Blick à l'écoute lors du derby
Comment les arbitres et la VAR communiquent

Le temps d'un match, les médias ont pu assister au fonctionnement de la communication entre les arbitres et l'assistance vidéo. Une écoute divertissante.
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«C'est toi le capitaine? Je ne parle qu'au capitaine!» L'arbitre Sandro Schärer ne s'engage pas dans des discussions avec des Genevois qui protestent.
Photo: Pascal Muller/freshfocus
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Florian Raz

«C’est du football professionnel! Ce n’est pas de la 5e Ligue! Tu peux parler à ton joueur. Pas avec moi!» Sandro Schärer n’a aucune envie de discuter du deuxième carton jaune qu’il vient d’infliger à Mardochée Miguel, jeune joueur du Servette FC. Pour l’arbitre, le verdict est clair: «Simulation!» À Volketswil (ZH), l’assistant vidéo Sven Wolfensberger abonde dans son sens. Même si, dans ce cas précis, la VAR n’aurait en réalité pas dû intervenir.

Le temps d’un soir, lors du derby lémanique entre Servette et Lausanne, toutes les lignes sont ouvertes aux médias. Sascha Amhof, président de la commission des arbitres de l’Association suisse de football, et Daniel Wermelinger, chef des arbitres, ont lancé une invitation. Leur objectif: montrer comment fonctionne l’interaction entre les deux assistants vidéo à Volketswil et le quatuor arbitral présent dans le stade.

Des erreurs flagrantes au premier tour

La VAR coûte entre 700’000 et 900’000 francs par saison à la ligue. Pour ce prix, certaines erreurs ont été commises lors de la première moitié de la saison, reconnaît Daniel Wermelinger. Il cite notamment le hors-jeu non signalé de Xherdan Shaqiri, qui avait offert une victoire au FC Bâle contre Young Boys. Ou encore une bousculade sur le Sédunois Numa Lavanchy à Thoune, qui aurait dû être sanctionnée par un carton rouge et un penalty. «Cela ne correspond pas à nos exigences», admet-il. Il aurait aussi pu mentionner YB–GC, où supporters et joueurs avaient dû patienter près de 15 minutes au total avant les décisions de la VAR.

Les responsables de l’arbitrage veulent désormais montrer ce que leurs arbitres ont travaillé durant la préparation hivernale. Deux points sont essentiels pour Sascha Amhof: des directives claires pour les interventions de la VAR et une communication plus précise entre le terrain et la salle vidéo. «Pas de blabla, seulement des faits!» insiste-t-il, en anglais. Comme ce soir-là, où presque toutes les discussions se font dans cette langue.

Il apparaît rapidement qu’Amhof est soit un excellent pédagogue, soit que la réputation de Sandro Schärer comme meilleur arbitre suisse n’est pas le fruit du hasard. Les échanges entre Genève et Volketswil sont rares. Seule exception à la 11e minute, lorsqu’une possible main est évoquée. «I didn’t see», explique Schärer, dont la vue était masquée. À Volketswil, les images sont rapidement analysées. Verdict de Sven Wolfensberger: position naturelle du corps, pas de penalty. «Check complete!»

Montrer qui est le patron sur le terrain

Entre eux, les arbitres utilisent un langage codé. Des mots-clés courts, le plus souvent entre l’arbitre central et ses assistants. «Touch», lorsqu’un ballon dégagé est effleuré. «Delay», quand un assistant soupçonne un hors-jeu mais laisse l’action se poursuivre.

Pendant ce temps, à Volketswil, Sven Wolfensberger commente à voix basse les images qu’il observe en direct sur un écran, puis avec quelques secondes de décalage sur quatre autres. «Possible offside» à presque chaque passe en profondeur. «Possible foul» quand un duel est un peu plus rugueux. Une manière de garder en mémoire les actions à revoir en cas de but ou de penalty.

Dès les premières minutes, Sandro Schärer montre qui est le patron sur le terrain. À peine deux minutes de jeu et il demande déjà au capitaine genevois Steve Rouiller d’expliquer les règles à son coéquipier Anthony Baron: «C’est la deuxième fois qu’il retient un adversaire. Dans la surface, c’est un problème. Parle-lui!»

Performance «sans faute»

Cette saison, la VAR est intervenue 75 fois en Super League. À 72 reprises, une décision a été corrigée. À Genève, elle sert surtout de soutien. Lorsque Schärer refuse un penalty à Lausanne, Wolfensberger confirme rapidement. «Oli, le contrôle est passé!», peut alors lancer l’arbitre au capitaine lausannois Olivier Custodio. Fin des discussions.

Au final, Lausanne s’impose 1-0 dans un derby lémanique peu spectaculaire. L’homme le plus marquant et le plus divertissant sur la pelouse reste l’arbitre Sandro Schärer, avec ses annonces fermes et son autorité naturelle. Son supérieur Daniel Wermelinger conclut devant les journalistes: «Je suis heureux d’avoir pu vous montrer un arbitre sans faute.» Il sait aussi que d’autres matches suivront.

Super League 25/26
Équipe
J.
DB.
PT.
1
FC Thoune
FC Thoune
19
16
40
2
FC St-Gall
FC St-Gall
19
16
37
3
FC Lugano
FC Lugano
19
5
33
4
FC Bâle
FC Bâle
19
8
32
5
FC Sion
FC Sion
19
6
30
6
Young Boys
Young Boys
19
0
29
7
FC Lausanne-Sport
FC Lausanne-Sport
19
1
24
8
FC Zurich
FC Zurich
19
-7
24
9
FC Lucerne
FC Lucerne
19
0
21
10
Servette FC
Servette FC
19
-7
20
11
Grasshopper Club Zurich
Grasshopper Club Zurich
19
-9
17
12
FC Winterthour
FC Winterthour
19
-29
10
Tour final
Tour de relégation
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