Raoul Savoy le prévient
«Vladimir Petkovic ne pourra pas faire comme en Suisse»

L'Algérie a un nouveau coach: Vladimir Petkovic. Sélectionneur de la Centrafrique, le technicien nord-vaudois Raoul Savoy prévient son nouveau confrère: il devra s'adapter à la réalité locale.
Publié: 29.02.2024 à 16:54 heures
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Dernière mise à jour: 29.02.2024 à 16:57 heures
Vladimir Petkovic devra adapter sa communication à la réalité du football algérien, estime Raoul Savoy.
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

«Ça va être chaud!» Tels sont les premiers mots de Raoul Savoy à l'évocation de l'arrivée de Vladimir Petkovic au poste très exposé de sélectionneur de l'Algérie. Le sélectionneur de la Centrafrique connaît bien l'Algérie, pour y avoir entraîné deux clubs (le MC El Eulma et le MC Oran) et pour avoir affronté deux fois les Fennecs dernièrement avec ses fauves centrafricains. Et c'est peu dire qu'il conseille à Vladimir Petkovic d'assurer ses arrières.

«La sélection algérienne, c'est la fierté du pays, son étendard. Il arrive dans une terre folle de football, passionnée, capable de tous les excès. Il va falloir qu'il soit costaud», explique le technicien nord-vaudois, lequel s'attend à une «grosse, grosse pression» sur le nouveau sélectionneur.

«Il devra être proche des joueurs, mais pas seulement»

«Il ne va pas pouvoir arriver et simplement laisser faire les choses. Il ne devra pas être en retrait, mais se montrer proactif dans son management, être proche des joueurs, mais aussi bon dans sa communication externe», explique Raoul Savoy, lequel sait pertinemment que «Vlado» n'est pas un as dans ce domaine précis.

Ses conférences de presse avec l'équipe de Suisse étaient le plus souvent lénifiantes, avec une volonté évidente de ne répondre à aucune question. «En Suisse, ça passe. Il y a peu de pression, voire pas du tout, de la part de l'homme de la rue. En Algérie, c'est inconcevable. L'équipe nationale est un sujet permanent de conversation. Deux quotidiens parlent uniquement de football et doivent remplir les pages. Les annonces de liste, ce n'est pas simplement le sélectionneur qui donne 23 noms et on passe à autre chose. Il sera interrogé sur les 40 joueurs qu'il n'a pas pris et devra expliquer cas par cas pourquoi», exagère à peine Raoul Savoy.

Vladimir Petkovic, qui a toujours eu pour règle d'or de ne donner aucune information aux journalistes, donc au public, lors de son passage très réussi à la tête de l'équipe de Suisse, devra donc se faire violence. «Christian Gourcuff, un excellent technicien, n'a jamais su se faire accepter, ni par ses joueurs, ni par la presse, ni par l'environnement. Et au final, on s'est rendus compte que c'était une erreur de casting. C'est pour vous dire que les compétences purement footballistiques ne suffisent pas», enchaîne le sélectionneur de la Centrafrique, lequel sait pertinemment que les résultats seront le juge de paix.

Une énorme pression sur les épaules

«La différence entre le poste de coach de la Centrafrique et celui de l'Algérie est qu'il a l'obligation de gagner. Moi, si je gagne deux matches de suite, c'est un exploit. Lui, s'il ne les gagne pas, c'est un échec. L'Algérie veut se qualifier pour la prochaine Coupe du monde et gagner la prochaine CAN, surtout qu'elle a lieu au Maroc… Il a une énorme pression sur les épaules.» Vladimir Petkovic et son côté «force tranquille» lui ont d'ailleurs permis d'être choisi, sans doute.

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«Je pense que les dirigeants de la Fédération le comparent à Vahid Halilhodzic, lequel leur a apporté la grande joie et la grande fierté du Mondial 2014. Ils pensent Vladimir Petkovic capable de refaire le coup. Vahid, d'ailleurs, avait très bien débuté avec les joueurs, il était très apprécié, tandis que la presse le descendait en flèche. Il les a fait taire grâce aux résultats», assure Raoul Savoy, lequel pense que la trajectoire de Vladimir Petkovic pourrait suivre la même trajectoire. «Il aura besoin de résultats très vite.»

Bien parti pour la Coupe du monde 2026

Les qualifications pour la Coupe du monde 2026 sont d'ailleurs déjà entamées en Afrique. L'Algérie compte six points après deux matches dans un groupe comprenant également le Botwsana, la Guinée, le Mozambique, la Somalie et l'Ouganda. «C'est un groupe qui peut sembler jouable, mais attention, l'Algérie voyage mal et a de la peine à aller chercher des résultats positifs en Afrique subsaharienne. Je le redis, il n'aura pas le droit à l'erreur. C'est un joli défi pour lui. Il hérite d'un effectif talentueux, avec de gros caractères. Je suis impatient de voir son évolution.» Et tout un pays avec lui.

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