Mory Diaw a signé en Ligue 1
«Lausanne restera à jamais gravé dans mon cœur»

Le gardien s'est engagé jusqu'en 2025 à Clermont, club de première division française. Le Parisien quitte le Lausanne-Sport deux ans après son arrivée en terres vaudoises, à la suite de la récente relégation en Challenge League.
Publié: 14.06.2022 à 19:36 heures
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Dernière mise à jour: 14.06.2022 à 19:46 heures
Mory Diaw a disputé 70 rencontres sous le maillot vaudois.
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Ugo CurtyJournaliste Blick

Mory Diaw est parti aussi discrètement qu’il est arrivé. Le gardien, devenu chouchou du public lausannois, s’est contenté d’une vidéo d’au revoir sur les réseaux sociaux, publiée fin mai. Un album photos (et vidéo) qui se referme. Si son contrat se termine officiellement à la fin du mois à la Tuilière, le Français s’est engagé avec Clermont, club de Ligue 1.

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Un peu perdu après une pige en Bulgarie

«Je suis déçu de quitter le LS sur cette relégation, regrette Mory Diaw par écran interposé, depuis l’Auvergne. Je voulais aider à maintenir l’équipe en Super League, mais nous n’y sommes pas parvenus. Je ne vais garder que de bons souvenirs. J’ai reçu beaucoup d’amour de la part de mes coéquipiers et des supporters. C’est le club qui m’a donné une deuxième chance dans le foot professionnel. Celui qui m’a relancé.»

En 2019, le Parisien était prêt à tout plaquer, «à trouver un job comme tout le monde». Après des piges au Portugal et en Bulgarie, le portier tente un dernier truc un peu fou. Il signe chez les amateurs de United Zurich, en première ligue, soit la quatrième division suisse. Douze matches (et un but!) plus tard, Mory Diaw rebondit sur les bords du Léman pour un essai. Il finit par s’imposer au LS l’été suivant et pousse Thomas Castella sur le banc.

Il a trouvé l’amour à Lausanne

«Lausanne restera à jamais gravé dans mon cœur, reprend-il avec émotion. J’y ai rencontré ma femme, qui vient de la région. Mes deux enfants sont nés en Suisse. Cette ville a changé ma vie et ma carrière.»

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Une carrière qui va désormais se poursuivre à 350 kilomètres de là, à Clermont. Des discussions étaient pourtant en cours pour une prolongation au LS l’automne dernier, affirme le gardien. «Mais en décembre, c’était clair pour moi que je partirais, se souvient Mory Diaw. Je voulais aspirer à plus sportivement et les ambitions du club ne me convenaient plus. Les rumeurs sur les sommes d’argent folles que j’aurais demandées sont complètement fausses et je n’y porte aucune importance. Je suis tranquille avec moi-même.»

Les rumeurs au FC Sion

Son nom résonne alors du côté du FC Sion. «24 Heures» affirme même qu’un contrat de trois ans avait été signé en Valais, avec un million de francs à la clé.

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Il n’en sera rien. Ce mardi, le Clermont Foot a annoncé l’arrivée de Mory Diaw pour les deux prochaines saisons, avec une année supplémentaire en option. Le club du mystérieux propriétaire suisse Ahmet Schaefer s’est sauvé in extremis en Ligue 1. Les joueurs de Pascal Gastien n’ont jamais renoncé à leur football offensif pour terminer à la 17e place, juste devant le futur relégué Saint-Étienne. Sans dépenser le moindre euro sur le marché des transferts!

«Je voulais signer dans un club qui me voulait vraiment, où ma venue n’était pas liée à d’autres conditions, explique le désormais ex-Lausannois. À Clermont, le discours du directeur sportif m’a plu. Le club veut à nouveau se maintenir, mais en augmentant son budget. À titre personnel, j’espère enchaîner le plus de matches possible en étant performant.»

En Auvergne, ils pourraient être trois pour un seul poste de titulaire. La saison dernière, les Français Arthur Desmas (28 ans) et Ouparine Djoco (24 ans) se sont partagé le temps de jeu devant le but. Mory Diaw devra donc faire ses preuves pour jouer en championnat.

