Qui a marqué des points?
Les vainqueures et les perdantes de ce rassemblement de mars

Qui a marqué des points lors de ce premier rassemblement de l'année de la Nati? Et qui en a perdu? Blick fait le point après les deux succès face à l'Irlande du Nord et à Malte. Et il était possible de ressortir gagnant de ces dix jours même sans avoir été présent...
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

Ce rassemblement de mars a été marqué par deux victoires face à l'Irlande du Nord (2-0) et Malte (4-1), pour les deux premiers matches officiels de l'ère Rafel Navarro. Si les valeurs sûres que sont Sydney Schertenleib, Lia Wälti et Géraldine Reuteler ont assuré, à des degrés divers, quelles joueuses ont marqué des points durant ces dix jours passés entre Lausanne et La Vallette? Et qui en a perdu? Blick donne son avis.

Elles ont marqué des points

Svenja Fölmli aurait pu figurer dans cette catégorie, elle qui a marqué en sortie de banc face à l'Irlande du Nord et a également trouvé le chemin des filets à Malte, mais elle a malheureusement pour elle dû sortir à la pause, souffrante. Dommage pour elle, d'autant qu'Aurélie Csillag, sa concurrente au poste d'avant-centre, a marqué en deuxième période. Le match entre les deux pointes se poursuit donc. Mais il existe d'autres joueuses qui sortent renforcées de ce stage.

Iman Beney, de plus en plus décisive

Photo: keystone-sda.ch

Après avoir été déjà la meilleure joueuse offensive face à l’Irlande du Nord à Lausanne, la Valaisanne d’origine nord-vaudoise a livré une première mi-temps très convaincante à Malte. «Elle a très bien joué», a confirmé son entraîneur Rafel Navarro, lequel a la bonne idée de la faire jouer dans un rôle de vraie ailière.

Ce poste offensif ne la libère pas de toutes les contraintes défensives, mais lui permet tout de même de jouer plus haut qu’avec Pia Sundhage, tant la Suédoise l’imaginait en piston dans un système à trois défenseures centrales. En évoluant à l’aile gauche, Iman Beney peut percuter sans relâche et prendre la profondeur, tout en combinant avec Sydney Schertenleib, laquelle évolue désormais au poste de milieu gauche du 4-3-3.

Les deux joueuses, très techniques, se trouvent bien et Iman Beney a brillé en première période au Centenary Stadium, inscrivant le 1-0 d’une jolie frappe (sur un service parfait de Sydney Schertenleib) avant d’offrir le 2-0 à Alisha Lehmann. Sa deuxième période a été moins bonne, mais qu’importe: elle est de loin la joueuse offensive qui a le plus brillé durant ce rassemblement de mars, après avoir été déjà plutôt convaincante en novembre pour les débuts de Rafel Navarro.

Viola Calligaris, la force tranquille

Photo: TOTO MARTI

Si la sérénité avait un visage, ce serait celui de Viola Calligaris. Alors d’accord, l’opposition n’était pas la plus forte, ni face à l’Irlande du Nord, ni face à Malte, mais elle y est aussi pour quelque chose. Elle joue avec énormément de calme, elle dirige la défense avec autorité mais sans avoir besoin d’élever la voix et, surtout, elle rassure tout le monde. A trois derrière ou à quatre, elle s’adapte, y compris à la coéquipière qui évolue à côté d’elle (Julia Stierli mardi, Noëlle Maritz samedi).

En une phrase comme en cent: elle rend les joueuses autour d’elle meilleures. Et hors du terrain, sa maîtrise de toutes les langues la rend incontournable et une coéquipière très appréciée. Y compris du service communication de l’ASF, d’ailleurs, lequel n’hésite jamais à la mettre en avant.

Alisha Lehmann a saisi sa chance

Photo: AP

On a souvent été dur (mais évidemment juste) avec Alisha Lehmann ces derniers mois, tant son apport sportif était limité. Sa sélection pour l’Euro tient d’ailleurs plus aux absences d’autres attaquants, notamment celle de Ramona Bachmann, qu’à un véritable mérite de sa part.

Elle n’a d’ailleurs joué qu’un rôle limité durant l’été 2025, en tout cas sur le terrain, même si ses supporters les plus acharnés n’ont pas manqué de relever qu’elle avait participé à l’action de l’égalisation historique face à la Finlande à Genève. Mais elle a marqué des points durant ce rassemblement, son entrée dynamique face à l’Irlande du Nord, couplée à des entraînements intéressants, a poussé Rafel Navarro à la titulariser à Malte et la Bernoise lui a rendu sa confiance en inscrivant le 2-0 et en laissant passer intelligemment le ballon sur le 3-1 de Svenja Fölmli.

