La violence sur les terrains amateurs n’est pas un fléau propre à la Suisse romande. En France aussi, certains matchs dégénèrent. Et pas qu’un peu. La preuve avec cette histoire hallucinante venue de la région Centre-Val de Loire.
Le 2 mars dernier, un joueur de l’US Montbazon, modeste club de deuxième division de district (l’équivalent de la 5e ligue chez nous), a violemment agressé un arbitre lors d’un match contre Luynes. Résultat: neuf jours d’incapacité totale de travail pour l’homme en noir, et une sanction d’une sévérité rarissime pour l’agresseur.
Le 30 avril, la commission disciplinaire du district d’Indre-et-Loire a frappé fort : 30 ans de suspension. Trente ans. Une punition historique, du jamais vu selon Philippe Gallé, le président du district: «30 ans, ce n’est pas anodin. Certainement qu’il ne remettra jamais les pieds sur un terrain, tant mieux!»
Le joueur, qui avait littéralement plongé les deux pieds en avant sur l’arbitre, n’aura donc plus le droit de prendre une licence avant 2055. L’affaire a eu des répercussions immédiates au sein de son club: l’entraîneur a démissionné, l’équipe concernée a été suspendue, et un autre joueur impliqué a écopé de trois ans de suspension.
L’arbitre, de son côté, a porté plainte. Une procédure judiciaire est donc aussi en cours.
Pour Philippe Gallé, cette décision forte était nécessaire: «Est-ce qu’on veut éradiquer les personnes qui ne savent pas se contrôler, ou est-ce qu’on veut que le foot tourangeau soit à la merci d’énergumènes capables de péter les plombs? Eh bien on lui demande d’aller péter les plombs ailleurs!»
Un message clair. Et il résonne aussi chez nous, en Suisse, où les cas de violence sur et autour des terrains ne cessent d’inquiéter les autorités du football amateur.