La bulle va-t-elle éclater?
Voici pourquoi les clubs anglais peuvent investir autant

La Premier League enregistre un déficit de transfert record de... 1,507 milliard d'euros! Malgré le fair-play financier et les obligations de la ligue, les clubs trouvent des moyens de dépenser comme jamais. D'où vient l'argent?
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Alexander Isak est le nouveau recordman en Premier League concernant la somme de transfert. Liverpool a déboursé 145 millions d'euros pour s'attacher les services de l'attaquant.
Photo: keystone-sda.ch
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Andri Bäggli

1,507 milliard d’euros. C’est le déficit cumulé des clubs de Premier League lors du dernier mercato estival. Jamais une ligue n’avait autant creusé ses comptes en une seule fenêtre de transferts. Ailleurs en Europe, les chiffres paraissent dérisoires: –46,9 millions en Liga, –71 millions en Serie A. Seule la Bundesliga fait figure d’exception, affichant même un excédent de 178 millions.

Mais comment expliquer que l’Angleterre puisse brûler autant de cash sans craindre les sanctions? Car, en théorie, deux systèmes devraient contenir les dérives: le fair-play financier de l’UEFA (FFP) et les règles de rentabilité et de durabilité (PSR) propres à la Premier League. Sur le papier, pas plus de 105 millions de livres de pertes autorisées sur trois ans pour les clubs anglais, contre seulement 30 millions dans le cadre du FFP. Toute infraction peut mener à une déduction de points, voire à une exclusion.

Des millions malgré les règles

Et pourtant… Liverpool a sorti 270 millions pour Florian Wirtz et Alexander Isak. Le promu Sunderland a aligné 187 millions pour attirer Granit Xhaka et d’autres recrues. Comment est-ce possible?

L’une des clés se trouve dans l’amortissement des joueurs: un transfert est comptabilisé sur toute la durée du contrat. Chelsea a poussé la logique à l’extrême en 2023 avec des contrats de huit ans pour Mykhailo Mudryk et Enzo Fernandez. Résultat: moins de pression comptable à court terme. Depuis, la Premier League a resserré la vis: l’amortissement est désormais limité à cinq ans.

Des recettes colossales

Si ces pratiques tiennent, c’est aussi parce que les clubs anglais nagent dans l’argent. Les stades affichent un taux de remplissage record de 96,6%. L’abonnement le moins cher coûte en moyenne 708 euros, et monte jusqu’à 1323 euros à Arsenal. À cela s’ajoutent les droits TV: 6,7 milliards de livres (7,8 milliards d’euros) pour quatre saisons, dont une partie équitablement redistribuée. Rien qu’en remportant le championnat, Liverpool a encaissé près de 200 millions. Et si les chiffres ne suffisent pas, les propriétaires – dont la fortune cumulée atteint 135 milliards d’euros – garantissent les arrières.

Jusqu’où?

Aujourd’hui, la Premier League écrase ses rivaux. Mais certains signaux inquiètent: les droits télé domestiques ont chuté de 31% par rapport à 2016-2019. Pendant ce temps, la Liga et la Serie A tentent de combler l’écart en exportant leurs matchs et en séduisant de nouveaux marchés. La domination anglaise pourrait donc ne pas durer éternellement. Car une question reste en suspens: et si la bulle finissait par éclater?


Premier League 25/26
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Arsenal FC
Arsenal FC
25
32
56
2
Manchester City FC
Manchester City FC
26
30
53
3
Aston Villa
Aston Villa
26
10
50
4
Manchester United FC
Manchester United FC
26
10
45
5
Chelsea FC
Chelsea FC
26
17
44
6
Liverpool FC
Liverpool FC
26
6
42
7
Brentford FC
Brentford FC
25
5
39
8
Everton FC
Everton FC
26
-1
37
9
AFC Bournemouth
AFC Bournemouth
26
-2
37
10
Newcastle United FC
Newcastle United FC
26
0
36
11
Sunderland AFC
Sunderland AFC
26
-3
36
12
Fulham FC
Fulham FC
26
-5
34
13
Crystal Palace FC
Crystal Palace FC
26
-4
32
14
Brighton & Hove Albion FC
Brighton & Hove Albion FC
26
0
31
15
Leeds United
Leeds United
26
-9
30
16
Tottenham Hotspur FC
Tottenham Hotspur FC
26
-1
29
17
Nottingham Forest
Nottingham Forest
26
-13
27
18
West Ham United FC
West Ham United FC
26
-17
24
19
Burnley FC
Burnley FC
26
-23
18
20
Wolverhampton Wanderers FC
Wolverhampton Wanderers FC
26
-32
9
Ligue des Champions
Ligue Europa de l'UEFA
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