«Elle a bien joué vers l’avant, mais j’attends d’elle qu’elle travaille plus défensivement», l’a complimentée autant que réprimandée Rafel Navarro après le match. Sa belle première mi-temps avec la Nati samedi lui donnera-t-elle l’énergie nécessaire pour tenter de redresser la barre d’une carrière en club qui s’enlise? C’est à espérer pour elle.

Smilla Vallotto, même sans être là

Photo: UEFA via Getty Images

Smilla Vallotto, une des gagnantes de ce rassemblement alors qu’elle était absente? Parfaitement. Le manque de créativité flagrant de ses coéquipières durant trois mi-temps (la première à Malte a été correcte) est en effet venu souligner en creux l’absence de la Genevoise, qui se remet d’une opération des amygdales et vient de reprendre l’entraînement avec Wolfsburg.

Son génie créatif a manqué, tout comme sa vision du jeu et ses frappes de loin. La très dynamique milieu offensive est en effet capable de frapper de vingt-cinq mètres, comme elle l’a prouvé en Ecosse pour le dernier match de Pia Sundhage à la tête de la Nati, mais aussi à de multiples autres reprises.

Il n’est certes pas dit qu’avec sa numéro 14, l’équipe de Suisse se serait imposé deux fois 6-0 lors de ce rassemblement, mais il est certain qu’elle aurait montré plus d’idées et de jeu vers l’avant. Son retour rapide (en avril pour les deux matches face à la Turquie?) est plus qu’attendu: il est espéré.

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Elles ont perdu des points

Là où il y a des gagnantes, il y a des perdantes, fort logiquement. Si plusieurs joueuses ne sont pas entrées en jeu, d'autres ont été alignées, mais n'ont pas convaincu.

Livia Peng, l'occasion manquée

Photo: TOTO MARTI

Elvira Herzog ou Livia Peng? Rafel Navarro a été confronté au même choix que Pia Sundhage et il a opté pour la gardienne de Chelsea, comme la Suédoise durant l'Euro, tout en indiquant que cette décision ne concernait que ce rassemblement et n'offrait aucune garantie pour les suivants.

Si elle n'a pas touché le ballon des mains avant la toute fin de match face à l'Irlande du Nord, Livia Peng a été battue sur le seul tir cadré maltais samedi au Centenary Stadium. Pas l'idéal pour justifier la confiance du sélectionneur. Le match est plus que jamais ouvert.

Noemi Ivelj, clouée sur le banc

Photo: keystone-sda.ch

Elle est l'une des plus grandes promesses du football suisse et était toute proche d'être titulaire l'an dernier avec la Nati, que ce soit au milieu de terrain ou derrière, en défense centrale.

Passée de GC à l'Eintracht Francfort dans la foulée de l'Euro, elle n'a pas encore franchi le palier nécessaire et semble avoir reculé dans la hiérarchie en équipe nationale, ce qui est assez étonnant puisqu'elle avait été titulaire deux fois lors du tournoi, face à la Norvège et l'Espagne.

Elle n'a que 19 ans, mais un gros caractère et beaucoup de maturité, et son entrée face à l'Irlande du Nord (même de six minutes) semblait indiquer qu'elle serait titulaire à Malte en l'absence de Julia Stierli. Mais elle n'est pas entrée en jeu, alors qu'elle avait joué deux fois 90 minutes lors du stage de novembre, le premier de Rafel Navarro. Etrange. 

Ana-Maria Crnogorcevic, une sortie à réussir

Photo: keystone-sda.ch

Meilleure buteuse de l'histoire la Nati. Recordwoman des sélections. L'une des meilleures joueuses de tous les temps à avoir porté le maillot de l'équipe de Suisse féminine. Une légende. Ana-Maria Crnogorcevic. 

Mais la réalité est aussi logique qu'impitoyable: la Bernoise n'est plus aussi forte qu'avant et sa première période face à l'Irlande du Nord n'a vraiment pas été convaincante dans un poste aussi étonnant que celui de latérale gauche, elle qui peut jouer partout. Rafel Navarro, qui la connaît du FC Barcelone, l'a faite entrer latérale droite à Malte et en a fait un relais aux entraînements et sur le terrain.

Elle mérite plus que quiconque de participer à la Coupe du monde, le dernier grand objectif de sa carrière en équipe nationale et il faut espérer pour elle et pour la Nati que l'histoire soit belle jusqu'au bout. Rater sa sortie ne serait pas juste pour elle, qu'il y ait qualification ou non au bout. Et ce sera à elle aussi d'accepter son sort et, sans doute, le fait de ne plus être une joueuse indispensable à la bonne marche de la Nati sur le terrain.


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