La polémique au PSG

La Ligue 1, c’était justement la priorité de celui qui a grandi en banlieue parisienne. Il avait été chassé du PSG, «son» club, en 2015. Intégré au groupe pro, le prometteur gardien avait été emporté par une polémique sur les réseaux sociaux: des internautes avaient excavé de vieux messages sur Twitter où il critiquait des joueurs de la première équipe. Suffisant pour éteindre son rêve d'alors dans la Ville Lumière. Depuis, le championnat français se refusait à lui.

«C’est une jolie revanche sur la vie, savoure la recrue clermontaise. Je n’ai jamais lâché. Même quand j’étais tout seul, j’allais m’entraîner avec des équipes de 6e ou 7e division en France. J’ai faim de foot, pas de polémiques. Je pense depuis avoir répondu sur le terrain. Si des médias veulent ressortir les vieux dossiers, ça me passera au-dessus. Cet épisode a forgé mon caractère. Avant, j’étais trop gentil, et cela ne t’amène rien dans le football.»

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Sa prise de parole contre le racisme

Le passage en Suisse de Mory Diaw a aussi été émailllé de deux épisodes de racisme, à Saint-Gall et Bâle. Après un énième message violent, le gardien avait pris la parole dans «Blick». «Si ça continue, les joueurs noirs vont se mettre en grève», avait-il prévenu. Des mots forts qui n'avaient pas plu à tout le monde du côté de la ligue.

«Je ne suis qu'un grain de sable au fond de l’océan, image Mory Diaw six mois plus tard. Il y a eu du racisme dans le foot suisse avant moi, il y en aura encore après. Mais si ma prise de parole a permis à certaines de cogiter, alors c’est bien. Le Bâlois qui m'avait insulté est venu s’excuser au stade en personne, on a échangé et on s'est serré la main à la fin. Je pense qu'il a pris conscience de sa bêtise.»

Le passage en Suisse de Mory Diaw a aussi été émailllé de deux épisodes de racisme, à Saint-Gall et Bâle. Après un énième message violent, le gardien avait pris la parole dans «Blick». «Si ça continue, les joueurs noirs vont se mettre en grève», avait-il prévenu. Des mots forts qui n'avaient pas plu à tout le monde du côté de la ligue.

«Je ne suis qu'un grain de sable au fond de l’océan, image Mory Diaw six mois plus tard. Il y a eu du racisme dans le foot suisse avant moi, il y en aura encore après. Mais si ma prise de parole a permis à certaines de cogiter, alors c’est bien. Le Bâlois qui m'avait insulté est venu s’excuser au stade en personne, on a échangé et on s'est serré la main à la fin. Je pense qu'il a pris conscience de sa bêtise.»

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Clin d’oeil à Thomas Castella

Mory Diaw se retourne une dernière fois vers le Lausanne-Sport, avant de définitivement se projeter sur le plus grand défi de sa carrière. Ses dernières semaines à la Tuilière ont été gâchées par un doigt d'honneur adressé aux supporters genevois. Une suspension qui ne change pas la grande influence que le Français a eu sur le terrain et dans le vestiaire vaudois.

Qui doit lui succéder dans les buts du LS? C’est clair à ses yeux: «'Tom' (ndlr: Thomas Castella) doit être le titulaire la saison prochaine pour aider Lausanne à remonter. C’est une évidence. C’est un cadre du vestiaire à Lausanne. Qu’il joue ou reste sur le banc, il a toujours été professionnel.»

Le Français (70 apparitions pour le LS) avait justement piqué sa place à Thomas Castella l’été 2020. Depuis, le Fribourgeois s’était contenté des miettes. Avec un peu de recul, Mory Diaw a apprécié cette rivalité sportive: «On s’est tiré la bourre, on s’est fait progresser l’un l’autre et personne n’a jamais triché. C’était l’exemple même d’une concurrence saine.»

Thomas Castella devra, cette saison encore, lutter pour sa place. Le LS a engagé Raphael Spiegel cet été. Le gardien de 29 ans vient de fêter une promotion dans l'élite avec Winterthour. Mory Diaw, lui, suivra cette nouvelle concurrence de loin.

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