Entre polyvalence assumée et montée en puissance statistique, Lilian Njoh traverse une période charnière au Servette FC. Pour Blick, le Toulousain de 24 ans a pris cette semaine le temps de s’arrêter, pour évoquer notamment ses débuts dans le football, ses passions et ses objectifs.
Ce vendredi débute un grand événement: les JO. C’est quelque chose que tu suis, qui te plaît?
Je regarde surtout les Jeux olympiques d’été. Ça m’arrive de regarder les JO d’hiver. J’aime bien le snowboard. Je vais suivre un peu de loin, mais sans plus.
Tu fais du snowboard?
J’en ai fait par le passé, mais ça fait très longtemps que je ne suis pas remonté sur une planche à cause du foot.
Ça te manque?
Franchement, dès que j’arrête le foot, je pense que je vais recommencer (rires). J'aime bien le basket aussi, j'en ai fait un peu, avant de me consacrer au foot.
Tu viens d'une famille de footeux?
Oui, mon petit frère a 22 ans et il joue à Viborg, au Danemark. On se parle tout le temps, que ce soit du foot ou de la vie en général. On est très proches.
Avec ta qualité de pied gauche, ta vision du jeu, tu n’as pas commencé ta carrière latéral, c'est juste?
Sur les petits terrains, de huit ou neuf joueurs, j’étais ailier. Ça correspond un peu à tout le couloir gauche. Mais c’est vrai que sur terrain à onze, j’ai toujours joué latéral.
Je pensais que tu avais aussi joué milieu.
Oui, j’ai fait un petit passage durant ma formation au milieu de terrain. Mais à l’époque, physiquement, j’étais en retard. J’ai grandi vraiment beaucoup plus tard. J’ai donc dû développer un peu l’intelligence de jeu, l’anticipation et aussi le pied. Et après, le physique est arrivé bien plus tard.
Cette saison, tu as joué latéral, ailier et piston. Comment tu le vis?
Je me sens à l'aise dans tous les systèmes. Après, les trois postes se combinent bien. Quand j'ai joué ailier, je devais redescendre un peu sur le terrain lorsque nous avions la balle, car nous repartions à trois depuis derrière. Le coach m'a toujours plus ou moins adapté au système. Piston est une bonne position pour moi.
Je pensais que tu allais me répondre comme chaque footballeur: «Peu importe tant que je suis sur le terrain».
C’est vrai que tant que j’ai du temps de jeu, c’est le plus important (rires). C’est ça qui compte, être sur le terrain, avoir du temps de jeu. Et c’est vrai que pour être plus à l’aise et dans la continuité, c’est bien d’être fixé sur un poste.
Ce début d'année se passe plutôt bien pour toi. Passe décisive contre Zurich (1-1), gros match contre Saint-Gall (2-4), passe décisive contre Sion (3-3)...
Personnellement, ça va, j’ai de la réussite. Lors des saisons précédentes dans d'autres clubs, je ne faisais pas beaucoup de statistiques. C’est quelque chose que je voulais améliorer. J’arrive à être décisif pour l’instant et je vais essayer de continuer à l’être jusqu’à la fin de la saison.
Tu penses à ce titre de meilleur passeur du championnat? Tu n'es qu'à trois passes de Xherdan Shaqiri.
Je regarde de temps en temps le classement. Ça me ferait plaisir d'être premier, mais ce n’est pas un truc sur lequel je me focalise.
Tu pourrais devenir l’héritier de Miroslav Stevanovic, ici à Servette.
Ce ne serait pas mal, oui (sourires).
D’après toi, qu’est-ce qui manque à l’équipe pour devenir plus régulière, que ce soit au sein d’un match ou d’un match à l’autre? On a vu cette mauvaise première période contre Saint-Gall, puis une bonne deuxième. L'inverse face à Sion. Comment vois-tu la chose?
