je suis à un autre stade de ma vie. Je vois beaucoup plus clairement l’ensemble du tableau. J’aime ce métier: il faut résoudre des conflits, l’intensité est élevée.»

Il met sa volonté à l’épreuve avec une journée de jeûne

Genève l’a marqué autant que son long passage à la tête de la sélection estonienne. «En Estonie, je me suis développé en tant qu’être humain, j’y ai grandi. À Servette, j’ai appris ce qu’il fallait faire pour réussir. Je sais ce que je peux apporter et quels leviers activer.»

A Genève, malgré de nombreuses zones d’ombre, il est parvenu à «prendre du recul face au grand théâtre qu'est le football». Son style de management humain a été apprécié dans le vestiaire. «Après mon départ, beaucoup de joueurs m’ont écrit, certains dont j’ignorais même qu’ils avaient mon numéro. Je ne peux rien acheter avec ça, mais pour moi, cette forme d’adieu compte énormément.»

Pour lui, «l’introspection est le point de départ de tout progrès». Après une rupture professionnelle, l’autogestion devient centrale. Le Lucernois se lève tôt chaque jour, instaure des routines, continue à se former. «Il faut intégrer dans sa vie des habitudes qui portent. Être prêt à nouveau, pouvoir redevenir un exemple.» Comme cette journée de jeûne qu’il s’impose régulièrement: «C’est une question de volonté.»

Un projet de club plutôt qu’un poste de sélectionneur

Aujourd’hui, les émotions sont retombées. Suivre la Super League sans mission précise ne lui paraît plus étrange. «Je retourne parfois au stade ou je regarde les matches à la télévision.» Que fait Zurich? Que fait Bâle? Comment Lucerne tente-t-il de sortir du trou? «Ce que réalise Thoune est fantastique. Une bonne dynamique d’équipe est, pour moi, une clé essentielle. Des hiérarchies saines, mettre l’ego de côté, s’accepter, dialoguer.» Il se réjouit particulièrement de voir ses anciens juniors Marco Bürki et Leo Bertone s’épanouir dans l’Oberland bernois. «Ce sont de bons gars.»

Un retour rapide sur un banc n’est pas exclu. Après une visite chez René Weiler à Washington et plusieurs échanges avec des collègues en Europe, une chose est claire: «Un poste de sélectionneur ne m’attire pas vraiment. Je me projette davantage dans un projet de club, avec des personnes de grande qualité, peu importe la fonction. Peu importe aussi l’endroit. L’essentiel, c’est que cela convienne à toute la famille.»

Noée (9 ans) et Ben (11 ans) sont en pleine scolarité, les filles aînées ont déjà pris leur envol. Mais Thomas Häberli en est convaincu: «Quelque chose viendra.»

Super League 25/26
Équipe
J.
DB.
PT.
1
FC Thoune
FC Thoune
21
21
46
2
FC Lugano
FC Lugano
21
11
39
3
FC St-Gall
FC St-Gall
20
14
37
4
FC Bâle
FC Bâle
21
9
36
5
FC Sion
FC Sion
21
6
32
6
Young Boys
Young Boys
21
-5
29
7
FC Lausanne-Sport
FC Lausanne-Sport
21
3
28
8
FC Zurich
FC Zurich
21
-8
25
9
Servette FC
Servette FC
21
-5
24
10
FC Lucerne
FC Lucerne
21
-3
22
11
Grasshopper Club Zurich
Grasshopper Club Zurich
21
-11
18
12
FC Winterthour
FC Winterthour
20
-32
10
Tour final
Tour de relégation
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