Plus de respect qu'en France
«Ce ne serait pas une honte» si l'Espagne perd

L'Espagne aborde son quart de finale de l'Euro contre la Suisse avec prudence et respect. La Roja affiche néanmoins une confiance retrouvée grâce aux dix buts inscrits dans ses deux derniers matches. Le journaliste de «Marca» Javier Espeta en parle.
Publié: 01.07.2021 à 15:16 heures
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Dernière mise à jour: 01.07.2021 à 15:25 heures
Les Espagnols ne sont pas autant confiants que les Français.
Photo: DUKAS

Le bilan des confrontations entre les deux équipes incite à l'optimisme côté espagnol: 16 victoires pour la Roja, contre une seule pour la Suisse et cinq matches nuls. L'unique succès helvétique étant l'inoubliable 1-0 de Durban lors de la Coupe du monde 2010. «On a recommencé à parler de ce match lorsque l'Espagne a mal débuté son tournoi», explique Javier Espeta, journaliste à «Marca».

Onze années sont passées depuis. L'Espagne n'est plus ce rouleau-compresseur qui avait remporté successivement l'Euro 2008, le Mondial 2010 et l'Euro 2012. Elle se garde bien de tout excès de confiance avant ce quart de finale, ne cessant de louer les qualités de l'équipe de Suisse.

Les Espagnols avaient, il est vrai, souffert l'automne dernier lors de la double confrontation avec la Suisse dans le cadre de la Ligue des Nations, s'imposant 1-0 à Madrid avant de concéder le nul 1-1 à Bâle. «Ce furent des matchs vraiment très difficiles», se souvient Ferran Torres.

La Suisse a sorti «la meilleure équipe du monde»

«Ils mettent beaucoup de pression et te rendent la tâche difficile», enchaîne l'ailier de Manchester City, auteur d'un but tant face à la Slovaquie que face à la Croatie. Le défenseur Cesar Azpilicueta prédit d'ailleurs un «match compliqué», vantant la force de caractère dont la Suisse a témoigné face à la France.

Les médias ibères parlent eux d'une équipe compacte et équilibrée «sans grande star», d'autant plus que la suspension de Granit Xhaka prive la Suisse de son maître à jouer. «Ce n'est pas une équipe qui sème la terreur à l'évocation des grands noms de ses joueurs. Mais elle n'a rien à perdre», écrit ainsi «Marca». Son journaliste Javier Espeta se rend toutefois compte qu'il faudra faire attention face à la Nati: «Ils viennent de sortir la meilleure équipe du monde en huitièmes de finale.»

Malgré tout, le rôle du favori sera bien tenu par l'Espagne, même si elle-même n'aligne pas non plus de véritable star. La Seleccion a dû supporter les sifflets de ses propres fans dans ses deux premières sorties à Séville avant de se ressaisir lors de son dernier match de poule face à la Slovaquie. «L'équipe s'est améliorée de rencontre en rencontre et je suis optimiste», explique Javier Espeta.

«Une opportunité gâchée»

L'entraîneur Luis Enrique a su effectuer les bons changements afin de mettre en œuvre avec succès sa tactique basée sur la possession du ballon. Il fait désormais confiance à Ferran Torres et Pablo Sarabia, deux ailiers apportant l'élan offensif qui avait fait défaut face à la Suède (0-0) et à la Pologne (1-1).

Tous deux buteurs lors du dernier match de poule comme en 8e de finale, Ferran Torres (Manchester City) et Pablo Sarabia (PSG) sortaient d'une saison difficile en club. Leur fraîcheur et leur énergie s'avèrent finalement des pièces essentielles du puzzle mis en place par Luis Enrique.

Une défaite face à la Suisse serait-elle une honte pour l'Espagne? «Absolument pas», répond Javier Espeta. Le journaliste de «Marca» rappelle que la Roja reste sur plusieurs échecs consécutifs lors des grandes compétitions: «Perdre contre la Suisse ne serait pas ridicule, mais plutôt une opportunité gâchée d'aller en demi-finale». Il soulève toutefois que les supporters de l'Espagne sont plus confiants que si leur sélection jouait contre la France.

(ATS/mad Blick)

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