Je pense que c’est une question de mental. Parce qu'on voit qu'on a les qualités pour bien jouer et revenir au score si on est menés. C’est une question de concentration. Et si tous, on arrive à rester focus, d’être concentrés d’emblée et pendant 90 minutes, je pense qu’on peut réussir à très bien finir la saison.
Ce match contre Thoune, ça peut être un déclic?
Ça peut l'être. Ça va être un match difficile. Ils sont premiers, sur une série de victoires. On a vu lorsqu'on les a joués ici qu'on a réussi à leur poser des problèmes. Ils ont marqué à la fin sur un coup-franc. Si on arrive à jouer notre jeu et à être comme il le faut pendant 90 minutes, je pense qu’on peut faire un résultat très positif. On n'a pas envie de perdre une troisième fois contre eux.
Ça t'est déjà arrivé à toi d’être dans une équipe où tout sourit? Une période durant laquelle tu peux tirer du parking et marquer, comme c'est le cas de Thoune actuellement?
Je l’ai eu un petit peu quand j’étais au Mans, lors de la deuxième saison. Mais c’était pendant une période, pas durant toute la saison. C’est vrai que quand on est dans une dynamique comme ça, on a l’impression que tout nous sourit. Même quand on est menés au score, on est sereins, on sait qu’on va revenir. Et c’est ça qu’il faut qu’on essaie de lancer ici.
Du coup, comment cet état de grâce se brise-t-il?
Ça peut être par soi-même parce qu’avec cette confiance, on se relâche. Ou alors ça peut être juste que des fois, on tombe contre plus fort que soi. Il y a des jours où on n'y est pas. Il n’y a pas de vérité dans le foot.
Le top six, on y croit encore?
Oui! On a trois matches qui arrivent en une semaine. Si on lance une dynamique positive, qu'on arrive à faire une série de victoires, on peut espérer approcher le top 6. C’est ce qu’il faut qu’on vise pour essayer d’avoir une fin de saison intéressante. Ce serait bien qu’on puisse jouer et se confronter aux meilleurs de ce championnat.
J’ai lu que tu visais une sélection avec le Cameroun. Qu’est-ce qu’elle représente pour toi, cette équipe?
J'y suis attaché car mon père est camerounais. Et j’y vais chaque année depuis que je suis né. C’est vrai que j’espère être sélectionné. C’est une équipe que je supporte depuis tout petit. La sélection, c’est le Graal, on va dire. C’est un objectif personnel d’aller en sélection.
La CAN qui vient de se terminer a été une bonne surprise pour les supporters des Lions Indomptables. Ils ont mieux joué qu’espéré.
Franchement, j’ai été agréablement surpris. Je pense qu’ils ont surpris beaucoup de monde. Il y a eu un remaniement au dernier moment au niveau du coach. On ne les attendait pas forcément. Je trouve que les choses qui sont en train d’être mises en place à l’heure actuelle tournent vers le positif.
As-tu déjà eu des contacts avec la Fédération?
Non, jamais.
C’est ton grand objectif pour 2026?
Oui, c’est ça. Bien finir la saison en club, performer. Et si je performe bien, je peux être appelé et j’espère l’être le plus rapidement possible.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | FC Thoune | 22 | 22 | 49 | |
2 | FC Lugano | 23 | 11 | 41 | |
3 | FC St-Gall | 21 | 14 | 38 | |
4 | FC Bâle | 22 | 8 | 36 | |
5 | Young Boys 1:0 | 23 | -1 | 35 | |
6 | FC Sion | 23 | 6 | 34 | |
7 | FC Lausanne-Sport | 22 | 2 | 28 | |
8 | Servette FC | 22 | -5 | 25 | |
9 | FC Zurich | 22 | -11 | 25 | |
10 | FC Lucerne | 23 | -3 | 24 | |
11 | Grasshopper Club Zurich 0:1 | 23 | -12 | 19 | |
12 | FC Winterthour | 22 | -31 | 14 |