Match nul 2-2 au Kosovo
L'équipe de Suisse n'a rien mérité de plus

Un but de Vedat Muriqi en fin de match a empêché la Suisse de s'imposer à Pristina. Minimaliste, l'équipe de Murat Yakin ne peut pas se plaindre de ne repartir du Kosovo qu'avec un seul point.
Publié: 09.09.2023 à 22:50 heures
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Dernière mise à jour: 10.09.2023 à 06:31 heures
Xherdan Shaqiri a reçu un accueil magnifique samedi à Pristina. Mais le match a été un peu plus compliqué...
Tim Guillemin

Il est rare, pour ne pas dire plus, qu'un avant-match soit autant attendu (voire même plus...) que la rencontre en elle-même et à force de n'entendre parler que de l'accueil qu'allait leur réserver le peuple kosovar, les joueurs de l'équipe de Suisse en ont oublié de présenter un spectacle de qualité aux spectateurs du stade Fadil Vokrri. Décevante, la Nati devra se contenter d'un point, elle qui a su gérer les inévitables émotions nées de cette rencontre, ce qui n'est pas rien tout de même, mais n'a pas su rester solide jusqu'au bout.

Granit Xhaka est entré le premier sur le terrain pour l'échauffement, Xherdan Shaqiri le dernier, et les deux hommes ont été acclamés avec la même ferveur, y compris lorsque leur nom et leur visage sont apparus sur les écrans géants du stade. Emus, sincèrement touchés, les deux piliers de l'équipe de Suisse n'ont pas manqué leur match, loin de là, mais il s'en souviendront plus pour tout ce qu'ils auront vécu avant la rencontre que pour leur performance durant le temps passé sur la pelouse. Et, au final, ce nul 2-2 ne peut que les décevoir.

Une très belle action suisse pour ouvrir la marque

C'est vrai, la Suisse a ouvert la marque grâce à une jolie action à la 13e (belle ouverture de Fabian Schär, centre parfait d'Edimilson Fernandes et reprise adéquate de Remo Freuler), mais elle n'a pas illuminé ce match de sa classe, loin de là, et le Kosovo aurait largement pu égaliser avant la pause déjà avec un brin de réalisme en plus. Non, la Suisse n'a pas été dominée dans cette partie, encore heureux, mais elle n'a pas été souveraine non plus et la qualité discutable, restons poli, du terrain n'excuse pas le manque de rythme et de fluidité dans les transmissions.

Zeki Amdouni discret en pointe jusqu'à sa sortie

Si la Suisse a été aussi décevante en attaque, c'est aussi en raison de l'extrême discrétion en pointe de Zeki Amdouni, bien timide ce samedi, mais guère aidé non plus par ses coéquipiers. Son match compliqué a surpris, au vu des récentes performances du Genevois tant en sélection qu'en club, mais il avait à faire à un sacré client en face en la personne d'Amir Rrahmani, le très costaud défenseur du Napoli, et cette donnée ne doit pas être occultée au moment de juger le match du nouvel attaquant de Burnley, remplacé par Cédric Itten juste avant l'égalisation kosovare.

Fabian Schär en retard au marquage, Vedat Muriqi égalise de la tête

Car oui, le Kosovo, jamais loin de la Suisse dans cette partie, a regardé la Nati droit dans les yeux et a égalisé de manière tout à fait méritée par Vedat Muriqi à la 64e. Fabian Schär, très en retard en marquage, passera un mauvais moment lorsque le staff de l'équipe de Suisse lui proposera de regarder cette action à la vidéo et Murat Yakin, s'il ne l'avouera sans doute pas publiquement, regrettera peut-être d'avoir titularisé le défenseur de Newcastle en lieu et place de l'un de ses joueurs favoris, Nico Elvedi. En manque de rythme, le défenseur de Mönchengladbach a été laissé sur le banc, contrairement à Remo Freuler (lui aussi sans temps de jeu en club en ce début de saison), et la performance défensive de Schär n'a pas donné raison au sélectionneur sur ce coup.

Le doublé pour Remo Freuler

Dans une jolie ambiance, et pour la plus grande satisfaction des spectateurs (à l'exception des 700 supporters du bloc suisse, bien évidemment), le Kosovo a poussé pour aller chercher la victoire qui l'aurait sans doute complètement relancé dans ces qualifications après son départ raté.

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La Suisse a tremblé, un peu, sans être submergée non plus et, au moment où les supporters de la Nati commençaient à se dire qu'un match nul n'était finalement peut-être pas une si mauvaise affaire vu à quel point le Kosovo devenait menaçant, Remo Freuler s'est trouvé au bon endroit pour envoyer une frappe un peu ratée à la 79e, qu'Amir Rrahmani, héros malheureux, n'a pu que dévier bien maladroitement sous la barre transversale de son but: 2-1 pour la Suisse! Les trois points semblaient acquis.

Restait à tenir jusqu'au bout... ce que la Suisse n'a pas réussi à faire et, au final, elle ne pourra pas se plaindre de n'avoir pas pu conserver cet avantage, Vedat Muriqi surgissant en toute fin des arrêts de jeu pour égaliser une deuxième fois.

Xherdan Shaqiri sort sous les ovations du stade à la 84e, Vedat Muriqi égalise à la 94e

Au final, l'équipe de Murat Yakin a failli, mais seulement failli, repartir de ce voyage à Pristina avec tout ce qu'elle voulait: les trois points, un séjour avec des émotions bien gérées et des souvenirs plein la tête pour Granit Xhaka et Xherdan Shaqiri. Celui-ci est d'ailleurs sorti sous les ovations de tout le stade à la 84e, une belle image qui restera longtemps dans son esprit et celui de sa famille, sans aucun doute. Mais le deuxième but de Muriqi est venu annihiler ce scénario et une réaction est désormais attendue mardi à Sion face à Andorre.

La qualification pour l'Euro 2024 n'est pas en danger, de loin pas, mais après avoir concédé le nul face à la Roumanie (en encaissant deux buts dans les arrêts de jeu...), la Suisse perd un peu de marge et doit encore se rendre en Israël et à Bucarest, deux voyages qui ne seront pas des formalités. En attendant, à Tourbillon mardi, la victoire sera une obligation, et si, en plus, les Suisses pouvaient y ajouter la manière, aucun de leurs supporters ne leur en voudra.

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